Une famille marocaine de 5 membres entame un tour du monde en 5 ans
«Faire le tour du monde», c’est un rêve d’enfant. Malika et Anouar, mariés depuis 11 ans, vont le réaliser et avec leur trois enfants. Le jour J approche, le départ est prévu pour le 6 août.
A l’origine de ce long parcours, le rêve de Anouar.
«Depuis que nous sommes mariés, Anouar m’exposait son rêve de faire le tour du monde». Le couple est un éternel voyageur. «Nous aimons voyager quelles que soient les conditions, chez l’habitant, sous une tente… », nous explique Malika. «Mais le jour où j’ai eu mes enfants, j’ai expliqué à mon mari que la donne a changé avec des enfants à charge». Pourtant, ils n’ont pas baissé les bras. Le temps que les enfants grandissent un peu, Malika et Anouar ont relancé leur projet.
Un tour du monde, ça se prépare
Il a fallu deux ans et demi à Malika et Anouar pour préparer et finaliser leur projet de tour du monde. Le mari étant expert en marketing, ils ont fait de leur projet un produit à vendre. Ils lui ont donné le nom de ‘Planet Khmissa’.
Khmissa : une famille de 5 membres, un tour du monde qui s’étalera sur 5 ans, 5 continents et puis 5 valeurs à véhiculer. La première valeur c’est la famille. Quels parents peuvent se permettre aujourd’hui de voir leurs enfants 24 h sur 24 h ? s’interroge Malika. «Et en même temps, faire le tour du monde, c’est aussi la meilleure manière pour leur épanuissement».
La deuxième valeur, la tolérance, puis l’acuité c’est-à-dire «avoir un regard 360 degrés et critique sur tout ce qui nous entoure», déclare Malika.
Puis, il y a ce qu’appelle le couple "le libre-arbitre ou avoir le choix d’avoir le choix", contourner les contraintes sociales. «Je veux que mes enfants poursuivent les études qu’ils veulent. S’ils veulent étudier les dauphins, et bien qu’ils le fassent».
Enfin dernière valeur et non des moindres, l’ouverture sur le monde. "Aller vers les autres. Apprendre comment ils vivent et partager avec eux notre culture et nos coutumes". Ce dernier volet intéresse particulièrement le ministère des Affaires étrangères.
Donc, le couple a constitué "un dossier" avec toutes ces valeurs et ses objectifs. Ils ont lancé un site web dédié à ce projet et ils ont sollicité le ministère des Affaires étrangères pour un soutien, qu’ils ont obtenu.
D’abord pour avoir les papiers nécessaires, les visas, pour sillonner tous les continents. Le ministère a également envoyé leur dossier aux différentes ambassades étrangères des différents pays qu’ils vont visiter et aux ambassades marocaines à l’étranger. Grâce à ce réseau, le couple va pouvoir donner des cours universitaires dans différents pays, cours de langues ou de marketing.
Au côté de ce soutien institutionnel, des entreprises privées se sont manifestées pour des partenariats.
Ainsi, une entreprise internationale de pneus leur a proposé de changer les pneus à chaque fois qu’ils ont auront besoin.
Ou encore cette société de camping du groupe Kawan qui sponsorise leur nuitée de camping jusqu’au Havre.
Ce n’est pas un voyage mais un changement du mode de vie
Cinq ans, c’est long. Le mode de vie de la petite famille va changer. Il n’est plus question du confort de la maison de Casablanca. Mais le couple a pensé à tout.
D’abord le camping car. D’une valeur de près de 800.000 DH, le camping car a été réaménagé pour devenir un endroit agréable à vivre. Il contient une cuisine, une douche et même des toilettes.
Pour ce qui est de l’éducation des enfants, les trois petits ont été inscrits dans une formation en ligne, l’équivalent d’une formation dans une école espagnole.
Ils ont des tuteurs et ils devraient passer leur examen en ligne et un examen par an dans une des ambassades espagnoles.
Les parents eux vont intervenir dans différentes universités sur ce qui leur constituera une source de revenus supplémentaires. Le couple a estimé le coût de ce voyage à près de 1,5 million de DH entre gasoil, assurances, péages et nourriture. L’argent de leurs économies.
Le parcours en 5 étapes
Le parcours se fera en 5 étapes. Ils vont commencer par l’Amérique du sud et l’Amérique centrale, ensuite le nord de l’Asie, puis le sud de l’Asie. La quatrième étape sera l’Indonésie et l’Australie. Et enfin l’Afrique. «L’Afrique vient en dernier à cause des crises politiques et du manque sécuritaire», nous explique Malika. L’Europe en revanche n’est pas prévue, «rien que le gasoil coûte trop cher».
Derrière un projet ambitieux, un couple ambitieux
Durant ses études en marketing, Anouar, âgé de 49 ans, était membre très actif de l’Association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales (Aisec). Une organisation estudiantine implantée dans 113 pays. L’Aisec est une plateforme qui permet aux jeunes de développer leur potentiel de leadership. Anouar s’occupait de trouver des sponsors pour le compte de l’Association, et à partir de là, il a été repéré par Gillette.
L’entreprise américaine, spécialisée dans les produits de l’hygiène, l’envoie alors aux Etats-Unis dans le cadre du programme "haut potentiel". Un programme où elle sélectionne les meilleurs éléments pour les envoyer travailler dans d’autres pays. Anouar profite de son déplacement au pays de l’oncle Sam pour s’inscrire à Harvard où il suit 3 ans d’études.
Ensuite, il est affecté en Afrique où il passe près de 10 ans pour le compte de Gillette. De retour au Maroc, il travaille dans une banque avant d’être recruté en tant que directeur général de Avon cosmétique Maroc. Avon est passé par un cabinet de recrutement et c’est Malika qui s’en chargea. «Je l’ai recruté pour le poste et pour ma vie», nous confie Malika fièrement.
Mais avant de travailler au sein du cabinet de recrutement, Malika est passé par une expérience dans l’hôtellerie au Maroc et à Paris avant où elle a dirigé un hôtel 3 étoiles. Malika, comme son mari parle plusieurs langues : arabe, français, anglais, espagnol et allemand. Elle a quitté le domaine professionnel pour se consacrer à ses enfants âgés de 7, 8 et 9 ans. Elle et son mari se sont consacrés par la suite au freelance. Et c’est là où l’idée du tour du monde a commencé à prendre forme.
«Ce n’est pas un voyage, mais c’est un changement de mode de vie. Il nous a fallu du courage», nous confie Malika.
Du courage, certes, mais beaucoup d’entre nous aimeraient être à votre place! Bon vent!
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