Polémique autour de l’université Al Quaraouiyine: le ministère s’explique
C’est une histoire inhabituelle au Maroc de par la personnalité des protagonistes. Une enseignante dirigeant un master est révoquée mais le ministère demande une suspension de cette décision pour enquête approfondie. Accusations d'ingérence.
Une enseignante marocaine, Hakima Hatri, professeur-chercheur à la Qaraouiyine et distinguée à l’échelle internationale pour un ouvrage de sociologie. Un ministre PJD Lahcen Daoudi connu pour sa discrétion et réputé sérieux. Et enfin le président de la plus ancienne université au monde la Qaraouiyine, Mohamed Rouki.
Le tout sur fond de déclarations fracassantes dans les journaux, y compris le quotidien du PJD qui n’a pas hésité à relayer les accusations les plus virulentes contre le ministre pour prendre la défense du président de l’université démissionnaire.
Mohamed Rouki, président de la prestigieuse université de Fès, a déclaré avoir démissionné, pour protester contre une décision de Lahcen Daoudi consistant à réintégrer Hakima Hatri, qui dirige un master et qui avait été révoquée par le conseil de l’université. Accusé d’ingérence par Mohamed Rouki, le ministère s’explique.
«C'est absurde, car il y a des irrégularités qui ne laissent place à aucun doute», a déclaré à Attajdid Mohamed Rouki, président de la plus ancienne université dans le monde encore en activité.
Une décision de limoger Hakima Hatri a été prise suite à une lettre du ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, le 2 octobre, demandant à M. Rouki d’ouvrir une enquête sur Mme Hatri, chercheure et responsable d’un Master sur les statut de la famille dans la jurisprudence islamique et le droit à la faculté de la Chariâ de Fès.
La raison: «elle était accusée de ne pas respecter les critères de sélection de ce master», explique à Médias 24 Abdelaziz Serrar, conseiller auprès de Lahcen Daoudi.
Après enquête, Mohamed Rouki a décidé de limoger Hakima Hatri, estimant que les soupçons du ministère étaient fondés.
Au même moment, la principale concernée a envoyé une lettre d’explications au ministère de l’Enseignement supérieur dans laquelle elle nie totalement les faits. «Pour cette raison, nous avons demandé à M. Rouki de revenir sur sa décision, le temps d’ouvrir une enquête approfondie afin de lever définitivement le voile sur cette affaire», nous explique le conseiller de M. Daoudi.
Une enquête sera donc ouverte pour trancher la question du limogeage de Hakima Hatri, qui par ailleurs a reçu le Prix de la femme arabe de sociologie pour l'année 2013, décerné récemment par l'Organisation de la femme arabe. Toutefois, la balance penche plutôt contre elle. «Le ministère de l’Enseignement supérieur est a priori d’accord avec Mohamed Rouki», nous confie en off une source proche du dossier.
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