En images et en vidéo, un dimanche de chaos à l’Ouka
Le Maroc, pays aux mille couleurs comme dirait l’autre, possède aussi des stations d’hivers dédiées au ski. Le cas le plus emblématique est celui de la station d’Oukaïmeden, qui pourtant ne semble pas recevoir l’attention qu’elle mérite.
A l’insécurité ambiante et au non respect de l’environnement, s’ajoutent un manque patent d’infrastructures et une gestion hasardeuse.
A 75 km au sud de Marrakech, le mont Oukaïmeden abrite la principale station de ski du Royaume. Récemment classée 86ème meilleure station de ski dans le monde par la CNN, la station s'étend sur 300 hectares, entre 2.600 et 3.200 mètres d'altitude, ce qui en fait la plus haute station d’Afrique.
Sa proximité avec Marrakech et ses nombreux potentiels touristiques peuvent largement contribuer à la concrétisation des ambitions touristiques du Maroc. D’ailleurs, en période d’enneigement, la station connaît un réel engouement, preuve de l’intérêt qu’elle suscite. Bref, le soleil est là, la neige à portée de main, mais l’organisation et les infrastructures manquent cruellement : besoin de médecins, d’un dispensaire, de pisteurs, de toilettes publiques, de poubelles, d’un parking digne de ce nom, de files d’attente organisées, mais aussi d’une route capable de supporter le trafic.
Un long dimanche de pagailles
Dimanche 2 février, l’affluence était telle que la station a été dépassée par les événements. La seule route en direction de la station est restée bloquée des heures durant, conséquence d’un trafic en accordéon. A l’arrivée, les automobilistes, qui ont du s’armer de patience, n’ont pas trouvé de place où se garer, les autorités ayant tardé à déneiger, faute d’anticipation. Du reste, le seul mot d’ordre est l’anarchie. La station s’est transformée le temps d’un dimanche en souk :
En bas des pistes, au niveau des remontées mécaniques, ça se bouscule au portillon. Les visiteurs ont littéralement pris d’assaut le télésiège (dont la gestion relève de la responsabilité de l’ONEP), sous l’œil bienveillant des employés. Les gendarmes ont du intervenir pour gérer les débordements.
La vidéo suivante parle d’elle même:
«Les piétons sont mélangés aux skieurs, c’est antinomique. Il n’y a aucun filet de sécurité, aucune zone de délimitation de piste, les piétons sont mélangés aux dameuses, mélangés aux skieurs. C’est un danger permanant », explique un ancien membre de la fédération de ski.
En début d’après-midi, selon des témoins présents sur place, un terrible drame a été évité « par miracle ». A l’entrée de la station, au niveau de la barrière des gendarmes, se trouve le lac de retenue d’eau courante de la station. Le lac étant gelé, une centaine de touristes se sont donné à cœur joie à des jeux de patinage informels, inconscients qu’à tout moment, la glace aurait pu céder. « C’est par miracle que la glace a tenu», nous confie ce témoin membre de la fédération royale marocaine de ski.
Les automobilistes sont restés bloqués jusqu’à 22 heures, car il faut savoir que la plupart du temps, les visiteurs ne se déplacent que pour une journée d’excursion. Le risque que les automobilistes passent la nuit dans leurs véhicules sous des températures qui peuvent atteindre -10 degrés est bien présent :
Le lendemain, les ordures ont remplacé les milliers de visiteurs.
« Une odeur de décharge publique digne de celle de Médiouna régnait dans toute la station, triste résultat d’un dimanche chaotique », tempête Houssain, un moniteur dans la station qui a participé bénévolement à la collecte des déchets.

Pourtant, même si elle semble difficile à mettre en place, la solution est évidente : « il faut créer des quotas de bus, mettre en place des moyens de secours en cas de catastrophe et fédérer la gestion, puisqu’il n’y a aucune coordination entre les intervenants, à savoir la province d’Al Haouz, les travaux publics, l’ONEP, le ministère de la Jeunesse et des sports, le ministère du Tourisme et la fédération de ski», nous résume un membre de la fédération de ski.
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