Droits des femmes : l’étonnant classement des pays arabes
Les Comores, champion du monde arabe en matière de droits des femmes, l’Egypte en queue de classement et le Maroc en position acceptable, tels sont les enseignements d’un nouveau classement publié par la fondation Thomson Reuters.
Les classements se suivent et ne se ressemblent pas. Aujourd’hui, c’est la fondation britannique Thomson Reuters qui publie son classement sur les droits des femmes dans les pays arabes.
Cette étude contraste fortement avec celle publiée par le Forum économique mondial il y a moins d’un mois, et qui considérait le Maroc comme l’un des pires pays pour les femmes.
Dans cette étude intitulée « Women's rights in the Arab world » et réalisée dans 22 pays arabes, 336 experts donnent leur avis sur la condition de la femme. Globalement, la fondation estime que depuis les soulèvements qu’ont connus certains pays du monde arabe, les conditions de la femme se sont largement détériorées dans les pays qui ont connu une révolution, à savoir l’Egypte, le Yémen et la Syrie. La Tunisie est bien l’exception qui confirme la règle puisqu’elle arrive 6ème.
Pour sa part, le royaume est le 8ème pays arabe dans les droits de la femme, l’Union des Comores le premier, l’Egypte bon dernier. Sur quels critères ?
L’analphabétisme, l’égalité hommes femmes, le harcèlement sexuel, la représentation politique et économique, les mutilations génitales ou les mariages forcés sont les principaux critères.
Aux Comores, archipel de l’océan Indien, les femmes occupent 20% des postes ministériels et bénéficient de plusieurs avantages matrimoniaux, en l’occurrence en cas de divorce, où elles conservent la totalité des biens immobiliers. Voilà pourquoi la fondation classe l’Union des Comores premier. Le Qatar, la Jordanie, le Koweït et Oman complètent respectivement le quintet de tête.
En Tunisie, 6ème du classement, «les femmes occupent 27% des sièges au parlement national, mais la polygamie reste largement répandue, la contraception est illégale et les lois sur l’héritage sont biaisées en faveur des hommes», estime cette étude, qui fait allusion à la période post-printemps arabe. En réalité, la polygamie est interdite en Tunisie mais elle est revenue, d'une manière illégale et informelle après la révolution. La contraception est légale. C'est dire que l'étude n'est pas bien informée.
Vient ensuite l’Algérie, 7ème, suivie du Maroc.
Justement au Maroc, la fondation note que 10% des femmes mariées ont moins de 18 ans. Elle cite aussi l’article 496 du code pénal marocain, qui dispose que cacher une femme mariée « qui se dérobe à l'autorité à laquelle elle est légalement soumise » est passible d'une peine d'une à cinq années d'emprisonnement et d'une amende.
Toujours au Maroc, 44% seulement des femmes âgées de 18 à 49 savent lire et écrire. Lors des 3 premiers mois de 2008, 17.000 cas de violences contre les femmes ont été rapportés. 78,8% des cas, la violence a été subie par le mari.
En revanche, la pire chose qui puisse arriver à une femme est de vivre en Egypte, où les femmes sont les premières victimes du printemps arabe. 99,3% d’entre elles seraient victimes de harcèlement sexuel, 91% victimes de mutilations génitales et 63% seraient analphabètes. A côté de l’Egypte, l’Irak, l'Arabie saoudite, la Syrie et le Yémen complètent la liste des pays où il ne fait pas bon vivre pour une femme.
Classement complet :
22. Egypte
21. Irak
20. Arabie Saoudite
19. Syrie
18. Yémen
17. Soudan
16. Liban
15. Territoires palestiniens
14. Somalie
13. Djibouti
12. Bahreïn
11. Mauritanie
10. Emirats arabes unis
9. Libye
8. Maroc
7. Algérie
6. Tunisie
5. Qatar
4. Jordanie
3. Koweït
2. Oman
1. Comores
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