Etude : le bilan mitigé des exportations marocaines

Alors que le pays se prépare pour le second round des négociation de l’ALECA avec l’Union Européenne et que le déficit commercial atteint des niveaux record, la Direction des Etudes et Prévisions Financières du Ministère de l’Economie et des Finances dresse le bilan de la compétitivité des exportations marocaines.  

Etude : le bilan mitigé des exportations marocaines

Le 17 mai 2013 à 13h21

Modifié 11 avril 2021 à 2h35

Alors que le pays se prépare pour le second round des négociation de l’ALECA avec l’Union Européenne et que le déficit commercial atteint des niveaux record, la Direction des Etudes et Prévisions Financières du Ministère de l’Economie et des Finances dresse le bilan de la compétitivité des exportations marocaines.  

Dans un contexte mondial marqué par l’accélération du processus de libéralisation commerciale et l’émergence de la co-localisation, des opportunités économiques nouvelles s’ouvrent pour le Maroc. Mais encore faut-il savoir les saisir.
Performances des exportations
Le taux d’ouverture de l’économie s’est accru passant de 51% en 2000 à 64% en 2011. Comparativement aux pays de la région, le Maroc est plus ouvert que l’Egypte, mais moins que la Tunisie ou la Jordanie. Cet accroissement est principalement dû à la hausse des importations, beaucoup plus rapide que celle des exportations. Cependant, les performances de ces dernières se sont renforcées ces dernières années, bien que la part de la production nationale réservée à l’export reste relativement faible (20%) et qu’elles ne contribuent que faiblement à la croissance.
Fortement dépendantes de la demande européenne, les exportations marocaines ont dû trouver d’autres débouchés pour palier les effets de la crise que traverse la zone euro depuis 2007-2008. Elles se sont donc davantage tournées vers des marchés tels que le Brésil, l’Inde, les Etats-Unis ou la Turquie.
Conséquence de la libéralisation commerciale progressive négociée avec notamment l’UE, les Etats-Unis ou la Turquie, le taux de pénétration de l’économie (i.e. la part de la demande intérieure couverte par les importations) s’est accru en moyenne de 27,6% au début des années 2000 à 33,6% à la fin des années 2000. Parallèlement, le taux de couverture s’est fortement dégradé, passant en moyenne sur la période de 60% à 49%.
Conséquence : le déficit commercial a explosé entre 2000 et 2012, passant de 44 à 201 milliards de dirhams, creusé par la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires, ainsi que par l’accroissement des biens d’équipement nécessaires à la réalisation des grands projets d’investissement.
La compétitivité des exportations marocaines, reflétée par la part du marché mondiale qu’elles détiennent, a stagné tout au long des années 2000, alors que celle de ses principaux concurrents est en hausse (Turquie, Chine, etc). De plus, le Maroc est en perte de vitesse sur le marché européen, où il a été supplanté par d’autres pays tels que la Turquie, l’Inde et la Chine.
Caractéristiques de l’offre exportable
Bien que les exportations affichent un certain dynamisme, au niveau mondial leur compétitivité est inférieure à celle des principaux pays concurrents. L’explication de ces faibles performances est à chercher dans la structure des exportations : une offre concentrée sur quelques produits et quelques marchés, le faible niveau technologique des produits exportés, le manque de qualification de la main d’œuvre et enfin, le faible niveau d’innovation.
Malgré les efforts récents de diversification, l’Espagne et la France représentent toujours 40% des exportations marocaines. Mais les marchés d’Afrique Subsaharienne constituent un réel potentiel, puisque les exportations vers cette zone sont passées de 1,8% en 2000 à 7% en 2012, les principaux partenaires étant le Sénégal, la Mauritanie le Nigéria et le Ghana.
A côté des « champions » d’exportations traditionnels tels que le secteur des phosphates, de nouveaux moteurs d’exportation ont vu le jour avec la mise en œuvre du Pacte National pour l’Emergence Industrielle qui s’est focalisé sur le développement des métiers mondiaux du Maroc (MMM). Au sein de ces MMM, ce sont les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et du offshoring qui enregistrent les meilleures performances, avec une hausse des exportations de 98%, 76%, 70% respectivement, entre 2008 et 2012.
Le dynamisme de ces secteurs, qui devrait se confirmer dans les années à venir avec la montée en cadence des grands projets (Renault Tanger notamment), représente des opportunités d’emplois non négligeables et un atout pour le rééquilibrage de la balance commerciale.
Comment améliorer la compétitivité des exportations marocaines ?
Outre le maintien d’un cadre macroéconomique stable via des politiques monétaire, budgétaire et de change appropriées, le pays a adopté la stratégie « Maroc Export Plus » pour promouvoir les exportations nationales. Cette stratégie repose sur :
–          le ciblage des produits via les MMM,
–          le ciblage des marchés en consolidant la position du Maroc sur les marchés stratégiques (la France et l’Espagne), en améliorant celle sur les marchés adjacents et en développant les marchés de niches (l’Afrique et l’Asie) ;
–          l’accompagnement des entreprises actuellement ou potentiellement exportatrices, notamment par la réalisation d’études de marchés, des appuis financiers, des formations spécialisées et des programmes de promotion des exportations.
Un programme de formation d’ingénieurs a également été initié et une nouvelle stratégie de l’innovation a été mise en place à partir de 2009 pour encourager la production de brevets et la création de start-up.
Mais dans ce train de l’innovation, qu’est en train de prendre un petit secteur de l’économie, pour qu’il y ait de la place pour tous et que la vaste majorité de la population marocaine ne reste pas à quai, encore faut-il mettre à niveau le système d’éducation secondaire et notamment la formation professionnelle, ventre mou du système éducatif, afin de produire une main-d’œuvre qualifiée et mettre à niveau les entreprises pour les orienter vers les créneaux les plus dynamiques de la demande mondiale.
Pour consulter l’étude, cliquer ici.


 

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