Abdallah Bouanou: Je suis pour la séparation du politique et du religieux

Les mouvements islamistes comme le PJD savent qu'ils ne peuvent plus s'imposer sans recourir à un langage politque moderne. Est ce pour cela que Abdellah Bouanou, du PJD, revendique la séparation du politique et du religieux, ainsi que la liberté de culte?  

Abdallah Bouanou: Je suis pour la séparation du politique et du religieux

Le 25 juin 2013 à 19h24

Modifié 25 juin 2013 à 19h24

Les mouvements islamistes comme le PJD savent qu'ils ne peuvent plus s'imposer sans recourir à un langage politque moderne. Est ce pour cela que Abdellah Bouanou, du PJD, revendique la séparation du politique et du religieux, ainsi que la liberté de culte?  

M. Bouanou, président du Groupe PJD à la Chambre des Représentants, qui était ce mardi l’invité du Forum de la MAP, s’est exprimé sur plusieurs sujets prioritaires dont les défis auxquels le parlement est aujourd'hui confronté.

Abdellah Bouanou  a indiqué que : «le projet de loi organique de la Chambre des représentants sera soumis aux députés pour adoption avant la fin de la session actuelle». En Ajoutant que «la version finale du texte est prête et sera soumise à la commission concernée, puis à la séance plénière pour vote avant la fin de la session du printemps».

S'agissant de la séance programmée pour le mercredi 26 juin, M. Bouanou a précisé que la majorité est prête et a choisi pour thème à débattre «l'administration au service du citoyen et de l'entreprisee», mais l'opposition ne s'est toujours pas manifestée et n'a pas encore adressé ses questions au chef du gouvernement.

M. Bouanou favorable à ce que le chef du gouvernement traite avec l'ensemble des partenaires politiques.

M. Abdellah Bouanou, s'est dit favorable à ce que le chef du gouvernement traite avec l'ensemble des partenaires politiques concernant les sujets prioritaires du moment et qui préoccupent l'opinion publique nationale.  Il estimé qu'il y a «un bon nombre de sujets à caractère vertical» qui nécessitent une concertation entre le chef du gouvernement, l'opposition et l'ensemble des partenaires, en application de l'approche participative prônée par la constitution. Cette approche participative, a-t-il tenu à préciser, n'a toutefois pas exclu, selon le texte de la loi fondamentale, le principe de la démocratie numérique.
Evoquant les grands défis auxquels le parlement est aujourd'hui confronté, il a estimé que la première priorité demeure la mise en oeuvre de la nouvelle constitution, non pas d'un point de vue quantitatif, en focalisant uniquement sur le nombre de textes organiques et autres lois relatives aux nouvelles institutions et prérogatives, mais essentiellement par un travail qualitatif, qui consacre l'esprit du texte.


Ceci, a relevé M. Bouanou, ne se fera qu'à travers une restructuration et un renforcement des ressources financières, techniques et humaines de cette institution, notamment la création d'un institut académique indépendant, qui constituera un vivier de compétences et d'expertise et aidera les parlementaires à mieux cerner des champs aussi pointus et pratiques que l'analyse des politiques publiques et la rédaction des textes de loi.

Quand le PJD sort du cadre primaire de la pensée islamique !

Le parti de la Justice et du développement  a dépassé le cadre classique de la pensée islamique pour évoluer vers une idéologie plus ouverte et passer à la phase de l'«après mouvement islamique», a affirmé Abdellah Bouanou.
«Il y a des voix qui s'élèvent aujourd'hui au sein du parti pour passer à la phase de l'après mouvement islamique, de la même manière que le post-modernisme a été une maturation et une critique du modernisme», a-t-il ajouté, tout en exprimant son soutien total à une «séparation claire entre le religieux et le politique, ce dernier étant un champ de compétition, de programmes et de vote populaire, donc par son essence un champ relatif, tandis que le premier demeure du domaine de l'absolu».


M. Bouanou, s'est dit personnellement favorable à la liberté du culte, qui «ne doit pas nous faire peur, parce qu'elle fait partie des principes des droits humains universels».

Le champ politique reste otage de stagnation et d’un esprit conservateur

M. Bouanou a indiqué que l'institution monarchique a su évoluer et a transféré nombre de ses prérogatives exécutives à un gouvernement élu, qui en devient le partenaire, mais le champ politique «est resté otage de stagnation et d'une culture de justification».

Ce champ, essentiellement marqué par un caractère conservateur, regroupe aussi en son sein des forces réformatrices, ce qui explique la présence sur la scène, depuis le début de cette dynamique sociétale, d'un certain nombre de leaders, a en revanche noté le dirigeant PJD.
Les milieux conservateurs au sein des centres de prise de décision, des partis politiques, de l'administration ou du tissu économique, tentent de faire barrage aux initiatives de réforme et d'ouverture pour «servir des intérêts personnels, pour protéger des positions et des privilèges, ou par conviction», a-t-il relevé.
 
Interrogé sur la crise gouvernementale actuelle, M. Bouanou a estimé que son parti n'avait pas à chercher de nouvelles alliances, ni à adopter ou éclaircir une quelconque position, «car il incombe au parti qui a annoncé son retrait du gouvernement de trancher et mettre fin à cette situation de crise». «Tant que le parti de l'Istiqlal n'a pas mis à exécution sa décision de retrait, il est toujours un allié du PJD», a-t-il ajouté, notant au passage que «cette situation n'affecte pas le fonctionnement du gouvernement, ni du parlement».
La solution à cette situation se trouve dans la Constitution, a conclu M. Bouanou.


 

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