Egypte : l’opposition dans la rue pour réclamer le départ de Morsi

Des milliers d'Egyptiens sont descendus, dimanche, dans la rue à l'occasion du premier anniversaire de l'investiture du Président Mohamed Morsi pour réclamer des élections présidentielles anticipées.  

Egypte : l’opposition dans la rue pour réclamer le départ de Morsi

Le 30 juin 2013 à 12h13

Modifié 30 juin 2013 à 12h13

Des milliers d'Egyptiens sont descendus, dimanche, dans la rue à l'occasion du premier anniversaire de l'investiture du Président Mohamed Morsi pour réclamer des élections présidentielles anticipées.  

Ces manifestations sont organisées à l'appel du Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition égyptienne rassemblant des mouvements de gauche, laïques et libéraux, qui a accusé le pouvoir en place de dégradation économique et a annoncé le début d'une nouvelle révolution.

Dans une déclaration publiée à la veille du premier anniversaire de l'investiture de Morsi, l'opposition a indiqué avoir collecté plus de 22 millions de signatures dans le cadre de la campane «Rébellion», qui réclame le départ de Mohamed Morsi.

L'opposition estime que la sécurité comme les libertés ont été affaiblies depuis l'élection en juin 2012 du président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, et appelle à des manifestations de masse pour réclamer la fin de la «mainmise» des islamistes sur l'Etat égyptien.

Huit personnes, dont un Américain ont péri depuis mercredi dans les troubles ayant agité le pays à l'approche de ces manifestations, qui font craindre de nouvelles vagues de violences et témoignent de l'aggravation du clivage politique.

Samedi soir, des milliers de manifestants se sont rassemblés à la place Tahrir, épicentre de la révolution du 25 janvier 2011, devant le palais présidentiel dans le quartier d'Héliopolis, en périphérie du Caire, ainsi que dans d'autres gouvernorats tels Beheira, Mahala Kobra et Alexandrie.

En réaction, plusieurs députés sortants, favorables à la laïcité, ont démissionné du Conseil consultatif égyptien (la Choura) pour afficher leur soutien aux opposants du président islamiste Mohamed Morsi. 

«Nous leur avons donné une chance de réconciliation mais ils ne l'ont pas saisie», a expliqué Mona Makram Ebeid, l'une des démissionnaires. 

Ihab al-Kharrat, à la tête du comité des droits de l'Homme au sein de la Choura, a indiqué qu'au moins 22 membres avaient présenté leur démission. 

«Nous démissionnons en soutien aux 22 millions d'Egyptiens qui n'accordent plus leur confiance à Morsi», a-t-il précisé.

Pour sa part, l'armée a indiqué s'être déployée dans les divers gouvernorats du pays pour renforcer la protection des installations vitales, en cas de graves dérapages.

Le conflit entre les forces politiques «risque de conduire à l'effondrement de l'Etat», a prévenu il y a quelques jours le ministre égyptien de la Défense Abdelfattah al-Sissi.

Il a ajouté que les défis politiques et économiques de l'Egypte constituent une «menace réelle» pour la sécurité du pays, soulignant que «si les forces politiques n'agissent pas» pour régler la crise, celle-ci «pourrait conduire à de graves répercussions».

Tout en assurant que l'armée s'emploierait à protéger les infrastructures vitales du pays surtout le Canal de Suez, le ministre relève que la poursuite du conflit entre les forces politiques et leurs divergences sur la gestion du pays pourraient menacer les générations futures.

Pour sa part, l'institution Al Azhar a évoqué le risque de «guerre civile» dans le pays.

«La vigilance est requise pour nous assurer de ne pas basculer dans la guerre civile», avertit pour sa part l'université Al Azhar, qui condamne les «bandes criminelles» ayant attaqué des mosquées.

L'institution exhorte, en outre, l'opposition à accepter l'offre de dialogue de Mohamed Morsi plutôt que de persister à vouloir manifester dimanche.

Dans l'autre camp, des milliers d'islamistes étaient toujours présents devant la mosquée Rabia al-Adawiya, à Nasr City, deux jours après un rassemblement de masse pour soutenir le président et défendre la légitimité.

Les Frères musulmans, qui ont accusé l'opposition d'implication dans l'incendie de huit de leurs représentations, dont leurs locaux à Alexandrie, ont averti qu'ils ne permettraient pas un «coup d'Etat» contre le président, en référence au mouvement de protestation massif qui réclame une présidentielle anticipée.

«Vous n'êtes pas la seconde révolution et nous ne sommes pas Moubarak. Nous avons participé à la révolution», a déclaré à l'adresse de l'opposition un dirigeant des Frères musulmans.

Pour sa part, le Front du salut national (FSN), coalition de mouvements d'opposition égyptienne, a réitéré, le rejet de tout dialogue avec le président Morsi, appelant à l'organisation d'une élection présidentielle anticipée.

Dans un communiqué, le FSN s'est dit déterminé à appeler à une élection présidentielle anticipée afin de «réaliser les objectifs de la révolution, avec en tête la justice sociale».

Le FSN s'est déclaré «confiant» que «le peuple égyptien sortira par millions pour manifester pacifiquement sur toutes les places et les rues d'Egypte ce dimanche pour réaliser ses aspirations et remettre la révolution du 25 janvier sur ses rails».

Pour le FSN, M. Morsi n'a pas reconnu, dans son discours de mercredi, la situation difficile que vit l'Egypte à cause de son échec à gérer les affaires du pays depuis son investiture il y a un an. 

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