Prix du médicament : les pharmaciens s’inquiètent pour leurs marges

La profession estime que la baisse des prix de 1.000 médicaments va conduire à la fermeture de la moitié des officines du pays. Les pharmaciens exigent des compensations.  

Prix du médicament : les pharmaciens s’inquiètent pour leurs marges

Le 19 septembre 2013 à 18h56

Modifié 19 septembre 2013 à 18h56

La profession estime que la baisse des prix de 1.000 médicaments va conduire à la fermeture de la moitié des officines du pays. Les pharmaciens exigent des compensations.  

Les pharmaciens râlent et ils le font savoir. En cause, la décision du ministère de tutelle de réduire le prix de 1.000 médicaments de -50 à -80%. Lésant ainsi une catégorie socioprofessionnelle qui a déjà du mal à joindre les deux bouts.

A ce propos, le Conseil régional des pharmaciens d’officine du Sud (CRPOS) a organisé un point de presse, hier à Casablanca, pour dénoncer la manière dont a été décidée cette baisse.

Il a été question, lors de la deuxième Conférence nationale de la santé tenue les 1er, 2 et 3 juillet derniers, de la cherté du prix des médicaments. Pour y remédier, le ministère s’est engagé à baisser les prix de 1.000 médicaments, chose qu’il s’est attelé à faire, quelques mois plus tard, en collaboration avec la Fédération des syndicats de pharmaciens.

Hicham Fassih, secrétaire général du CRPOS s’indigne : « il est inconcevable de décider d’une baisse des prix en concertation avec une association, en omettant de négocier avec les instances ordinales ». Il est à noter, par ailleurs, qu’il s’agit de la première baisse des prix des médicaments faite sans concertations avec le CRPOS.

La position du Conseil est claire : « nous ne nous opposons pas à la baisse des prix des médicaments, du moment que nous sommes invités à la table des négociations. Il faut savoir qu’actuellement 35% des pharmaciens sont menacés de banqueroute, et un grand nombre d’entre eux n’ont plus le droit de posséder un carnet de chèque » précise Farid Ferhat, pharmacien à Salé et membre du conseil du Nord ; une situation qui n’augure rien de bon.

La même source estime que « la baisse des prix de 1.000 médicament aura pour conséquence la fermeture de la moitié des pharmacies au Maroc », sachant que « 20% des médicaments représentent 80% du chiffre d’affaires ».

Ce point de presse était également l’occasion de présenter les doléances. Hicham Fassih nous explique : « nous ne sommes pas opposés à une baisse des prix des médicaments. Mais il faudrait prévoir des mesures compensatoires. »

En effet, les pharmaciens d’officine réclament une révision des marges. La marge brute actuelle est de 30% sur le prix de vente des médicaments. Amine Tahri, pharmacien et membre du Conseil, précise : « dans les meilleur des cas, le pharmacien peut dégager entre 8 et 10% de marge nette ».

Autre mesure : les pharmaciens réclament le droit de substitution des médicaments. Il s’agit là d’une pratique mondialement admise. Par cette pratique, le pharmacien s’offre le droit de mettre à disposition du client la molécule, composante essentielle du médicament, plutôt que le nom commercial. Pour le moment, seules les pharmacies des hôpitaux ont le droit de le faire.

Une troisième mesure urgente d’accompagnement consiste à faire bénéficier les pharmaciens de la couverture médicale. Car si leurs salariés sont couverts, les pharmaciens-employeurs ne le sont pas.

Globalement, il s’agit de l’absence d’une politique de santé au Maroc et pas seulement un problème lié à la politique des prix des médicaments, comme le soulignent, à l’unisson, les membres du CRPOS. Tirant au passage la sonnette d’alarme quant aux conséquences qu’impliquera cette baisse sur le devenir du métier de pharmacien au Maroc.

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