Le Maroc est bien exposé à un risque de tsunami

La forte houle qui secoue le littoral atlantique marocain a provoqué de nombreux dégâts sur les côtes du royaume. Elle éveille également les craintes de voir surgir une vague géante, balayant tout sur son passage, comme ce fut le cas en 1755.  

Le Maroc est bien exposé à un risque de tsunami

Le 7 janvier 2014 à 17h17

Modifié 11 avril 2021 à 2h35

La forte houle qui secoue le littoral atlantique marocain a provoqué de nombreux dégâts sur les côtes du royaume. Elle éveille également les craintes de voir surgir une vague géante, balayant tout sur son passage, comme ce fut le cas en 1755.  

L’alerte est lancée et maintenue jusqu’à mercredi 8 janvier. Face à la puissance des vagues, atteignant près de 7 mètres par endroit et se brisant sur les façades atlantiques marocaines, les autorités météorologiques ont tiré la sonnette d’alarme à l’attention des marins et pêcheurs, recommandant fermement de ne pas prendre la mer dans de telles conditions.

Si les vagues ont inondé les rivages de plusieurs villes côtières – Casablanca, Harhoura et Skhirat notamment – causant de multiples dégâts, dévastant des cabanons et nécessitant les interventions de la protection civile, elles restent néanmoins un phénomène saisonnier, certes impressionnant, mais incomparables au déchaînement d’un tsunami détruisant tout sur son passage.

Le spectre d’une vague géante dévastatrice inquiète depuis les épisodes meurtriers d’Asie du sud-est en décembre 2006 ou plus récemment, ceux de mars 2011 qui ont frappé le Japon en plein cœur. Lorsque mère nature se déchaîne, les conséquences se révèlent désastreuses. Le Maroc peut également en témoigner.

Ils furent tous engloutis !

Comme c’est souvent le cas avant le déferlement d’une vague géante, la terre se met à trembler. En 1755, c’est en effet un violent séisme d’une magnitude proche de 9 sur l’échelle de Richter, qui secoue le Maroc,  entraînant une terrible vague destructrice. Cet événement tragique plus connu sous le nom de « tremblement de terre de Lisbonne » (la vague et le séisme ont ravagé la capitale portugaise) a marqué le royaume.

Dans les colonnes du Courrier de l’Atlas sont repris des extraits d’ouvrages historiques décrivant les sinistres de ce tsunami qui s’est abattu sur le Maroc. L’historien En Nassiri note ainsi dans son « Kitab el Istiqsa » que dans la Salé du XVIIIe siècle « la mer inonda toutes les rues et magasins. La mer se retira sur une grande étendue, des gens étaient allés voir ce phénomène quand tout à coup la mer revint brutalement vers le rivage, et dépassa de beaucoup sa limite habituelle, tous ceux qui étaient en dehors de la ville de ce coté là furent engloutis ».

A El Jadida, « les eaux de l’océan s’élevèrent au dessus de la muraille et se répandirent dans la ville. Un grand nombre de poissons restèrent dans la ville quand la mer fut rentrée dans ses limites habituelles ; la mer déborda aussi sur les terrains de pâture et de culture ainsi que sur les redoutes qu’elle rasa complètement. Les bateaux et les canots du port furent presque tous brisés », ajoute-t-il. 

Un méga-tsunami au Maroc

Des scènes dramatiques qui seraient susceptibles de se reproduire selon les spécialistes américain et britannique, Steven Ward et Simon Day, cités par le sismologue marocain Taj-Eddine Cherkaoui dans un entretien accordé au Courrier de l’Atlas. Les deux experts défendent en effet, en 2001, la thèse d’un plausible méga-tsunami s’abattant sur les côtes marocaines. Ils expliquent que le flanc ouest du volcan Cumbre Vieja, sur l’île de Palma (dans les Canaries) est instable. Son activité pourrait générer une éruption qui entraînerait l’éboulement de près de 500 km3 de terres et de roches dans l’océan, déplaçant des montagnes d’eau pouvant atteindre les tailles critiques de 50 mètres de hauteur sur les côtes du royaume.

Quant à l’occurrence d’un tel événement lié à un séisme, il semble peut probable selon le spécialiste marocain Taj-Eddine Cherkaoui. Ce dernier précise que la probabilité de subir un tremblement de terre d’une magnitude supérieure à 7 sur l’échelle de Richter reste faible.

Il apporte un bémol néanmoins en soulignant que la sismologie respecte un principe de base : un séisme qui s’est produit dans le passé est susceptible de se reproduire dans la même région, dans les années futures. Des scénarios inquiétants qui devraient inciter les autorités marocaines à lancer des stratégies de prévention en matière de séismes et de tsunamis.

 

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