Traite des Marocaines : « le phénomène se répand très vite »

Esclavage, prostitution, travail au noir… Selon l'OMDH, les réseaux mafieux ne reculent devant aucun abus pour exploiter des Marocaines, notamment dans le Golfe. Au Maroc aussi, le phénomène existe et touche des Asiatiques ou des Subsahariens.  

Traite des Marocaines : « le phénomène se répand très vite »

Le 7 février 2014 à 12h25

Modifié 7 février 2014 à 12h25

Esclavage, prostitution, travail au noir… Selon l'OMDH, les réseaux mafieux ne reculent devant aucun abus pour exploiter des Marocaines, notamment dans le Golfe. Au Maroc aussi, le phénomène existe et touche des Asiatiques ou des Subsahariens.  

Lors d’une journée d’étude organisée le mardi 4 février à Rabat par le groupe parlementaire de l’USFP, l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH) a tiré la sonnette d’alarme quant à la traite que subissent les jeunes Marocaines dans les pays du Golfe.

« Même s’il n’existe pas de statistiques officielles, le phénomène existe. Pire, il se répand très vite » déclare le président de l’OMDH, Mohammed Nechnach. Et pour cause, le nombre de Marocaines résidentes dans les pays du Golfe est en progression continue, et le sujet est tabou.

En effet, même s’il existe plusieurs études sur la traite des Asiatiques dans les pays arabes, aucune n’est consacrée aux travailleuses Marocaines. Pourtant, « il suffit de se rendre aux hôtels, complexes et clubs en Orient pour se rendre compte du nombre important de Marocaines qui y travaillent » constate M. Nechnach.

Durant la journée d’étude organisée le mardi 4 février au parlement, le président de l’OMDH a insisté sur le rôle prééminent de la famille dans la prévention de la traite. Il fait remarquer que les intermédiaires abusent de la précarité des foyers dans lesquelles vivent ces filles, âgées de 18 à 22 ans, pour leur proposer des contrats qui, au final, n’ont rien à voir avec ce qui les attend.

Elles signent généralement des contrats pour exercer des métiers dans le domaine de la cuisine ou de la coiffure, et se retrouvent entre les mains d’un réseau mafieux qui lui demande, par n’importe quel moyen, de lui rembourser les frais de transports et d’hébergement, les contraignant, souvent par le chantage ou par la force, à combler les désirs sexuels de clients peu scrupuleux.

« La première gorgée est toujours la plus difficile à avaler. Ensuite, ça devient la norme » commente M. Nechnach.

Le plus gros problème réside dans le fait qu’il n’existe aucun partenaire arabe, qu’il soit association ou organisation gouvernementale. D’ailleurs, le président de l’OMDH s’inquiète : « la situation est très dangereuse dans les pays du Golfe. La notion de liberté ou de dignité est quasi-absente.

On ne peut donc avoir aucun chiffre, ni aucune statistique sur l’ampleur du phénomène » d’où « la nécessité de lancer des actions de sensibilisation au Maroc, à travers l’ouverture d’un débat avec les organisations politiques dans un premier lieu. D’où l’intérêt de la journée d’étude organisée avec l’USFP» confie notre source.

Par ailleurs, le Maroc n’est pas immunisé contre ce phénomène. L’organisation déclare qu’elle a reçu plusieurs plaintes de travailleuses asiatiques d’origine thaïlandaise pour mauvais traitement de la part d’employeurs marocains : abus, sévices sexuelles et harcèlements.

Notre source ajoute qu’un nouveau fléau de traite s’étend actuellement au Maroc, il s’agit de la traite des Subsahariens d’origine nigériane : « les hommes sont envoyé par les réseaux mafieux maroco-nigérians pour travailler illégalement dans le bâtiment, tandis que les femmes et les filles deviennent la propriété de proxénètes ».

Un autre phénomène encore plus répandu concerne les travailleuses domestiques. Car même si la loi interdit à l’employeur d’embaucher des enfants, certains individus ne trouvent aucun mal à l’enfreindre, exploitant souvent la misère sociale des familles dont elles sont issues.

 


 

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