Laksabi, un trésor archéologique dans le Sud

Les dernières fouilles archéologiques à Laksabi, une commune située à une dizaine de kilomètres de Guelmim, ont été réalisées au cours de la semaine dernière. Des objets précieux et des maisons datant du XIIe siècle ont été découverts. La suite promet des surprises.  

Laksabi, un trésor archéologique dans le Sud

Le 11 mars 2014 à 12h41

Modifié 11 mars 2014 à 12h41

Les dernières fouilles archéologiques à Laksabi, une commune située à une dizaine de kilomètres de Guelmim, ont été réalisées au cours de la semaine dernière. Des objets précieux et des maisons datant du XIIe siècle ont été découverts. La suite promet des surprises.  

C’est en 2012 qu’ont été effectuées les premières fouilles dans la localité de Laksabi, ville engloutie du XIIe siècle. Le résultat fut époustouflant: des objets précieux, poteries, argent, bijoux, remontant à l’époque médiévale. Un trésor archéologique qui n’a pas manqué d’éveiller l’intérêt du ministère de la Culture, qui a poursuivi, avec l’aide d’un institut espagnol, les opérations du 1er au 8 mars. Le résultat est à nouveau surprenant : des maisons et des clôtures datant de plusieurs siècles.

«Nous avions envoyé les premiers objets découverts à un institut en Floride. Nous avons appris que, dans le lot, il y avait des pièces italiennes, qui attestent de l’existence d’échanges commerciaux entre la ville et la péninsule qui remontent à plusieurs siècles», nous raconte Omar Najih, professeur-chercheur. «Il y aura d’autres fouilles», nous apprend-il.

Le musée privé d’Ahl Salek, ouvert depuis 2009 à Laksabi, contient, quant à lui, plus de 2.200 documents tout aussi précieux les que les autres.

«Le musée a vu le jour pour retranscrire l’histoire des tribus du sud du Maroc. Ce fût une simple action qui a pourtant encouragé plusieurs autochtones des Ait Lahcen à ouvrir leurs coffres anciens pleins de documents historiques hérités de leurs ancêtres, et ignorés par la nouvelle génération ne sachant s’en servir ni à qui confier ce trésor», nous avait déclaré  Ahmed Bensalem Ben Salek, héritier de la vielle bâtisse qui abrite le musée, la seule maison qui dépendait des autorités britanniques. «Mon grand-père avait rejeté la nationalité française», raconte-t-il.  

Quelque 2.200 documents exposant l'histoire des échanges commerciaux, au début du 20ème siècle, entre les tribus du Sahara et les pays de l'Afrique subsaharienne, y sont maintenant exposés. Exemple : des correspondances entre le grand-père d’Ahmed Bensalem Ben Salek et des familles fassies installées au Sénégal retraçant les relations commerciales qu’entretenait la tribu de Laksabi, ex-Taougaoust, avec l’Afrique subsaharienne, où était établi un membre de la famille répondant au nom de Mohamed Salem, qui assurait la négociation et le transit des marchandises.

Nombreuses sont en effet les missives qui révèlent le rôle joué par les familles commerçantes de Fès, dont certaines sont encore installées au Sénégal, dans l’évolution des échanges commerciaux entre quelques pays africains et le Maroc. Les Bennouna, Ben Jelloun, Bakkali, Kettani, Iraqui, Guennoun, Douiri, Kadiri, Skalli, Chraibi… avaient coutume, comme le montrent les lettres retrouvées, de s’adresser directement à la famille Mohamed Ben Salem.

«Nous entamerons des recherches sur cette période afin d’avoir plus d’éléments sur ces familles», promet Omar Najih. A suivre…

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