Compétitivité commerciale : le Maroc remonte à la 43e place

D’après le classement établi par le Forum économique mondial, le Maroc s’en sort bien mieux que ses voisins maghrébins, mais est peu compétitif au regard de ses potentialités. Le rapport étudie la situation de 138 pays.  

Compétitivité commerciale : le Maroc remonte à la 43e place

Le 3 avril 2014 à 17h24

Modifié 11 avril 2021 à 2h35

D’après le classement établi par le Forum économique mondial, le Maroc s’en sort bien mieux que ses voisins maghrébins, mais est peu compétitif au regard de ses potentialités. Le rapport étudie la situation de 138 pays.  

Dans la jungle des indicateurs économiques, il est souvent difficile de déterminer ce qui caractérise la compétitivité commerciale d’un pays à l’international. Les rédacteurs du rapport intitulé Global Enabling Trade édité tous les 2 ans par le Forum économique mondial (World Economic Forum, WEF) se sont attelés à la tâche de mettre en exergue les points forts et les lacunes de chaque pays répertorié, dont le Maroc.

Un commerce marocain international en deçà des attentes

Dans la classification 2014 du WEF, le Maroc se distingue au Maghreb car contrairement à ses voisins, il est le seul à remonter les marches de ce classement. Depuis 2012 et sur 138 pays, le royaume qui était classé 64e mondial est arrivé à l’honorable 43place grâce à un gain de 21 places et une note finale de4,4/7.

Les meilleures notes du royaume sont obtenues par la qualité de ses infrastructures de transport (36e mondial) et par l’accessibilité rapide aux marchés étrangers (32e). Il semble que la construction des infrastructures portuaires de Tanger-Med ne soit pas pour rien dans l’amélioration du Maroc dans ce classement.

Bien que le royaume fasse mieux que ses voisins maghrébins et que le rapport laisse entendre qu’il ait fait des progrès indéniables, il n’est cependant pas exempt de critiques.

Le WEF nous apprend que la gestion des exportations marocaines connait des ratés qui l’empêchent de donner la pleine mesure de son potentiel. Par manque d’agressivité commerciale, la bonne exploitation des marchés à l’export souffre d’un manque d’identification claire préjudiciable aux nombreuses niches commerciales. Par manque de réactivité, les exigences des clients étrangers ne sont pas comblées et le financement pourtant essentiel des petits exportateurs fait perdre plusieurs marchés lucratifs aux Marocains (53e mondial).

Le rapport du WEF pointe également du doigt les nombreux freins au bon développement des importateurs marocains qui sont pénalisés (100e mondial) par plusieurs défaillances:

–          Des procédures administratives trop lourdes,

–          Des tarifs douaniers élevés,

–          Des retards de transporteurs internationaux qui engendrent des coûts supplémentaires,

–          Une corruption endémique des douaniers aux frontières.

A posteriori, ces critiques constructives doivent permettre de réajuster la stratégie du royaume afin de booster sa compétitivité future par un suivi des progrès réalisés sur certains aspects du commerce mondial.

Des outils de notation à l’action concrète

La finalité du rapport est de constituer une référence pour aider les économies à s'intégrer dans la chaîne commerciale et de corriger les erreurs des Etats et des entreprises privées dans leurs investissements commerciaux à l’international.

Cet index évalue la compétitivité internationale de chaque pays grâce à l’étude de la qualité des infrastructures commerciales et des services censés faciliter la circulation des marchandises à travers les frontières et leurs destinations finales. Il compare les performances enregistrées à travers 4 piliers d’évaluation intrinsèquement reliés entre eux devant booster la compétitivité de chaque pays.

–          L’accès aux marchés,

–          Les services de l’administration aux frontières,

–          Les infrastructures de transport, de communication et réglementaires,

–          L’environnement des affaires décliné en plusieurs piliers.

Si certains pays ont retenu les leçons et occupent les meilleures places du classement mondial, il apparaît que d’autres n’ont toujours pas opéré les restructurations commerciales nécessaires.

Quid du reste du monde ?

Comme en 2012, Singapour s’adjuge la 1ère place du classement Global Enabling Trade Report en matière de commerce international en partageant les trois marches du podium avec Hong Kong et les Pays Bas. Notons que la première puissance mondiale que sont les Etats-Unis pointe à la 15e place alors que la France obtient la 21e place.

Au niveau de la région Mena, ce sont les Emirats Arabes Unis qui obtiennent la première place, en se classant 16e  au niveau mondial.

Notons que les voisins maghrébins du Maroc arrivent toujours en queue de peloton. Ainsi, en deux ans, la Tunisie aura perdu 32 places en passant de la 44e  à la 76place. Le changement de régime n’aura semble t-il pas fait que des heureux et n’a pas contribué à l’essor du commerce international.

Malgré des fondamentaux macroéconomiques stables, l’Algérie se révèle être le canard boiteux de la région car elle se contente de sa rente pétrolière et gazière. De 2012 à aujourd’hui, elle fait du surplace en restant à la 120e place.

Au Maroc, cette étude vient à point nommé en renfort du nouveau modèle économique et industriel présenté mercredi 2 avril par Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce extérieur, et des recommandations prônées par la CGEM sur l’amélioration du climat du commerce au plan national et international.

 

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