Les chrétiens d’Irak chassés de Mossoul, première lapidation

Les chrétiens d’Irak chassés de Mossoul, première lapidation

Le 19 juillet 2014 à 9h10

Modifié le 27 avril 2021 à 22h29

Les chrétiens de Mossoul, une ville contrôlée par les jihadistes de l’État islamique (EI), fuyaient en masse vendredi après un ultimatum de ce groupe ultra-radical leur donnant quelques heures pour quitter les lieux, selon le patriarche chaldéen et des témoins, cités par l’AFP.

«Les familles chrétiennes se dirigent vers Dohouk et Erbil» dans la région autonome du Kurdistan irakien, a indiqué à l’AFP Louis Sako, déplorant que «pour la première fois dans l’histoire de l’Irak, Mossoul se vide de ses chrétiens», rapporte l’AFP.

Médias 24 a recoupé ces informations avec des témoignages lus sur un forum de la ville de Mossoul ainsi que sur des comptes twitter de la galaxie jihadiste internationale. Il y a une semaine environ, les dirigeants locaux de l’organisation de l’Etat islamique avaient convié les notables chrétiens de la région à une réunion en vue de leur proposer le choix entre la conversion à l’Islam ou payer l’impôt de capitation (al-jezya) comme cela a été fait à Raqqa, leur capitale en Syrie.

Contrairement aux chrétiens de cette dernière ville, ceux de Mossoul ont refusé la réunion. Les dirigeants de l’organisation de l’Etat islamique ont alors placardé des affichettes et diffusé par hauts parleurs le message suivant: “les chrétiens ont jusqu’à samedi midi pour prendre l’une des décisions: se convertir à l’Islam ; payer l’impôt de capitation en acceptant un accord de dhimmitude comme à Raqqa ; ou quitter la ville sans prendre d’autre bagage que les vêtements qu’ils ont sur le dos. Au-delà de ce délai, il n’y aura plus entre nous et eux que le fil de l’épée“.

Ci-dessous, deux images reprises d'un forum chrétien d'Orient. Elles sont censées montrer l'incendie d'une église âgée de 18 siècles ainsi que les larmes des chrétiens avant de quitter la ville. Leur authenticité n'a pu être vérifiée de source indépendante.

 

 

Cette menace a été assortie d’une action visant à terrifier davantage cette communauté: des agents de l’organisation de l’Etat islamique ont commencé à faire le tour des habitations de la ville et ont “saisi“ les logements appartenant aux chrétiens et aux chiites. Sur chaque habitation ou commerce concerné, il a été marqué : “patrimoine immobilier de l’Etat islamique“ suivi de la lettre N dans le cas des chrétiens (N comme Nazareth ou nassara, autrement dit chrétiens) ou R (dans le cas des chiites, désignés par le terme Raouafedh). (photo ci-dessous).

 

 

Vendredi matin, de nombreux chrétiens ont commencé à quitter la ville. Médias 24 a pris connaissance sur les réseaux sociaux et sur un forum de la ville de Mossoul, de témoignages d'habitants chrétiens annonçant qu'au moment de quitter la ville, des barrages de miliciens les ont arrêtés et les ont dépouillés de leurs bijoux et téléphones portables. L'authenticité de ces témoignages n'a pas été vérifiée de source indépendante.

Jusqu’à l’invasion américaine en 2003, un million de chrétiens vivaient en Irak. Leur nombre a été récemment estimé à 400.000 dont une grande partie à Mossoul.

Selon des sources irakiennes officielles, les autres minorités telles que les Yazidites, les Turkmenes et les Shabak de la même province ont subi encore plus de répression que les chrétiens.

La pureté dangereuse

Les jihadistes de l’organisation de l’Etat islamique appliquent donc à la vie quotidienne leurs deux principes de base: la femme est inférieure à l’homme; le non-musulman est inférieur au musulman.

Plus encore, le non-musulman est impur. Seul l’Islam est pur, mais quel Islam ? le leur bien entendu. Tout musulman qui n’adopte pas leur islam est également impur et, pire encore, un apostat, méritant la mort avant le non musulman. La femme elle-même est impure en certaine période du mois.

Les musulmans qui ne partagent pas leurs convictions, de même que les non-musulmans, sont déshumanisés. D’ailleurs, on n’utilise jamais de termes humains pour les évoquer : ce sont des taghout, des satan, des museaux de porc (terme largement répandu pour désigner les ennemis, en particulier après les avoir tués), des chiens, des cadavres jetés aux chiens.

Pour purifier, on applique les houdoud (que des auteurs écrivent également hudud), châtiments corporels allant jusqu’à la mort et commençant par les coups de fouet.

Jeudi soir, le premier cas de lapidation a été revendiqué par l’organisation de l’Etat islamique (photo ci-dessous, insoutenable). Il s’est déroulé dans la province de Raqqa, en Syrie, où une femme a été amenée après la prière d’Al Ichaa et lapidée par jets de pierre jusqu’à ce que mort s’ensuive, sous l’accusation d’adultère. Selon un centre syrien de droits humains cité par l’AFP, il s’agit d’une trentenaire, convaincue d’adultère et condamnée par un tribunal dit islamique. La même source fait état d’une population qui vit “dans la terreur“.

MISE A JOUR: L'observatoire syrien des droits humains, cité par le portail Elaph, annonce ce samedi en milieu de journée, la seconde exécution par lapidation d'une femme accusée d'adultère, cette fois ci vendredi soir dans la ville de Raqqa. Selon la même source, la population a refusé de participer à la lapidation qui a été effectuée par des miliciens de l'organisation de l'Etat islamique. Détail glaçant, ces derniers ont ramené sur place une camionnette chargée de pierres avant d'entamer leur ignoble opération.

Jusqu’où ira le suicide du monde arabe?

 

 

Samedi soir, le compte Twitter de l'organisation de l'Etat islamique à Raqqa a mis en ligne trois photos de la seconde lapidation. Les voici. Nous les publions malgré leur caractère insoutenable car elles sont pleines d'enseignements.

 

 

 

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