Réforme de l’enseignement, ce que disait le précédent rapport d’évaluation

Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique sauvera-t-il l’éducation au Maroc? Les orientations stratégiques du Conseil supérieur seront-elles suivies ? Médias 24 a recueilli les témoignages d’anciens membres.  

Réforme de l’enseignement, ce que disait le précédent rapport d’évaluation

Le 21 juillet 2014 à 10h48

Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique sauvera-t-il l’éducation au Maroc? Les orientations stratégiques du Conseil supérieur seront-elles suivies ? Médias 24 a recueilli les témoignages d’anciens membres.  

Nouvellement formé, le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) est une instance prévue par la Constitution. Hormis ce point, elle n’est pas la première instance chargée d’une réforme de l’Education.

Les plus connues, les plus médiatiques, sont celles animées par feu Abdelaziz Meziane. Il y avait eu la Cosef, Commission spéciale éducation-formation qui a publié en 1999 la Charte nationale d’éducation et de formation. Il y a eu, en 2006, le Conseil supérieur de l’Enseignement, gelé après la disparition de Abdelaziz Meziane en 2010. Entre temps, il y a eu un programme gouvernemental d’urgence.

En 2006, le Roi avait chargé feu Meziane Belfkih de mettre en place le Conseil national de l’enseignement, avec entre autres objectifs de mettre en place l’instance nationale d’évaluation du système éducatif. Quatorze mois plus tard, la commission a rendu son rapport. Complète et efficiente, l’enquête était déclinée en quatre volumes, traitant l’ensemble des points sensibles du système.

Nous avons posé la question à un ancien membre du Conseil supérieur de l’enseignement. "Le conseil actuel, qui vient d’être mis en place par le Souverain, comprend, en plus des experts dans le domaine de l’éducation, des politiques et des syndicats, les ministres de l’éducation nationale, de l’emploi et de l’enseignement supérieur. De par cette composition, le suivi des recommandations est garanti. D’autant plus que les ministres deviennent membre de par leur qualité et non pas nominativement", estime notre source.

Pourtant, dans sa nouvelle formule, le conseil garde les mêmes attributions, et ne jouit que d’une force de proposition. Rien n’empêche le prochain ministre de l’Education nationale de sortir son propre programme d’urgence. Qu’en est-il donc des travaux réalisés jusque là, et notamment du rapport 2008 sur l’évaluation du système éducatif?

Abdelhadi Zouiten membre de l’actuel CSEFRS rassure: "Le rapport de 2008 sera la base sur laquelle reposeront nos futurs travaux. Et notamment l’évaluation, en 2014, de la charte nationale de l’éducation." Pour l’heure, les membres se préparent à élire 9 membres du bureau et former 6 commissions.

Pour rappel, la Charte nationale de l’éducation a été publiée par le Cosef en 1999. Dix ans après, le rapport réalisé en 2008 tirait la sonnette d’alarme sur des dysfonctionnements encore bien ancrés dans l’école marocaine, et mettait en exergue les difficultés d’application des réformes et des orientations contenues dans la charte nationale.

Déclinée en quatre volumes (Réussir une école pour tous, Rapport analytique, Atlas du système d’éduction et de formation et Métier d’enseignant), l’enquête a identifié un ensemble d’éléments qui entravent l’amélioration du système éducatif national.

Dans son volume "Atlas du système d’éducation et de formation", le rapport livre un comparatif des systèmes d’éducation et de formation nationaux, leur fonctionnement et leurs impacts.

Dans l’un des quatre volumes du rapport réalisé par le CSE, il a été question du déficit de gouvernance du système d’éducation et de formation jugée peu "responsabilisante", ce document révèle aussi l’insuffisance en termes de performances de l’école marocaine, ces résultats décevants passent par le manque de motivation des enseignants confrontés à des conditions d’exercice difficiles. Il traite aussi de l’échec du modèle pédagogique, de la mauvaise allocation des ressources et de la confiance altérée à l’égard de l’école marocaine. Il conclut par une série de recommandations qui n’ont toujours pas vu le jour.

Un autre volume s’est intéressé au pilier central de l’éducation: l’enseignant. Le document se penche ses aspirations, ses contraintes et émet des recommandations pour améliorer ses compétences et son rendement.

Le volume analytique s’est penché, pour sa part, sur l’ancrage de l’éducation dans l’environnement économique, et s’est intéressé à la mise en place d’une nouvelle architecture pour la nouvelle organisation pédagogique à travers, notamment, l’amélioration de la qualité de l’éducation.

Autant de point sur lesquels le nouveau conseil devra se pencher pour construire son rapport d’évaluation actualisé. Ces rapports sont consultables en ligne via le site officiel du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique.

A noter que la première réunion du nouveau Conseil a eu lieu le 17 juillet durant laquelle les membres ont pris connaissance du règlement intérieur. L’élection des membres du bureau central se tiendra lundi prochain. Les commissions seront formées le même jour.

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