Guerre civile en Libye

Quels que soient les événements, une chose est sûre: la Libye s’installe dans la guerre et ce, pour plusieurs années. Deux scénarios seulement sont possibles: soit la victoire de l’islamisme radical de Baghdadi & Co, soit la guerre civile. Dans les deux cas, la Libye va être pendant plusieurs années un foyer d’instabilité, de milices armées, d’entraînement jihadiste, d’attraction, de formation et d’exportation de jihadistes.  

Guerre civile en Libye

Le 26 août 2014 à 12h24

Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Quels que soient les événements, une chose est sûre: la Libye s’installe dans la guerre et ce, pour plusieurs années. Deux scénarios seulement sont possibles: soit la victoire de l’islamisme radical de Baghdadi & Co, soit la guerre civile. Dans les deux cas, la Libye va être pendant plusieurs années un foyer d’instabilité, de milices armées, d’entraînement jihadiste, d’attraction, de formation et d’exportation de jihadistes.  

Les premières victimes seront la Libye et les Libyens. Ensuite, la Tunisie, pays le plus fragile de la région, le moins bien armé, et où le mouvement libyen le plus radical, Ansar Chariâa, dispose d’un pendant local qui a déjà commis plusieurs attentats.

Le seul homme politique tunisien qui a pris le risque de ce qui se passe, est Ahmed Mestiri, un homme qui avait travaillé avec Bourguiba et qui a déclaré récemment que c’est l’existence même de la Tunisie qui est menacée.

Une Libye jihadiste ou en proie à la guerre civile sera également une menace pour l’Egypte et l’Algérie, deux pays qui partagent une immense frontière avec la Libye et qui comptent des foyers et des maquis terroristes.

Les stocks d’armes disséminés chez les milices sont énormes. Sans commune mesure avec ce que possède Baghdadi. Les milices radicales ont mis la main sur des avions civils et militaires et contrôlent au moins deux aéroports.

Tout le Sahel est menacé. Car la Libye partage des frontières dans cette immensité difficile à contrôler, avec le Tchad, le Niger et le Soudan. La défaite des jihadistes au Mali ne signifie pas que le terrorisme est éradiqué dans la région sahélienne. Comme le dit si bien Jean Pierre Filiu, en matière de terrorisme, il faut raisonner en termes de flux et non de stock. Même si un stock est détruit, les flux le reconstituent si les sources ne sont pas asséchées.

Tout le sud de la Méditerranée, l’Afrique du Nord et la bande sahélienne sont sous une menace sérieuse qui met en péril tous les acquis. A part le Maroc.

Le Maroc est le seul pays qui est sorti plus fort des printemps arabes. Dans la région, on a surtout vu un affaiblissement des Etats-nations. Or, seuls les Etats soudés, unis et forts arrivent à passer la transition historique actuelle sans dégâts, voire avec profit.

Mais un Etat fort, ce n’est pas un Etat sécuritaire ou autoritaire. Le Maroc a raison de vouloir accélérer les réformes, renforcer la cohésion sociale et mettre en œuvre le plus vite possible les dispositions de la constitution.

Davantage de justice sociale, une vraie réforme de l’enseignement, la lutte contre le chômage des jeunes et des diplômés sont aujourd’hui des nécessités. Tel sera le programme à la rentrée.

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