Une adolescente marocaine tente de vendre son bébé à 500 DH

Une jeune lycéenne de 15 ans a tenté de vendre sa fille âgée de 2 semaines dans un café de la ville de Sefrou, moyennant la somme de 500 DH. Elle voulait couvrir ses frais de scolarité.  

Une adolescente marocaine tente de vendre son bébé à 500 DH

Le 15 septembre 2014 à 18h13

Modifié 15 septembre 2014 à 18h13

Une jeune lycéenne de 15 ans a tenté de vendre sa fille âgée de 2 semaines dans un café de la ville de Sefrou, moyennant la somme de 500 DH. Elle voulait couvrir ses frais de scolarité.  

A l’heure où le débat fait rage autour de la question des droits de l’enfant au Maroc, un fait divers confronte l’opinion publique à la triste réalité du pays.

La jeune fille s’est fait aborder par des membres de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) qui se trouvaient, par hasard, dans le même endroit au moment des faits.

D’après les déclarations de l’adolescente, le bébé serait né suite à un viol qu’elle aurait subi. « Il s’agit d’une première dans la région, jamais nous n’avons entendu parler d’un cas similaire à Sefrou » s’exclame Mustapha Khyati, président de la section AMDH à Sefrou contacté par Médias 24. Et d’ajouter : « les premiers éléments révèlent que l’adolescente a été contrainte à vendre son enfant, sous la pression de ses deux parents adoptifs. »

A ce stade, plusieurs questions restent en suspens. Mais le dossier est actuellement entre les mains de la police judiciaire qui déterminera les circonstances de cet acte. A ce propos, les parents adoptifs, ainsi que la jeune adolescente se sont présentés ce lundi devant le procureur du Roi.

« Une enquête a été ouverte, et on devra attendre ses conclusions à partir de la semaine prochaine » nous déclare Najim Marmouch, membre de la section de Sefrou de l’AMDH lors d’un entretien téléphonique accordé à Médias 24. Les mis en cause risquent de lourdes peines, mais la jeune adolescente bénéficiera sans doute de la clémence et de la sympathie du juge. « Il est clair que la petite fille est la principale victime dans cette histoire. Elle a été manipulée, et peut-être même exploitée à des fins qu’on ignore. Le juge prendra sans doute ces éléments en considération » estime notre interlocuteur.

En revanche, pour le bébé, rien n’est moins sûr. « Il est important de noter qu’il n’existe à Sefrou aucune structure d’accueil des enfants abandonnés » constate Mustapha Khyati.

Pour ce qui est des faits, il va falloir tout d’abord identifier l’auteur du viol et en déterminer les circonstances. Mais la responsabilité risque de s’étendre au-delà du cercle de sa famille adoptive. « Il est important de savoir si elle a accouché dans un hôpital ou dans une maison » interroge M. Marmouch qui écarte l’éventualité d’un accouchement à l’hôpital de la ville de Sefrou. « Nous avons consulté les archives des naissances à l’hôpital ce mois-ci, mais nous n’avons trouvé aucune naissance qui correspond au nouveau-né en question » poursuit notre source.

Au-delà du fait divers, ce dossier devrait remettre à l’ordre du jour le problème de la légalisation de l’avortement, celui du statut des mères adolescentes, ou encore celui de la traite des enfants.


 

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