Procès DTI: Rachid Sefrioui appelé à la barre

Un report de plus dans le procès DTI. La prochaine audience est fixée au 29 septembre. Une deuxième convocation à comparaître est décidée à l’encontre de Rachid Sefrioui et Houda Rihabe, tous deux considérés, par la défense des 12 inculpés, comme les témoins-clés dans ce dossier. Les explications.  

Procès DTI: Rachid Sefrioui appelé à la barre

Le 23 septembre 2014 à 16h12

Modifié 23 septembre 2014 à 16h12

Un report de plus dans le procès DTI. La prochaine audience est fixée au 29 septembre. Une deuxième convocation à comparaître est décidée à l’encontre de Rachid Sefrioui et Houda Rihabe, tous deux considérés, par la défense des 12 inculpés, comme les témoins-clés dans ce dossier. Les explications.  

Alors que le juge Bouhmidi poursuit ses vacances, son remplaçant subit quant à lui les foudres des avocats auxquels se joint le public présent à cette audience du 22 septembre dans le cadre de l’affaire du détournement de trafic international des télécommunications.

13h00, chaleur, tapage incessant, encombrement, le juge prononce les décisions des délibérations concernant d’autres affaires. Interjection du bâtonnier de Casablanca. Il remet en doute les conditions de déroulement d’un procès équitable: "la voix du juge est inaudible. La salle est trop petite pour accueillir autant d’affaires". Le président de la séance tranche et suspend l’audience.

Avant la reprise de la séance, des représentants des forces de l’ordre reçoivent des instructions et commencent à déplacer le public vers le fond de la salle. Et comme par enchantement, les télécommandes des deux appareils de climatisation apparaissent dans les mains d’un fonctionnaire. Un refroidissement à peine perceptible baigne la salle 4 du TPI de Casablanca.

Un flottement qui dure 1h23 mn, enfin les 12 accusés du procès DTI pénètrent dans la salle. Le procès peut enfin démarrer. Et là encore confusion totale! Le dossier n°7019/14 relatif à la plainte de Maroc Telecom et de Méditel est confondu avec le 7759/14 de la plainte de Wana. Amine Lahlou, l’avocat de Karim Zaz, établit la distinction entre les deux dossiers et en profite pour rappeler la demande de la défense et souligne l’absence de Rachid Sefrioui et de Houda Rihabe.

Le ton monte d’un cran et pendant une quarantaine de minutes, les avocats de la partie plaignante, Wana Corporate et ceux de la défense des 12 inculpés débattent du fondé de la comparution de ces deux déclarants témoins aux PV de la police judiciaire et dans le rapport de la BNPJ et des conclusions du juge d’instruction.

Les avocats de Wana s’insurgent contre la demande des défendeurs quant à la convocation des deux témoins. Ils soulignent l’imprécision de la demande en termes de qualité et d’opportunité. Pour eux une chose est claire: Rachid Sefrioui n’a pas la qualité de représenter Wana Corporate. Le seul habilité à le faire est Moulay Hicham Cherkaoui, le représentant juridique.

A ceci, M.Mahfoud, avocat de la défense rétorque: "Rachid Sefrioui a reçu la convocation du tribunal, il se doit de comparaître. D’autant plus qu’il est à l’origine des poursuites lancées à l’encontre des 12 accusés!". Et M. Lahlou de renchérir: "les accusations sont graves, il faut en vérifier la véracité, d’où l’importance de la comparution des deux déclarants".

La partie plaignante réitère à son tour le non-fondé de ces convocations et va jusqu’à souligner son caractère "bancal". Et là c’est au tour du procureur du roi de prendre la parole, son raisonnement est pour le moins insolite: "une décision de justice se doit d’être respectée même si elle est erronée. Il n’est pas important de savoir en quelle qualité Rachid Sefrioui devrait comparaître. Il est cité dans la procédure, il faut qu’il respecte la convocation. Si une deuxième convocation est décidée par la tribunal, c’est que ce dernier considère que son témoignage est important". Il poursuit son exposé en expliquant: "le tribunal commencera par écouter les inculpés, ensuite les témoins. Le parquet ne voit pas d’inconvénient à écouter les deux déclarants".

Le juge par intérim président de la chambre criminelle du TPI de Casablanca a décidé de convoquer une seconde fois les deux déclarants pour l’audience du 29 septembre.

Rachid Sefrioui occupe actuellement le poste de directeur de la réglementation au sein de Wana Corporate. On le dit même numéro 2 de l’entreprise. C’est un expert des télécommunications.

Avant d’être débauché par Karim Zaz, lorsque ce dernier présidait à la destinée de l’opérateur télécoms, il travaillait au sein de l’Agence nationale de régulation des télécommunications, (ANRT). Rachid Sefroui est à l’origine de la consolidation de la plainte déposée par son employeur.

Selon les rapports de la PJ relativement aux écoutes téléphoniques, de la BNPJ et ensuite du juge d’instruction, il a été auditionné en tant que représentant légal de Wana Corporate. Son témoignage a été décisif dans la poursuite à l’encontre des sociétés incriminées de détournement de trafic international de communication, Siart, Fud Oaud, CBC… Entreprises objets de plaintes de Wana Corporate, suite aux PV des enquêteurs de l’ANRT.

Quant à Houda Rihabe, ses explications devant la BNPJ ont notamment permis l’inculpation de Ahmed Aboubadr. Aujourd’hui, elle est licenciée pour faute grave par Wana Corporate, elle y travaillait dans le département commercial.

Selon les rapports de police, c’est elle qui a permis de relever le caractère frauduleux des factures de la Lydec remises au département B to B, par Ahmed Aboubadr en vue de souscrire pour le compte de la société AH Com aux abonnements BLR.

La prochaine audience marquera le début des auditions des inculpés et la présence certainement des deux déclarants.

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