Un Marocain chrétien auditionné 11 heures par la police

Aucune poursuite n’est engagée contre ce jeune dont le tort était d’avoir deux livres "chrétiens" dans son sac.

Un Marocain chrétien auditionné 11 heures par la police

Le 23 janvier 2015 à 10h24

Modifié 23 janvier 2015 à 10h24

Aucune poursuite n’est engagée contre ce jeune dont le tort était d’avoir deux livres "chrétiens" dans son sac.

Les faits remontent au dimanche 18 janvier, lorsque deux agents des forces de l’ordre ont appréhendé un jeune Marocain originaire de Béni Mellal à la gare ferroviaire de Fès. Ce qui aurait pu ressembler à un simple contrôle de routine s’est transformé, par la suite, en interrogatoire. Un passage par la wilaya de Fès qui aura duré onze bonnes heures.

Le président de la section AMDH de Fès Saïss, Mustapha Jebbour nous raconte les faits : « il était environ 13 h quand les éléments de la police judiciaire ont approché le jeune pour un contrôle. Ils ont commencé par lui demander sa CIN. Une fois qu’ils se sont assurés de l’identité de la personne, ils ont procédé à la fouille de son sac à dos, dans lequel ils ont trouvé un exemplaire de l’évangile et un autre livre qui parle du christianisme. Suite à cela, il a été embarqué à destination de la wilaya de Fès pour un interrogatoire qui ne s’est terminé qu’à minuit, heure à laquelle le jeune mis en cause a été raccompagné à la gare. »

Durant les onze heures qu’a duré l’interpellation, les agents de la police judiciaire ont posé des questions précises et personnelles sur la foi du jeune interrogé, ses relations, ses amitiés, ses déplacements, et la raison de sa venue à Fès.

Aucune procédure judiciaire pour l’instant

Mais M. Jebbour se montre rassurant : « à ce stade, aucune procédure judiciaire n’est entamée. Mais si le parquet décide d’intenter un procès, l’AMDH mobilisera tous ses moyens afin de fournir la protection légale du mis en cause. »

Cette affaire rappelle étrangement celle de Mohamed El Baldi le trentenaire originaire de Taounat, arrêté le 28 août 2013, et condamné le 2 septembre de la même année en première instance, à 30 ans de prison. Il sera ensuite acquitté en appel.

Cette jurisprudence est l’une des rares portes de sortie qui s’offrent aux mis en cause, impliqué dans des affaires en relations avec les croyances.

Il convient dans ce sens de rappeler que l’article 220 du code pénal prévoit des peines d’emprisonnement allant de 6 mois à 3 ans à l’encontre de toute personnes qui « emploie des moyens de séduction dans le but d'ébranler la foi d'un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins, soit en utilisant à ces fins des établissements d'enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats. »

D’ailleurs, concernant l’affaire du jeune de Beni Mellal, il ne tombe pas sous les dispositions de cette loi. « Les déclarations de l’interpelé montrent qu’il a fait le déplacement de Béni Mellal à Fès pour rencontrer des personnes qui ne sont ni des démunis, ni des enfants. On ne peut donc pas parler de prosélytisme » s’indigne le président de la section régionale de l’AMDH.

Avant de conclure : « l’Etat doit mettre en place les bases d’une société laïque, seule alternative pour garantir la liberté de culte et la liberté de conscience. Toutes les croyances doivent faire l’objet du même traitement. »

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