Autoroutes, ports, barrages, solaire, dessalement, CHU: la liste des projets proposés en PPP

Une journée inédite a été organisée lundi 11 mai à Rabat pour la présentation d’une liste consistante de projets pouvant être financés en PPP (partenariat-public-privé).

Autoroutes, ports, barrages, solaire, dessalement, CHU: la liste des projets proposés en PPP

Le 12 mai 2015 à 11h14

Modifié 12 mai 2015 à 11h14

Une journée inédite a été organisée lundi 11 mai à Rabat pour la présentation d’une liste consistante de projets pouvant être financés en PPP (partenariat-public-privé).

Cette conférence a donné un corps concret à la loi sur les PPP en présentant les différents projets du Maroc proposés à des alliances publiques-privées.

Infrastructures: une longue liste des PPP

Le recours au PPP s’impose comme une nécessité dans la mesure où la capacité du Maroc à mobiliser des ressources financières pour ses chantiers d’infrastructures est arrivée à la saturation. Dans ces conditions,  Autoroutes du Maroc (ADM) compte lancer 6 axes routiers en PPP :

L’axe routier Agadir-Guelmim,

–  L’axe routier Safi- El Youssoufia-Marrakech

–  L’axe routier Marrakech-Kelâa des Srghna-Béni Mellal

– L’axe routier Guercif-Nador

– L’axe routier Meknès-Fès –Tétouan-Tanger

– L’axe routier Fès-Taounate-Taza

L’ONCF souhaite conclure des PPP pour :

–  Le développement des lignes à grande vitesses (LGV) notamment les lignes de Casablanca-Marrakech, Rabat-Khemisset-Meknès et Fès-Oujda.

–  Le développement des lignes classiques notamment les lignes Marrakech-Agadir, Khouribga-Béni Mellal et Tétouan-Tanger.

–  La mise à niveau des lignes existantes

– La construction des plateformes logistiques notamment à Tanger et à Fès.

Sur le carnet de la stratégie portuaire 2030, trois grands projets portuaires quasi-prêts à des PPP :

– Le port de Kénitra Atlantique dont les études sont achevées. D’un investissement de 8 Mrds DH, Ce port vraquier permettra de connecter la nouvelle zone industrielle (AFZ) située sur l’axe routier Kénitra et Sidi Yahya.

– Le port de Dakhla Atlantique dont les études seront achevées d’ici 2017.  Ce port a pour but de développer l’activité de la pêche dans la région du Sud.

– Le port de Jorf Lasfar dont les études sont quasi-finalisées. Le lancement de ce projet gazier est prévu en 2017.

Des études seront également lancées pour la réalisation des ports de plaisance destinés à promouvoir le tourisme. Ces projets devrait être, également, effectués dans les cadre des PPP.

De sa part, l’ONDA prévoit, dans le cadre des PPP, de procéder à :

– La réalisation d’un nouvel aéroport à Marrakech

– La réalisation d’un nouvel aéroport de Benslimane

–  L’extension du terminal II de l’aéroport Mohammed V à Casablanca

– L’extension de l'aéroport Fès-Saïss

– L’extension de l’aéroport Marrakech-Menara

Energie et Eau: le PPP une phase transitoire vers la libéralisation du secteur

Nous avons besoin de 35 à 36 milliards de dollars d’investissements électriques, gaziers et miniers pour assurer l’efficacité énergétique a déclaré Abdelkader Amara ministre de l’Energie, des Mines  de l’Eau et de l’Environnement. C’est une enveloppe très lourde qui doit être, indéniablement, mobilisée dans le cadre des PPP , estime-t-il. 

Le département de la tutelle travaille sur la libéralisation du secteur, l’ouverture de la moyenne tension et la mise en place d’une agence de régulation.

Dans le cadre des énergies renouvelables qui sont déjà ouvertes à des PPP, deux projets sont en préparation:

Noor Photovoltaïque 1dont les appels d’offres de préqualification seront lancés au deuxième semestre 2015

Complexe de Midelt. Les appels d’offres de préqualification pour ce projet sont prévus avant la fin de l’année 2015.

Outre les énergies renouvelables, un projet gaz naturel liquéfié (GNL) serait architecturé sur un PPP afin de se doter d’une nouvelle filiale industrielle générant une nouvelle source d’approvisionnement énergétique. Par ailleurs, le Maroc veut devenir un carrefour énergétique à travers la réalisation des interconnexions électriques avec l’Espagne, le Portugal et la Mauritanie, notamment dans le cadre d’un PPP.

Dans la rubrique de l’Eau, Charafat Afilal, ministre déléguée chargée de l’Eau a avancé que le Maroc compte réaliser en PPP:

38 barragesà but multiple hydro-électricité d’ici 2030,

-le projet de transfert des ressources hydriques Nord-Sud

–  le dessalement de l’eau de la mer

L’Agriculture, un cas d’école

Le succès du projet en irrigation de Sebt El Guerdane dans la région de Souss-Massa devrait s’appliquer sur les prochains chantiers d’Agriculture. Ce projet est présenté comme un cas d’école étudié dans les universités américaines, a déclaré Hro Abrou, Directeur général de l’ORMVA Souss-Massa. C’est le premier PPP en irrigation au niveau mondial a-t-il ajouté.

Le projet de Sebt El Guerdane a nécessité un coût d’investissement de 987 MDH dont 24% assuré par l’Etat, 8% par les agriculteurs et 68% par l’acteur privé Amensouss. Le taux de recouvrement de ce projet a atteint 97% alors que celui du rendement est déjà de 99%.

En particulier, la région de Gharb devrait profiter de cette expérience pour concrétiser un PPP en irrigation. Surtout que la région a besoin de 6 MMDH de besoin de financement pour assurer une bonne irrigation. Bien entendu, la petite agriculture doit faire partie du PPP.

Par ailleurs, le  projet de dessalement de l’eau de mer à Chtouka Ait Baha est prêt à un PPP. Les études sont achevées et les appels d’offres pour la pré-qualification sont lancés. 60 sociétés qui ont exprimé leur intérêt pour ce projet dont 10 groupes internationaux, ont été choisis. L’appel d’offres de la qualification du délégataire sera lancé la semaine prochaine.

Le PPP  pour la bonne gouvernance des secteurs sociaux

Le secteur de  la Santé s’apprête également à ouvrir ses chantiers au PPP. Ce choix financier trouve son origine dans un contexte favorable pour la concrétisation des PPP, assure le ministère, notamment avec:

– La mise en application de l’article 31 de la Constitution relatif au droit de l’accès aux soins;

–  La régionalisation avancée;

–  L’élargissement de la couverture médicale à un taux de 62% avec l’AMO et RAMED;

–  La disposition de la carte sanitaire;

– L’ouverture des capitaux au non-médecins ;

–  Le développement de la formation privée médicale et paramédicale.

Le secteur de la santé compte procéder à des PPP dans le domaine des prestations sanitaires et investissements sanitaires. Les projets proposés pour la forme des PPP sont articulés autour de 3 axes majeurs :

1.       Création et reconstruction des structures sanitaires :

– Création d’un CHU à Laâyoune et à Béni Mellal

– Création d’un Centre national de cardiologie, de chirurgie, cardiovasculaire, de transplantation cardiaque à Rabat.

– Reconstruction de l’hôpital de psychiatrie à Berrechid

– Reconstruction de l’Institut Pasteur au Maroc

 

2.       Mise à niveau de structure de santé :

– Modernisation des bâtiments et mise aux normes des équipements des établissements de santé d’une région sanitaire.

 

3.       Développement des NTIC en santé :

– Informatisation et numérisation des hôpitaux publics

–  Mise en place du dossier médical partagé.

Pour sa part, le secteur de l’Enseignement supérieur souhaite développer la formation, la recherche scientifique, la vie estudiantine et la gouvernance du secteur dans le cadre des PPP. L’objectif étant de faire du Maroc un hub régional à travers un partenariat triangulaire «Europe-Maroc-Afrique».

Dans ce cadre, le ministère de l’Enseignement supérieur dispose d’un portefeuille de 23 projets PPP. Ces projets concernent, entre autres, la création ou l’extension des universités, la création des centres de formation supérieure, des bibliothèques, des centres médicaux pour les étudiants universitaires, des cités de résidence universitaires et des centres de loisirs.

Actuellement, 3 projets de PPP sont prioritaires à se concrétiser à savoir :

– Une résidence universitaire à Fès ;

– Une faculté de Médecine à Agadir ;

– Extension de l’Université Caddi Ayyad.

Vision de la Banque Mondiale et de la BEI

Vickram Cuttaree, Représentant de la Banque mondiale, s’exprimant en marge de cette conférence a déclaré que le Maroc dispose de plusieurs atout pour réussir les PPP à savoir :

– Un cadre légal revu ;

– Une capacité institutionnelle ;

– Une expérience réussie en PPP ;

– Une vision stratégique en PPP

Vickram Cuttaree, a ajouté que les critères de choix de la Banque mondiale des PPP sont trois :

1. Apport de l’Etat : le PPP doit être un projet prioritaire pour le gouvernement ;

2. Apport du privé : le PPP doit justifier le rôle stratégique de l’acteur privé dans le projet ;

3. Apport financier : le montant d’investissement doit comprendre les garanties et les risques pour l’Etat.

Sur ce sujet, Aurélien Boyer, représentante de la Société financière Internationale (SFI) a précisé: «Ce qui fait la différence dans la sélection du PPP est l’étude de faisabilité. La préparation préliminaire du projet allant des opportunités aux risques est indispensable. En effet, c’est le risque qui détermine en grande partie le cout du projet». Dans ce sens, la SFI accorde, désormais, des lignes de facilités de préparation de projet en partenariat avec la commission européenne et la BERD.

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