Cosumar. En deux ans, la production de sucre a bondi de 31%

L’industriel du sucre, désormais dans le giron de Wilmar, s’attend à une bonne récolte cette année. Il va poursuivre sa stratégie de transformation sur place du sucre brut importé et se développer vers l’international. Abdelhamid Chafai El Alaoui, directeur de coordination de l’amont agricole, technique et de la communication, répond aux questions de Médias 24.

Cosumar. En deux ans, la production de sucre a bondi de 31%

Le 15 mai 2015 à 17h29

Modifié 15 mai 2015 à 17h29

L’industriel du sucre, désormais dans le giron de Wilmar, s’attend à une bonne récolte cette année. Il va poursuivre sa stratégie de transformation sur place du sucre brut importé et se développer vers l’international. Abdelhamid Chafai El Alaoui, directeur de coordination de l’amont agricole, technique et de la communication, répond aux questions de Médias 24.

Après avoir modernisé son identité visuelle, Cosumar, unique opérateur sucrier du Maroc, revient pour Médias 24 sur les grands axes de sa nouvelle stratégie de développement.

Abdelhamid Chafai El Alaoui, directeur de coordination de l’amont agricole, technique et de la communication déclare que son groupe va consolider sa position d’acteur agro-industriel stratégique et s’ouvrir davantage à l’international.

Médias 24 : Que comptez vous concrètement changer dans votre approche marketing ?

Abdelhamid Chafai El Alaoui: Celle-ci vient après une importante étape de restructurationde la filière sucrière marocaine.

En 2008, la Fédération Interprofessionnelle Marocaine du Sucre (Fimasucre) appuyée par l’Etata engagé un important plan de développement et de mise à niveau de la filière sucrière sur la période 2008-2013.

Les mesures prises ont amélioré la productivité en termes de rendement des plantes sucrières qui ont atteint 10,4 tonnes de sucre à l'hectare contre moins de 7 avant 2006. Grâce à cette amélioration, l’accroissement des revenus des partenaires agriculteurs a été de plus de 25%.

Une augmentation rendue possible grâce aux 30 MDH annuels d’investissements au niveau de l’amont agricole, ayant entrainé la généralisation des semences mono-germe (100% contre 1% en 2008), la mécanisation des semis à 94%, et la mécanisation des traitements à hauteur de 70%.

Cosumar en tant qu’agrégateur auprès de 80.000 partenaires agriculteurs garantit un accompagnement technique et financier de ses agrégés en plus de l’achat de la totalité de la récolte au prix arrêté dans le cadre d’un l’accord interprofessionnel.

Sur le plan industriel, Cosumar a réalisé des investissements de 5 MMDH qui ont augmenté les capacités de traitement des sucreries à 5 millions de tonnes de plantes sucrièrespar an.

Ces investissements permettent d'assurer l'approvisionnement régulier du marché et éviter tout risque de pénurie quels que soient les aléas climatiques sur la production nationale.

Les efforts de développement entrepris depuis 2 ans ont fait que la production de betterave a enregistré en 2014 un bond de 51% et la production de sucre une augmentation de 31%, soit 478.000 tonnes de sucre qui assure un taux de couverture de 40% des besoins du Maroc en sucre.

Est-il vrai que vous avez acheté des milliers d'hectares en Afrique subsaharienne pour y planter de la canne à sucre ?

Dans le cadre de notre stratégie d'ouverture sur le continent africain, nous avons procédé à l'exploration de plusieurs pistes de diversification géographique puisant dans le fait que le continent importe plus de 6 millions de tonnes de sucre par an.

En plus des possibilités d'exportation, les projets en cours d'étude visent à contribuer à résorber le déficit sucrier des pays africains en sucre à partir de projets intégrés de plantation de canne à sucre.

Hormis le marché national, avez-vous prévu de vous développer davantage à l'international ?

Il faut rappeler que l'arrivée d’actionnaires dans notre capital dont Wilmar, le leader asiatique de l’agro-industrie va encourager les nouvelles ambitions stratégiques de développement du Groupe.

Wilmar International et l’ensemble des investisseurs institutionnels marocains octroient plusieurs atouts à Cosumar dont notamment :

-Diversité et stabilité des actionnaires nationaux et internationaux constituant un appui à Cosumar pour ses nouvelles ambitions stratégiques de développement à l’international;

-Consolidation de la stratégie nationale de développement de l’amont agricole à travers un rôle fort d’agrégateur de la filière et cela afin de garantir au pays un certain niveau d’autosuffisance pour une denrée aussi essentielle et stratégique que le sucre;

-Appui à la stratégie de développement en Afrique et à l’international.

Fort d’une capacité de production de 1,65 million de tonnes par an, nous approvisionnons le marché marocain à hauteur de sa demande qui est de 1,2 million de tonnes dont 40% issue de la production des plantes sucrières au Maroc et 60% de sucre brut importé du Brésil raffiné à Casablanca.

Les extensions futures de nos capacités industrielles suivront l’évolution des superficies allouées à la production des plantes sucrières en tenant compte des nouveaux projets d’aménagement de l’Etat.

Notre capacité actuelle est en dépassement d’environ 400.000 tonnes des besoins du royaume. L’objectif est d’utiliser cette disponibilité à l’export en fonction des opportunités offertes par le marché international, tout en assurant avant tout l’approvisionnement régulier du marché national.

Le sucre brut importé du Brésil sous le régime d'admission temporaire, subit les opérations de raffinage à Casablanca et ne bénéficie d’aucune subvention.

Pourquoi importer du sucre pour le raffiner à Casablanca, cela revient-il moins cher que de le faire au Brésil ? Quelles quantités de sucre brut brésilien avez-vous transformé au Maroc ?

Les disponibilités du sucre sur le marché international sont plus importantes en sucre brut qu’en sucre blanc raffiné.

Le raffinage du sucre brut au Maroc crée de la valeur ajoutée locale en plus des gains en devises et des retombées socio-économiques sur l’ensemble de l’écosystème.

Le modèle de production du sucre au Maroc basé sur trois métiers différents (sucre de betterave, sucre de canne et raffinage) constitue un atout permettant de faire face aux aléas climatiques et d’assurer un approvisionnement régulier du marché en sucre.

Selon la production agricole, la raffinerie assure le raffinage d’environ 800.000 tonnes de sucre par an.

Quid de la récolte record annoncée pour 2015 et de l’avenir de la filière ?

Les précipitations enregistrées au niveau de l’ensemble des périmètres sucriers et les conditions climatiques à ce jour présagent une bonne campagne agricole avec des niveaux de production de sucre estimés à environ 500.000 tonnes.

Le système réglementaire du Maroc garantit un prix constant à l’agriculteur même en cas d’abondance de la production et institue aussi un prix réglementé à la mise à la consommation.

L’objectif de la profession et des partenaires de la filièreest d'étendre la superficie plantée de la betterave à sucre à 66.500 ha et à plus de 20.000 hectares pour la canne à sucre à l’horizon 2020.

Rappelons qu’actuellement le total des superficies plantées est de 60.000 hectares : 55.000 betteraves et 5000 cannes à sucre.

Cosumar veut aussi améliorer les taux de productivité du sucre à l'hectare qui devrait atteindre 12 T/ha en 2016 et le taux de couverture des besoins de 55% en 2020 contre 40% actuellement.

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