Elections régionales de Casablanca-Settat: notre carte interactive

Le conseil régional de Casablanca-Settat sera composé de 75 élus au suffrage direct. Fort de leur légitimité issue des urnes, les grands électeurs éliront à leur tour le président du conseil. Les candidats favoris sont déjà approuvés à Rabat mais sans les urnes, ils n'iront pas loin.  

Elections régionales de Casablanca-Settat: notre carte interactive

Le 28 août 2015 à 17h01

Modifié 28 août 2015 à 17h01

Le conseil régional de Casablanca-Settat sera composé de 75 élus au suffrage direct. Fort de leur légitimité issue des urnes, les grands électeurs éliront à leur tour le président du conseil. Les candidats favoris sont déjà approuvés à Rabat mais sans les urnes, ils n'iront pas loin.  

Cette carte sera complétée au fur et à mesure de l'obtention des noms des têtes de listes de la part des partis politiques.

La présidence des premiers conseils régionaux a une valeur symbolique et historique. C’est la première expérience de la régionalisation avancée dont la pus grande nouveauté est l’émergence, supposée, d’une gouvernance intégrée. Le président du conseil en tirera ainsi un prestige accentué par les quelques compétences que lui reconnaît la loi et par la gestion des attributions transférées par l’Etat.

Etre président, dans ce contexte, est donc, d’abord une question d’égo et ensuite une épreuve de force politique.

De l’autre côté de la barre, la présidence de la région et sa majorité au conseil doivent refléter la discipline politique souhaitée par Rabat et, plus encore, coller à la lettre aux stratégies de développement toujours prédéfinies par l’Etat central. Le choix des hommes a donc toute sa signification.

Les partis en compétition connaissent parfaitement cette partition de la démocratie marocaine. Certains disposent de noms bénis, ou adoubés alors que d’autres avancent à l’aveuglette.

Les bénis de Rabat

Il faut dire les choses comme elles sont. Entre un Mustapha Bakkoury du PAM et un autre candidat inconnu, bien qu’il soit compétent, le choix de Rabat est vite fait. Et la question à se poser est celle de savoir combien de partis en lice sont capables d’aligner une écurie de têtes de liste ayant «l’aval» réel ou présumé de Rabat?

Restons à Casablanca pour l’intérêt que lui a manifesté le Roi lors de l’un de ses discours historiques. Et précisons d’emblée qu’il n’est pas question que le président du conseil soit désigné par le Palais. Ce sont les grands électeurs qui décideront. Ils le feront sur la base d’un filtrage réalisé en amont auprès des états-majors des partis politiques et par le jeu des alliances.

Les listes des régionales sont un signal aussi bien pour Rabat que pour les grands électeurs. Le cas de Mohamed Sajid est parlant.

Le maire sortant est parmi les favoris dans la région de Casablanca-Settat. Les observateurs lui reconnaissent une intelligence politique hors pair, et un penchant assez politicien pour les compromis. Pour Rabat, il reflète l’expérience du terrain, il est pratiquement l’un des rares candidats qui maîtrisent les chiffres réels de la région, sa profondeur ainsi que ses limites. Il a la capacité de fédérer et de former une majorité qui, bien qu’elle soit fragile, lui confère une certaine marge d’action. 

En revanche, pour les grands électeurs qui savent lire dans le jeu politique, n’est pas président ou secrétaire général de parti celui qui veut. Certes, ce sont les congrès des formations politiques qui décident, mais tout en tenant compte de l’œil approbateur de Rabat. La prise de contrôle de Mohamed Sajid au sein de l’Union Constitutionnelle (UC) met fin, ou met en berne pour l’instant, les rumeurs faisant du maire sortant l’homme à abattre désigné par Rabat.

RNI: Moncef Belkhayat ou Chafik Benkirane

Le parti du Rassemblement National des Indépendants est connu pour sa capacité à graviter hors du navire central. Il vit, ou vivra après le 4 septembre, un dilemme: qui des deux hommes prétendants à la présidence de la région aura l’appui de la machine RNI?

Chafik Benkirane est connu dans les couloirs du ministère de l’intérieur et plus généralement à Rabat. C’est le président sortant de la défunte région du Grand Casablanca. Lui aussi maîtrise les chiffres et sait s’entourer d’une majorité plus ou moins confortable. Mais il n’est pas assez fou ou assez «culotté» pour monter au créneau pour défendre l’idée de la candidature de Casablanca aux Jeux olympiques. Pourtant, il est mouillé par l’audace de son confrère Moncef Belkhyat porteur du projet des olympiades.

«Khoukom» Belkhayat a fait un choix de stratégie de communication qu’il assume. Croire qu’il ne pèse pas ses mots, c’est méconnaître la capacité de vente qui l’anime. Considéré proche de l’entourage royal, par son expérience au sein du Fus de Rabat et sa désignation à la tête du ministère de la Jeunesse et des sports, Moncef Benkhayat joue sur la corde sensible du Maroc: la grandeur, l'ambition et l’apparat. Il sait que le projet des jeux olympiques est porté par des nations et non pas seulement par des villes, que ces dernières s’appellent Londres, Paris ou Pékin.

L’homme parie ainsi sur sa capacité à vendre le projet à Rabat. Le pourra t-il? C’est une possibilité à prendre en compte. N’oublions pas le goût du Royaume à pousser ses limites jusqu’à concourir pour l’organisation de la coupe du monde sans aucune infrastructure prête à l’emploi. Même décor pour la candidature de la ville de Tanger pour l’organisation de l’exposition universelle. Si Rabat adopte le projet de Belkhayat, ce dernier sera l’homme de la «providence». Encore faut-il qu’il évince Mustapha Bakoury, le candidat attitré du PAM.

Le rêve presque impossible de l’Istiqlal

Alors que les listes du PJD et de l’USFP n’accrochent pas en mettant en exergue des noms connus, l’Istiqlal excelle dans ce jeu. Sa force a toujours été de vendre "l’image" de grands managers publics. Sa liste pour les régionales de Casablanca aligne deux noms testés à Rabat. Fouad Douiri qui a été ministre des mines et Karim Ghallab qui a battu le record de longévité aux départements des transports et de l’équipement. Il a aussi à son tableau de chasse la présidence de la première Chambre du Parlement, un poste hautement stratégique et dont le détenteur siège, selon la Constitution, au conseil de régence.

C’est dire que pour l’homme, abstraction faite de son bilan très moyen et de ses compétences avérées ou supposées, sa candidature à la présidence de la région passe comme une lettre à la poste. La seule faiblesse qui risque de miner ses espérances réside dans le recul notable du parti au niveau de Casablanca.

En effet, ce que le Palais souhaite ne peut se concrétiser que si le parti du candidat se mouille dans la bataille pour renforcer sa base électorale.  Les élections aux régionales ne peuvent prétendre à la légitimité « démocratique » souhaitée par le Palais que si le peuple dit son mot. Et heureusement pour les concepteurs de Rabat, les favoris sont soutenus par des machines électorales implacables. Quant aux programmes, cela c’est une autre histoire.


PAM: Bakkoury, évidemment

La priorité du PAM pour les prochaines élections, c'est clairement la présidence de la région de Casablanca-Settat puisque le secrétaire général du parti est candidat (à Mohammédia). En plus de Bakkoury, 6 poids lourds du parti sont têtes de liste dans la région. C'est dire l'importance du projet de conquête.

Bakkoury est un homme respecté de tous, y compris ses adversaires. Il a une expérience consistante de gestionnaire et sa vision pour la région Casablanca-Settat tient la route. Il fait figure de favori.

 

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