Bab Sebta: bousculades et 3 fermetures en une semaine

Par trois fois cette semaine, les autorités marocaines et espagnoles ont décidé la fermeture du poste-frontière. Le florissant commerce de contrebande devient incontrôlable.  

Bab Sebta: bousculades et 3 fermetures en une semaine

Le 30 décembre 2015 à 12h48

Modifié 11 avril 2021 à 2h37

Par trois fois cette semaine, les autorités marocaines et espagnoles ont décidé la fermeture du poste-frontière. Le florissant commerce de contrebande devient incontrôlable.  

Samedi 26 décembre, puis à nouveau hier mardi et ce mercredi 30 décembre matin, les autorités marocaines et espagnoles ont provisoirement fermé le poste-frontière pour contrôler les flux de voyageurs et de passeurs de marchandises. Tant du côté de Fnideq que du côté de Sebta, les files de voitures ont dépassé les trois kilomètres dans les deux sens.

Les prix des produits alimentaires, de divers produits domestiques et des boissons alcoolisées étant sensiblement plus bas à Sebta que de l’autre côté de la frontière, le commerce de contrebande est florissant. Ainsi, une canette de bière de bière San Miguel au supermarché y coûte moins de 5 DH et une bouteille de vodka absolut moins de 100 DH.

Flux, attente et tensions en hausse

Estimé à environ 20.000 passages par jour en 2014 par des sources douanières, le flux quotidien des passeurs a cru de 25 à 50% selon les jours en 2015 selon les estimations de commerçants. Outre la marchandise importée directement de Sebta pour être revendue dans toutes les villes du Maroc, des groupements de commerçants marocains se sont formés à Tétouan et à Fnideq pour importer directement d’Europe et de Chine sur le port de Sebta. De là, les marchandises sont ensuite passées clandestinement vers le Maroc. Des plate-formes de redistribution existent à Fnideq, Tétouan, Ksar El Kébir, Tanger et Casablanca. Elles ont pignon sur rue mais malgré les discours, les autorités semblent impuissantes à en limiter l’expansion. Plusieurs de ces réseaux sont soupçonnés contribuer au blanchiment des revenus de l’argent du trafic de drogue. La résine de cannabis est exportée du Rif et une partie de l’argent y revient sous forme de marchandises de contrebande, ensuite revendues sur les marchés et dans les supérettes du royaume.

A Sebta des élus s’inquiètent de l’ampleur de ces trafics. Tolérés au départ pour "compenser" du déficit d’opportunités économiques dans le Nord marocain, le commerce de contrebande s’est institutionnalisé pour devenir un pilier incontournable de l’équation économique et politique régionale. A cela s’ajoute le trafic de drogue et les réseaux de passeurs pour émigrés et migrants clandestins depuis plus de 20 ans.

Semi-esclavagisme

L’aitre aspect qui commence à mobiliser la société civile de Sebta est tout simplement le fait selon l’élu Emilio Carreira "des personnes soient utilisées comme bêtes de charge". De fait, une situation de semi-esclavagisme règne à Bab Sebta au vu et au su de tous les voyageurs et observateurs. "Ces conditions infrahumaines doivent disparaître" a souligné Carreira dans des déclarations à la presse de l’enclave cette semaine.

Selon un autre élu local, Mohamed Ali, "la contrebande crée des problèmes de sécurité publique ; il faut que cela cesse". Les élus locaux de Sebta s’inquiètent notamment du fait qu’avec la fermeture de la frontière, des résidents de l’enclave restent bloqués du côté de Fnideq "et ne peuvent rentrer chez eux".

Pour Rabat, l’Agence du Nord et le Conseil régional, les alternatives à l’économie de contrebande et de culture du cannabis dans les provinces de Tétouan, Chaouen, Larache et Al Hoceima restent à définir de manière plus précise et plus efficace.

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