Un cafouillage gouvernemental bloque les importations de ferraille

Une fronde sur les réseaux sociaux, et hop, on légifère. C’est en gros ce qui s’est passé début juillet. L’émotion collective réelle provoquée par l’importation de produits RDF pour un cimentier, a provoqué le 14 juillet l’interdiction pure et simple de l’importation de “déchets“.  

Un cafouillage gouvernemental bloque les importations de ferraille

Le 1 août 2016 à 20h34

Modifié 1 août 2016 à 20h34

Une fronde sur les réseaux sociaux, et hop, on légifère. C’est en gros ce qui s’est passé début juillet. L’émotion collective réelle provoquée par l’importation de produits RDF pour un cimentier, a provoqué le 14 juillet l’interdiction pure et simple de l’importation de “déchets“.  

L’importation de “déchets“ avait été le sujet central du Conseil de gouvernement de ce jeudi 14 juillet. Et la décision d’interdiction également.

Le gouvernement avait voulu éteindre l’incendie, sachant que le ministère de l’Environnement n’avait su ni réagir, ni communiquer sur la question.

Depuis ce 14 juillet, toute importation qui a l’apparence d’un “déchet“ est refusée. Pas seulement les RDF. Ces importations sont soumises au double visa de l’Intérieur et de l’Environnement, nous explique David Tolédano, président de la Fédération des industries des matériaux de construction.

“Le problème se pose essentiellement pour la sidérurgie, qui a besoin d’importer de la ferraille et pour les cimenteries, qui auraient pu utiliser des pneus déchiquetés“, explique-t-il.

Un bateau transportant une cargaison de pneus déchiquetés vient d’être refoulé, nous apprend notre interlocuteur. Si la situation persiste, les cimentiers vont revenir au petcoke (coke de pétrole), un produit très polluant et cher.

“C’est le Maroc qui sera perdant“, estime un cimentier que nous avons contacté. “A tous les niveaux: environnement, fiscalité, devises, manque à gagner économique…“.

L’émotion retombée, le débat peut reprendre sans passion ou avec moins de passion. L’utilisation du mot “déchets“ plutôt que produits RDF (refuse derived fuel en anglais, combustible dérivé des déchets en français)a suscité un réflexe émotionnel fort, légitime, mais injustifié. Au fond, ce sont des produits recyclés et il est dans l’intérêt du Maroc de créer une véritable industrie dite circulaire: pollution réduite, économies en devises, intérêt économique…

M. Tolédano estime que si ce blocage qui touche tous les produits et pas seulement les RDF persiste, le manque à gagner s’élèvera à plusieurs dizaines de millions de DH pour les cimentiers.

Au cours du Conseil de gouvernement du 28 juillet, la question est de nouveau revenue sur la table. Contacté par Médias24, Mostafa El Khalfi, ministre de la Communication, nous l’a confirmé: “La décision d’interdiction des importations prise le 14 juillet ne concerne que les RDF“. Donc, l’importation d’autres produits comme la ferraille ou les pneus déchiquetés est autorisée.

Au ministère de l’Environnement et jusqu’à ce lundi 1er aout, les professionnels se voyaient toujours opposer un refus à leurs demandes d’importations de produits non RDF. La raison en est l’absence de texte ou de document au sujet de cette non interdiction. Il est vrai que le communiqué officiel du Conseil de gouvernement est resté muet sur cette question.

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