Reportage. Les “salafistes éclairés“ de l’Istiqlal en campagne à Tanger

La tête de liste de l’Istiqlal pour Tanger-Asilah, Hicham Temsamani Jad et son numéro 3 Samir Benabdallah ont passé les dernières heures de la campagne électorale à sillonner les marchés de la ville et à tenir des petites réunions avec leurs sympathisants. Leur slogan: “L’Istiqlal, un engagement pour la dignité“.

Reportage. Les “salafistes éclairés“ de l’Istiqlal en campagne à Tanger

Le 6 octobre 2016 à 18h15

Modifié 11 avril 2021 à 1h04

La tête de liste de l’Istiqlal pour Tanger-Asilah, Hicham Temsamani Jad et son numéro 3 Samir Benabdallah ont passé les dernières heures de la campagne électorale à sillonner les marchés de la ville et à tenir des petites réunions avec leurs sympathisants. Leur slogan: “L’Istiqlal, un engagement pour la dignité“.

Debout devant le marché de Mesnana, Hicham Temsamani Jad et Samir Benabdallah  qui se revendiquent «salafistes éclairés» sont accompagnés d’une trentaine de leurs supporters. Ils distribuent quelques tracts et  surtout des sacs «zéro mika» siglés Istiqlal signale un partisan. Mais ce n’est pas la seule innovation du parti de l’Istiqlal à Tanger au cours de cette campagne.

Innovations et révisions

Le parti de Allal El Fassi, autre leader salafiste, a recruté un jeune salafiste de 45 ans pour mener sa liste ici. Investi dans les derniers jours du délai de dépôt des candidatures, Hicham Temsamani Jad  se présente comme le dirigeant d’un centre de recherches et commerçant. Barbe courte, vêtu d’un kamis, regard souriant et voix douce, le jeune Temsamani est ce jeudi de sortie avec le numéro 3 de sa liste, Samir Benabdallah, 48 ans.

Celui-ci,  imam en Europe, a notamment été emprisonné pendant plus de deux ans en Espagne au lendemain des attentats de Madrid de mars 2004 avant d’être innocenté. «Notre participation politique  démontre que nous pouvons opérer des révisions, souligne-t-il; les erreurs ne sont pas éternelles».

Benabdallah porte aujourd’hui une barbe courte, une cravate Armani sur une chemise à rayures et un blue-jeans. L’Istiqlal était traditionnellement tenu à Tanger depuis les années 1980 par des notables et des hommes d’affaires rifains.

«Aujourd’hui, nous avons fait les marchés de Dradeb et de Mesnana, puis nous allons chez une sympathisante au Charf» indique M. Benabdellah tandis qu’une caravane d’une dizaine de voitures se dirige à présent vers la colline qui domine la baie de Tanger. «Notre discours tient en deux points principaux, précise le jeune imam: nous critiquons le bilan du gouvernement et les objectifs non atteints, et nous rappelons aux citoyens que le parti de l’Istiqlal, avant de devenir une force politique, était d’abord un courant salafiste nationaliste dès les années 1940».  

Pour Benabdallah, «l’Istiqlal, ces dernières années, s’est trop occupé de politique et pas assez de salafisme éclairé».

Travail caritatif

«Notre discours, précise Hicham Temsamani Jad, n’attaque ni le PAM ni le PJD, ni aucune autre force politique. Nous mettons en avant nos valeurs et nos principes d’action».

Mais ces arguments seront-ils suffisants pour obtenir un siège? Temsamani est affirmatif. «A travers cette campagne, je pense capitaliser sur le travail caritatif que j’effectue depuis des années auprès des Tangérois».

Samir Benabdallah se montre également optimiste: «Des électeurs qui disent avoir reçu de l’argent d’autres partis nous disent également qu’ils voteront pour nous» dévoile-t-il avant de poursuivre: «Que Dieu donne une aube nouvelle à Tanger».

Sur les cinq sièges en jeu sur Tanger-Asilah, «l’Istiqlal aura réussi son pari s’il remporte un siège» précise S. Benabdallah. A la veille du scrutin du 7 octobre, les pronostics locaux donnent deux à trois sièges pour le PJD, un siège au PAM et un siège à l’Istiqlal. A moins que le candidat et ancien notable de l’Union constitutionnelle Mohamed Zemmouri ne soit reconduit.

Pour cette tournée des marchés et des quartiers de Tanger, l’Istiqlal ayant privilégié cette année les petites réunions d’une cinquantaine de personnes aux domiciles de sympathisants, les candidats istiqlaliens sont accompagnés de Mohamed Chabat, frère de Hamid et résident à Tanger depuis plus de 35 ans.

«Nous continuons de transformer le parti à Tanger, indique-t-il; nous renouvelons nos cadres et bâtissons un nouveau siège régional dans le quartier de Branès». «Cette campagne électorale à Tanger aura au final coûté moins de 500.000 DH» répond-il à une question sur le financement. Pour obtenir un siège, il aura besoin de 7.000 à 8.000 voix vendredi soir.

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