Trump commence à nommer ses hommes forts

Trump commence à nommer ses hommes forts

Le 13 novembre 2016 à 23h01

Modifié le 11 avril 2021 à 2h38

Le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé dimanche la nomination de ses hommes forts, dont le chef du parti républicain, et promis d'expulser jusqu'à 3 millions d'immigrés clandestins, semblant rompre avec la modération affichée depuis son élection.  

Donald Trump a nommé le président du parti républicain, Reince Priebus, comme secrétaire général de la Maison-Blanche, où il orchestrera toute l’administration du nouveau dirigeant populiste et servira de lien avec les élus et le parti, sorti divisé de la campagne.

Mais il s’est aussi adjoint, et l’a présenté sur un pied d’égalité, un "haut conseiller et chef de la stratégie" en la personne de Stephen Bannon, le directeur général de campagne de M.Trump et chef du site d’informations ultraconservateur Breitbart News.

Dans le communiqué annonçant sa nomination dimanche, M. Priebus indique qu’il va "travailler à créer une économie qui marche pour tout le monde, à sécuriser nos frontières, à abroger et remplacer (la réforme de l’assurance santé) Obamacare et à détruire le terrorisme radical islamique".

Le futur chef d’orchestre de la Maison-Blanche adopte ainsi une ligne plus dure sur la réforme de l’assurance santé Obamacare – qui a permis à 22 millions d’Américains supplémentaires d’avoir une couverture médicale – alors que Donald Trump avait suggéré dans deux interviews qu’elle serait amendée et non entièrement abrogée.

Le New York Times (NYT) a publié une liste des favoris aux différents postes clés, dont un certain John Bolton, cité comme secrétaire à la Défense. En 2005-2006, M. Bolton était ambassadeur américain à l’ONU sous l’administration George W. Bush et avait à ce titre adopté des positions extrêmes anti-marocaines sur le dossier du Sahara.

Voici les cinq noms cités par le NYT pour ce poste stratégique:

-John R. Bolton Ancien ambassadeur des États-Unis à l’ONU sous George W. Bush.

-Bob Corker Sénateur du Tennessee et président du Comité des relations étrangères du Sénat.

-Newt Gingrich Ancien président de la Chambre des représentants.

-Zalmay Khalilzad Ancien ambassadeur américain en Afghanistan.

-Stanley A. McChrystal Ancien commandant militaire en Afghanistan.

Clôtures pour le 'mur'

 

Fidèle à un très controversé vœu de campagne, M. Trump a annoncé, dans un entretien sur CBS, l’expulsion de 2 à 3 millions de personnes, qui sont des "criminels", des personnes ayant des antécédents judiciaires, "qui appartiennent à des gangs" ou sont "des trafiquants de drogue".

M. Trump a aussi réaffirmé qu’il bâtirait bien "un mur" à la frontière avec le Mexique pour limiter l’immigration clandestine, mais qu’il pourra être constitué aussi bien de briques que de "clôtures".

L’ancien chef de la Chambre des représentants, Newt Gingrich, cité au poste de secrétaire d’Etat, a suggéré cette semaine que le mur promis par Trump ne serait probablement pas financé par le Mexique mais qu’il avait été "un super outil de campagne".

L’annonce des expulsions a généré un couac avec la majorité républicaine. Interrogé sur la chaîne CNN, le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan, a assuré que M. Trump ne prévoyait pas de créer des équipes dédiées aux expulsions de clandestins et que la priorité restait la "sécurisation" des frontières.

Ce raté a passablement plombé les efforts de Paul Ryan pour rassurer, lors de cet entretien, sur les intentions du nouveau président.

L’intégralité de l’entretien devait être diffusée dimanche à 19H00 (00H00 GMT).

Trump attaque le New York Times

Autre signe d’une inflexion, la directrice de campagne de M. Trump, Kellyanne Conway, a estimé dimanche qu’il appartenait aux démocrates, et non à M. Trump, de s’adresser aux dizaines de milliers de manifestants qui arpentent les rues depuis l’élection, craignant que cette dernière n’exacerbe les tensions raciales dans le pays.

Dans un tweet samedi, M. Trump avait appelé les Américains à s’unir.

L’organisation américaine de défense des droits civiques SPLC (Southern Poverty Law Center) a recensé sur son site internet 200 incidents à caractère raciste depuis l’élection de Trump mardi dernier.

Des milliers de manifestants ont défilé à New York dimanche, après des dizaines de milliers samedi, à New York comme à Los Angeles, et plusieurs milliers à Chicago.

Épingle à nourrice à la poitrine, devenue symbole de soutien aux minorités attaquées par le candidat républicain pendant la campagne, ils expriment leurs craintes d’une poussée de xénophobie dans tout le pays.

Autre signe d’un retour aux antiennes de la campagne, à la ligne complotiste en l’occurrence, Kellyanne Conway a laissé entendre dimanche que beaucoup des manifestants étaient "payés" par les démocrates pour défiler.

Le président élu des États-Unis s’est abondamment exprimé dimanche sur Twitter malgré sa promesse d’utiliser plus modérément les réseaux sociaux, pour y critiquer notamment le New York Times, qu’il juge "malhonnête".

Dans l’entretien à CBS, M. Trump explique qu’il continuera à communiquer sur le réseau social, qui l’a "aidé" à remporter l’élection, mais plus modérément que pendant la campagne.

Enfermé dans sa tour éponyme à New Tork pendant tout le week-end, le président élu a reçu "beaucoup de visiteurs", selon Mme Conway.

 

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