L’expulsion de centaines de migrants subsahariens par l’Algérie suscite l’indignation générale

L’expulsion de centaines de migrants subsahariens par l’Algérie suscite l’indignation générale

Le 10 décembre 2016 à 17h21

Modifié le 11 avril 2021 à 2h39

Les expulsions massives de migrants subsahariens de la part de l’Algérie sont dénoncées par des organisations de droits humains et font les gros titres de la presse internationale.

Depuis une semaine environ, au moins 1.400 migrants ont été transportés vers le sud du pays avant leur expulsion à travers le désert saharien.

Aucune explication ni raison officielle n’a été avancée, sauf des justifications de différentes sources, prenant parfois l’allure d’une déclaration raciste comme nous allons le voir ci-dessous.

France 24, grâce à son réseau d’observateurs, raconte que “sur leur lieu de travail, dans la rue, à leur domicile, les arrestations de migrants subsahariens à Alger ont rapidement pris des allures de rafle. Cette opération, menée par les forces de l’ordre algériennes, a débuté jeudi 1er décembre et se poursuit cette semaine, racontent nos observateurs. La Ligue algérienne des droits de l’homme estime qu’environ 1.400 étrangers ont été arrêtés“.

Plusieurs sources crédibles rapportent que les migrants en situation régulière n’ont pas été épargnés et sont également concernés.

"C’est une chasse à l’homme noir", indique la chaîne internationale "France 24".

La présidente du Croissant-Rouge algérien, Saida Benhabylès, citée par France 24, s'est exprimée au nom des autorités algériennes mercredi 7 décembre. Elle a déclaré à El Moudjahid que les pouvoirs publics ont décidé de "transférer les migrants dans le Sud où les conditions d'accueil sont meilleures", "vu la promiscuité qu'il y a dans la capitale " et que cette promiscuité "pose des problèmes d'ordre sécuritaire". Cette justification s’est avérée infondée, puisque le transfert vers le sud a été suivi d’expulsions du territoire algérien.

Farouk Ksentini, avocat algérien et président de la très officielle "Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme", a provoqué une large indignation en déclarant à un journal algérien que "la présence des migrants et des réfugiés africains dans plusieurs localités du pays peut causer des problèmes aux Algériens", en exposant notamment les Algériens "au risque de la propagation du sida, ainsi que d’autres maladies sexuellement transmissibles".
La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) a dénoncé l’arrestation "musclée" des centaines de migrants subsahariens en perspective de leur expulsion.
L’ONG estime à 1.400 le nombre de migrants subsahariens arrêtés dans la capitale algérienne en moins d’une semaine et placés dans des camps de rétention à Alger ou emmenés à Tamanrasset (extrême sud) pour leur expulsion.
La Ligue relève également que ces arrestations musclées n’ont pas épargné les étrangers en situation régulière sur le sol algérien et n’ont été suivies d’aucune explication de la part des autorités, déplorant également de voir ces interpellations prendre des allures de "rafle".

Mercredi, une partie a été expulsée vers le Niger et est arrivée à Agadez, alors que d'autres étaient toujours à Tamanrasset où leur situation est très précaire, indique RFI.
"Les migrants envoyés dans un camp à Tamanrasset ont été installés à 25 dans des préfabriqués, dormant sur des matelas, faisant leurs besoins sur du plastique", rapporte la radio, précisant qu'on leur servait un repas par jour: "du riz avec deux bouteilles de lait pour 25. Pas d'eau". "La police nous ordonne de rester à l'intérieur. Si on sort, ils nous tabassent. On nous traite comme des chiens", raconte une migrante, citée par RFI.
La radio affirme en outre que jeudi, les forces de l'ordre ont relâché ces migrants dans la nature, leur disant de se débrouiller.

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