Bourse. Les bons résultats n’ont pas atténué la baisse

La Bourse de Casablanca connaît actuellement une longue période de baisse qui dure depuis plus de 3 mois et qui n’a pas été stoppée par les bons résultats des sociétés cotées. 

Bourse. Les bons résultats n’ont pas atténué la baisse

Le 11 avril 2017 à 17h45

Modifié 11 avril 2021 à 1h08

La Bourse de Casablanca connaît actuellement une longue période de baisse qui dure depuis plus de 3 mois et qui n’a pas été stoppée par les bons résultats des sociétés cotées. 

Depuis le début de l’année, le MASI, principal indice de la Bourse de Casablanca, a perdu 2,92% et retombe à 11.303 points, alors qu’il avait fini l’année précédente à plus de 30% de croissance.

Une tendance baissière qui s’est gravement accentuée durant les dernières semaines suite au dégonflement de la bulle que le marché a connue entre la fin de 2016 et les premiers jours de 2017. Une situation qui n’a pas été améliorée avec la publication des résultats des sociétés cotées, qui ont enregistré, dans l’ensemble, une hausse importante.

Des indices sectoriels en berne 

En tout cas, depuis le 11 janvier dernier et jusqu’à aujourd’hui, soit 3 mois de cotation, le MASI a lâché plus de 12%.

Dans le détail, des secteurs ont été bien plus impactés par la baisse que le MASI. C’est le cas de l’indice sectoriel du BTP et des matériaux de construction qui affiche une correction de presque 19% sur les 3 derniers mois.

La même tendance est notable au niveau des secteurs les plus représenté de la cote casablancaise, comme celui des banques (-13,68%) ou encore des immobilières (-14,15%).

Des actions comme LafargeHolcim Maroc, la Banque Centrale Populaire ou encore Résidences Dar Saada ont perdu durant les trois derniers mois plus de 20% de leur valeur.

Par conséquent, la capitalisation boursière globale de la place casablancaise a fondu pour atteindre 570 milliards de DH, soit une chute de plus de 50 milliards de DH en moins de deux mois. "Cette situation va nous faire rentrer dans un cycle d’incertitude de quelques mois et ce n’est pas ce dont la bourse a besoin pour le moment", prévoit un analyste de la place.

Quelques observateurs et boursicoteurs s’attendaient à une probable reprise après la fin de la période de publication des résultats annuel des sociétés cotées, mais rien de cela n’est arrivé. Et pourtant les performances des sociétés cotées ont été louables, bien que l’économie ait été en panne de croissance en 2016.

De bons résultats mais peu de dividendes

"Les sociétés cotées ont brillé à fin 2016 et ont clôturé l’exercice avec un chiffre d’affaires agrégé en croissance de 4,7% à 229,9 milliards de DH. La masse bénéficiaire a elle aussi connu une amélioration de 12,7% à 28,6 milliards de DH", nous explique une autre source dans un département analyse et recherche d’une banque d’affaires.

Avant d’ajouter que "ce n’est pas parce qu’une entreprise affiche une croissance positive que le cours va automatiquement suivre. Pour la simple raison que le prix affiché a déjà intégré toutes les informations et les signaux positifs par anticipation".

Ce postulat explique donc la hausse incroyable de plusieurs valeurs que nous avons observée entre la fin de l’année dernière et le début de 2017. La bulle que nous avons connu s’explique alors par le fait que, d’un côté les investisseurs ne trouvaient pas une autre alternative plus intéressante que le marché actions et d’un autre une bonne partie de ceux-là anticipaient la publication des bons résultats.

Sauf que les anticipations se sont avérées bien plus ambitieuses que la réelle image du marché. "Le marché a fait sur les deux derniers mois de l’année dernière presque 40% de croissance, alors que la masse bénéficiaire n’a cru que de 12,7%. Il fallait bien que le marché retombe à un moment pour avoir un équilibre", explique notre analyste.

Ceci dit, les publications des résultats ont été, souvent, accompagnées par des baisses. "Les investisseurs ont été déçus par le niveau des dividendes proposés qui n’étaient pas à la hauteur de leur anticipations", estime notre interlocuteur dans la banque d’affaires. En effet, malgré la hausse de la masse de dividendes de 3,3% à 20,9 milliards de DH, le payout a, quant à lui, régressé pour passer de 83,5% en 2015 à 72,6% au titre de l’exercice 2016.

La politique de distribution des dividendes change d’une année à une autre et d’une entreprise à une autre.

Si le niveau du payout ressort en baisse, ceci pourrait s’expliquer par la volonté des entreprises d'investir plus et de profiter de la hausse de la masse bénéficiaire. "Des sociétés cotées ont clairement exprimé dans leurs communications leur souhait de vouloir entamer un cycle d’investissement et aller chercher une croissance durable", explique notre source.

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