Zimbabwe: l’ex-vice-président demande la démission de Mugabe, menacé de destitution

L'ancien vice-président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a joint mardi 21 novembre sa voix à tous ceux qui exigent le départ immédiat de l'obstiné président Robert Mugabe, contre lequel le Parlement doit engager dans la journée une procédure de destitution.  

Zimbabwe: l’ex-vice-président demande la démission de Mugabe, menacé de destitution

Le 21 novembre 2017 à 10h00

Modifié 21 novembre 2017 à 10h00

L'ancien vice-président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a joint mardi 21 novembre sa voix à tous ceux qui exigent le départ immédiat de l'obstiné président Robert Mugabe, contre lequel le Parlement doit engager dans la journée une procédure de destitution.  

Près d'une semaine après le coup de force de l'armée provoqué par son éviction, M. Mnangagwa est sorti du silence pour réclamer à son tour la démission du chef de l'Etat, qui dirige le pays d'une main de fer depuis trente-sept ans.

"J'invite le président Mugabe à tenir compte des appels lancés par le peuple à sa démission de façon à ce que le pays puisse avancer", a déclaré dans un communiqué celui que l'on surnomme le "Crocodile".

Le peuple a "clairement démontré sans violence son insatiable appétit" de changement, a plaidé celui qui fait figure de favori pour assurer la future transition politique.

M. Mnangagwa, 75 ans, a été écarté le 6 novembre, sur l'insistance de la Première dame Grace Mugabe qui lui disputait la succession du chef de l'Etat âgé de 93 ans.

L'éviction de ce fidèle du régime, héros de la lutte de "libération" du Zimbabwe, a provoqué l'intervention de l'armée, qui contrôle le pays depuis la nuit du 14 au 15 novembre.

Depuis, le plus vieux dirigeant en exercice de la planète résiste bec et ongles aux appels à la démission lancés par les militaires, son parti qui l'a lâché et la rue.

Les anciens combattants de la guerre d'indépendance, un des piliers du régime, ont appelé mardi à manifester dès "maintenant" pour précipiter la chute du vieil autocrate.

"Bye bye Robert"

"Toute la population doit abandonner ce qu'elle est en train de faire et se diriger vers le 'Toit bleu'", la résidence de M. Mugabe, a déclaré à l'AFP leur influent chef, Chris Mutsvangwa: "Nous voulons que Mugabe parte immédiatement".

M. Mutsvangwa avait initialement appelé à défiler mercredi 22 novembre.

Sous l'œil bienveillant de l'armée, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà envahi samedi 18 novembre les rues d'Harare et de Bulawayo, deuxième ville du Zimbabwe, dans le sud-ouest, aux cris de "Bye bye Robert" ou "Adieu grand-père".

Des centaines d'étudiants ont également manifesté lundi 20 novembre sur le campus de l'université d'Harare pour exiger son départ.

Dans sa déclaration mardi, Emmerson Mnangagwa, à l'étranger depuis son limogeage, a confirmé qu'il était en contact avec le président Mugabe, ainsi que l'avait révélé lundi soir le chef d'état-major de l'armée, le général Constantino Chiwenga.

"Je peux confirmer que le président m'a invité à rentrer au pays pour une discussion sur les événements politiques en cours dans la nation", a indiqué l'ex-cacique du régime, "je lui ai répondu que je ne rentrerai pas tant que je ne suis pas satisfait des conditions de ma propre sécurité".

Le général Chiwenga a jugé lundi soir "encourageants" les pourparlers entre les deux hommes.

L'armée, qui dément mener un coup d'Etat, essaie d'obtenir en douceur la reddition du chef de l'Etat afin d'éviter les critiques et d'éventuelles menaces d'intervention des pays voisins, où l'aura du "libérateur" Robert Mugabe reste forte.

"Plusieurs garanties ont été données" et le président "a accepté une feuille de route" pour une sortie de crise, a assuré le chef d'état-major sans donner plus de détails.

(Avec AFP)

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