Tunisie: une manifestation LGBT dispersée par la police

Le 27 janvier 2018 à 16h15

Modifié 27 janvier 2018 à 16h15

Des militants LGBT ont été dispersés par la force samedi dans le centre de Tunis par des policiers en civil, après que leur manifestation a été interdite "pour leur sécurité" selon le ministère de l'Intérieur.

Un appel à manifester devant le ministère du Tourisme avait été lancé sous le mot d'ordre "#Sayebni" (Lâche-moi, en arabe tunisien) pour demander l'abrogation de lois "rétrogrades" et la fin de "la criminalisation des libertés sexuelles et de la discrimination contre la femme" notamment.

Mais des militants ont indiqué vendredi soir avoir été informés par le ministère de l'Intérieur que leur manifestation avait été interdite.

"Nous avons eu des renseignements selon lesquels ils allaient être visés", a dit à l'AFP le porte-parole de ce ministère, Khalifa Chibani. Le rassemblement a été interdit "pour leur sécurité et pour préserver l'ordre public", a-t-il assuré, sans plus de détails.

L'appel à manifester, lancé par l'Association des libres penseurs, a été relayé par l'association Shams, qui milite pour la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie.
A l'heure prévue du rassemblement, une dizaine de manifestants, dont l'une portant une pancarte demandant un Etat laïque, ont été éloignés sans heurts par des policiers en civil mobilisés en nombre.

Mais une mêlée s'est produite lorsque des militants LGBT ont dit refuser l'interdiction de manifester et que deux d'entre eux, dont l'ex-Femen Amina Sboui, ont tenté de brandir un drapeau arc-en-ciel.

Les policiers en civil les ont alors dispersés par la force, emmenant Mme Sboui et un autre militant dans un véhicule de police.

Le directeur général de la webradio LGBT "Shams Rad", Bouhdid Belhadi, s'est retrouvé à terre et a dit avoir été blessé au bras, accusant un policier de le lui avoir "tordu".

Les militants LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) sont sortis de l'ombre en Tunisie depuis la révolution de 2011 mais leur condition reste très précaire, du fait d'un rejet social violent et d'une législation hostile – le Code pénal punit de trois ans de prison les pratiques homosexuelles.

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