Au Maroc, un bébé sur 56 meurt pendant ses premiers jours de vie

Les nourrissons des pays pauvres, notamment en Afrique, font encore face à des risques "alarmants" de mort prématurée en comparaison de ceux nés des pays riches, dénonce l'Unicef dans un rapport rendu public mardi 20 février. Le Maroc est également concerné. 

Au Maroc, un bébé sur 56 meurt pendant ses premiers jours de vie

Le 20 février 2018 à 10h41

Modifié 11 avril 2021 à 2h44

Les nourrissons des pays pauvres, notamment en Afrique, font encore face à des risques "alarmants" de mort prématurée en comparaison de ceux nés des pays riches, dénonce l'Unicef dans un rapport rendu public mardi 20 février. Le Maroc est également concerné. 

Alors que la santé des enfants plus âgés s'est améliorée depuis 25 ans, "nous n'avons pas vu de progrès semblables pour les enfants de moins d'un mois" dont 2,6 millions meurent chaque année, affirme Henrietta Fore, directrice générale du Fonds des Nations unies pour l'enfance, dans un communiqué.

"Sachant que la majorité de ces décès pourrait être évitée, nous laissons clairement tomber les bébés les plus pauvres du monde", ajoute-t-elle.

Ainsi, au Japon, un bébé sur 1.000 meurt dans les 28 premiers jours de vie. Au Pakistan, c'est un nouveau-né sur 22, selon les chiffres compilés.

Sur les dix pays les plus à risque, huit se trouvent en Afrique sub-saharienne: Centrafrique (1 sur 24), Somalie, Lesotho, Guinée-Bissau et Soudan du sud (1 sur 26), Côte d'Ivoire (1 sur 27), Mali et Tchad (1 sur 28).

Ce sont des pays où "les femmes enceintes sont le moins susceptibles de recevoir de l'aide" en raison de la pauvreté, des conflits ou d'institutions fragiles, dit le rapport.

En haut du classement, on retrouve les pays les plus avancés en matière de santé et d'éducation: Japon, Islande (1 sur 1.000), Singapour (1 sur 909), Finlande (1 sur 833), Estonie et Slovénie (1 sur 769), Chypre (1 sur 714), Bélarus, Luxembourg, Norvège et Corée du Sud (1 sur 667). En France, 1 bébé sur 416 décède pendant son premier mois de vie.

Le niveau de revenus d'un pays n'est qu'un indicateur dans ces disparités, souligne le rapport.

Le Maroc se trouve parmi les pays ayant un niveau de revenu intermédiaire (tranche inférieure). Le taux de mortalité néonatale s'y établit à 1 sur 56 (17,8 / 1000), 3 fois plus qu'au Sri Lanka.

Au Koweït et aux Etats-Unis, deux des pays à revenus élevés, ce taux est autour de 4 pour 1.000. C'est à peine mieux que plusieurs pays à revenus intermédiaires, comme le Sri Lanka et l'Ukraine où ce taux est autour de cinq pour 1.000.

Les différences sont notables aussi à l'intérieur même d'un pays: les bébés nés dans des familles pauvres ont en moyenne 40% plus de risques de mourir avant un mois.

Le modèle rwandais

Le rapport accompagne le lancement d'une vaste campagne, baptisée "Pour chaque enfant, une chance de vivre", qui a pour objectif d'assurer "l'accès à des soins de santé abordables et de qualité" pour chaque mère et son bébé.

Plus de 80% des décès peuvent être évités grâce à des sages-femmes formées, de l'eau potable, des produits désinfectants, une bonne alimentation, ainsi qu'un allaitement dès la première heure et un contact physique entre la mère et son bébé.

Le manque de personnel de santé compétent est le principal problème des pays pauvres. La Norvège compte ainsi 18 médecins, infirmières ou sages-femmes pour 10.000 habitants en 2018, pour un seul en Somalie.

Les améliorations en matière de santé peuvent être chères alors "il est crucial d'investir l'argent de la bonne façon", assure à l'AFP Willibald Zeck, à la tête du programme mondial maternel et néonatal de l'Unicef.

L'agence onusienne salue notamment le travail du Rwanda, où le taux de mortalité néonatale a diminué de moitié entre 1990 et 2016 (de 41 à 17 pour 1.000).

Le gouvernement "a en effet joué un rôle actif dans la mise en oeuvre d'un régime d'assurance national qui a bénéficié aux mères les plus pauvres et les plus vulnérables", explique-t-elle.

"Ces chiffres témoignent de l'importance de la volonté politique d'investir dans des systèmes de santé solides" qui peut "faire une grande différence, même là où les moyens sont limités", affirme le rapport.

(Avec AFP)

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