Les avocats de Bouachrine organisent leur défense et crient au complot

A dix jours de la première audience, les avocats de Taoufik Bouachrine ont tenu une conférence de presse qui sonne comme une répétition générale de leurs futures plaidoiries. 

Les avocats de Bouachrine organisent leur défense et crient au complot

Le 28 février 2018 à 2h00

Modifié 11 avril 2021 à 2h45

A dix jours de la première audience, les avocats de Taoufik Bouachrine ont tenu une conférence de presse qui sonne comme une répétition générale de leurs futures plaidoiries. 

Une plaidoirie avant l'heure et sur fond de complotisme. C'est ce à quoi se sont livrés, mardi 27 février, les avocats de la défense du journaliste Taoufik Bouachrine, poursuivi dans une lourde affaire de viol et de traite d'êtres humains. On compte 8 victimes présumées et 4 témoins.

Au siège du Parti marocain libéral, à Rabat, Mes Mohamed Ziane et Abdessamad Idrissi ont pris la parole devant une salle bondée de journalistes, énumérant ce qu'ils considèrent comme des lacunes du dossier. A commencer par la comparution, sans passage par l'instruction, de leur client devant la Chambre criminelle près la cour d'appel de Casablanca (8 mars).

"Le parquet n'a pas le droit de renvoyer le dossier directement à l'audience. La loi l'oblige à passer par l'instruction", s'écrie Me Ziane, qui y voit une atteinte aux droits de la défense. Sachant qu'une telle mesure, ajoute-t-il, ne peut se justifier que dans "les cas d'une flagrance" ou "lorsque le dossier est prêt".  Deux conditions qui n'existent pas dans la cas de figure, à en croire l'ancien bâtonnier.

Sur le fond, Me Ziane fustige une poursuite pour "viol en l'absence d'un certificat médical le prouvant". Quant aux vidéos, 50 selon l'accusation, "c'est un mensonge. Elles n'existent pas. Bouachrine a affirmé n'avoir jamais enregistré quelqu'un ni installé de caméra dans son bureau", observe-t-il.  

Mais d'où viennent les caméras? S'il dit ne pas accuser la BNPJ, Me Ziane affirme que "d'autres parties fabriquent des preuves". "La fabrication du dossier" est une expression qui revient constamment dans la bouche de la défense. Me Abdessamad Idrissi rapporte ce que Bouachrine lui a confié lors d'un entretien de deux heures à la prison Ain Borja, où le journaliste est actuellement incarcéré:

"Bouachrine a affirmé qu'il paye la rançon de ses écrits, mais que le dossier dépasse sa personne, que le but est de faire peur aux autres, de faire savoir à toute personne s'exprimant d'une manière qui dérange, qu'on lui sortira un dossier déjà prêt, et s'il ne l'est pas encore, il le sera (sic)".

Autre déclaration prêtée au directeur du quotidien Akhbar Alyaoum: Ce dernier aurait reçu, quelques jours avant son arrestation (23 février), des consignes "afin de cesser de parler de deux personnes: Une personne que l'on voudrait effacer de la vie politique et une autre que l'on voudrait faire émerger", dit Me Idrissi. L'allusion est à peine voilée.

Sur la quarantaine de policiers qui avaient perquisitionné, vendredi 23 février, les locaux du journal, 15 auraient investi le bureau du directeur. Ils y ont saisi un DVR, un disque dur, une grande et une petite caméra.

Interrogé là-dessus, le suspect a alors accusé les agents d'avoir eux-mêmes introduits ces objets, rapporte l'avocat. Selon Me Idrissi, Bouachrine a d'ailleurs "refusé de signer les procès verbaux de saisie de perquisition", insistant sur le fait que le matériel ne lui appartient pas.

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