Le PJD bloque toujours le vote de la Loi-cadre sur l’éducation en commission

Le vote du projet de loi-cadre sur l'éducation reporté pour la troisième fois en trois jours. Le PJD encore à l'origine du blocage.

Le PJD bloque toujours le vote de la Loi-cadre sur l’éducation en commission

Le 3 avril 2019 à 17h54

Modifié 10 avril 2021 à 20h56

Le vote du projet de loi-cadre sur l'éducation reporté pour la troisième fois en trois jours. Le PJD encore à l'origine du blocage.

Prévu pour ce mercredi 3 avril, le vote en commission du projet de loi-cadre a été reporté sine die. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion houleuse, tenue à huis-clos à la Chambre des représentants. Une réunion des chefs de groupes aura lieu ce jeudi autour de Habib Malki président de la Chambre des représentants. Elle décidera de la suite du calendrier. 

C’est le troisième report en trois jours. Le quatrième si on compte celui survenu lors de la session d’automne. En cause, le PJD bloque toujours sur la question de la langue d’enseignement des matières scientifiques et techniques. Initié par le ministère de l’Education, le projet voudrait que ces matières soient enseignées en langue étrangères. Ce que refuse le parti islamiste.

Le 25 mars dernier, les différents groupes parlementaires, y compris celui du PJD, étaient parvenus à un compromis sur cette disposition, ouvrant la voie à la validation du texte. Les parlementaires PJD se sont finalement rétractés.

Si les sources au sein du parti le réfutent, cette volte-face semble faire écho à la demande de Abdelilah Benkirane, ex secrétaire général du parti. Dans une vidéo live diffusée dimanche 31 mars, l’intéressé avait appelé ses co-partisans à s’opposer à la disposition polémique.

Officiellement, le PJD avance l’argument de la vision stratégique. Celle-ci limite l’alternance des langues aux modules et contenus, sans les étendre aux matières. Selon le PJD, le ministère est allé au delà de cette vision en appliquant l’alternance linguistique aux matières scientifiques. Ce que concède le principal concerné, le ministre Amzazi : « Oui, nous voudrions aller plus loin que la vision stratégique. Nous voulons la faire évoluer ».

Pour le ministre, il est question de régler le problème de la fracture linguistique entre l’enseignement supérieur, où ces matières sont actuellement enseignées en français, et les cycles inférieurs où elles sont prodiguées en arabe. Les faits plaident pour lui. Les statistiques démontrent en effet que cette situation favorise l’abandon dans les facultés des sciences.  

Le gouvernement et la Majorité souhaitaient une adoption à l’unanimité après consensus. Grâce au PAM, il aurait été possible de faire passer le texte en commission. Mais la majorité voulait un consensus qui n’existe peut-être pas. 
La questions des langues étrangères renvoie à une ligne de fracture entre les partis et même à l’intérieur de ceux-ci, entre deux visions opposées de l’identité, de la culture et de l’ouverture. Cette ligne distingue deux blocs, différents de ceux qui constituent majorité et opposition.
Si le texte passe la commission de l’éducation il devra affronter la plénière. Et s’il passe la plénière, il atterrira à la commission de l’éducation de la chambre des conseillers présidée par un certain Abdelali Hamieddine. Non, c’est loin d’être fini cette bataille de la langue.

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