Voici les priorités de développement à moyen terme pour le Maroc, selon McKinsey

Un Maroc social, créateur de richesse au niveau des territoires, digital et durable. Telles sont les priorités en matière de modèle de développement que devrait avoir le Royaume, à moyen terme, après la crise du Covid, selon une analyse du cabinet McKinsey.

Voici les priorités de développement à moyen terme pour le Maroc, selon McKinsey

Le 9 juin 2020 à 12h12

Modifié 10 avril 2021 à 22h40

Un Maroc social, créateur de richesse au niveau des territoires, digital et durable. Telles sont les priorités en matière de modèle de développement que devrait avoir le Royaume, à moyen terme, après la crise du Covid, selon une analyse du cabinet McKinsey.

Le cabinet de conseil international a préparé un document intitulé « Perspectives sur les priorités économiques et sociales du Maroc post-Covid », dont Médias24 détient copie.

Cette analyse sur le Maroc est une contribution volontaire de McKinsey qui fait partie d’une série d’analyses et de publications au niveau mondial. Compte tenu de la présence du cabinet dans plusieurs pays et de ses échanges avec un large éventail de parties prenantes, il a pu identifier les grandes tendances mondiales que le Maroc gagnerait à prendre en compte.

« Au-delà du plan de relance à court terme, nécessaire au redémarrage de l’économie, définir l’ambition de développement à moyen et long terme est impératif. La crise révèle et accélère des tendances économiques de fond et déclenche également de nouvelles dynamiques », estime le cabinet qui juge la gestion de la crise par le Maroc très efficace (sur le plan sanitaire et économique).

Les priorités de développement du Maroc à moyen terme (sur les 3 à 5 prochaines années), après la sortie de la crise du Covid, devraient être les suivantes, selon McKinsey :

– Un Maroc social : système de soins de qualité et accessible à tous, école de qualité garantissant l’égalité des chances, inclusion des plus vulnérables dans la société et la croissance.

– Un Maroc créateur de richesse au niveau local et régional : développement des filières au service de la demande locale, de moteurs à l’export intégrés régionalement sur les nouvelles chaines et d’un secteur financier au service d’une économie locale, nationale et régionale.

– Un Maroc digital : transformation digitale de l’Administration au service des citoyens et investisseurs, digitalisation de l’économie et création d’un écosystème technologique, convergence vers une société digitale inclusive.

– Un Maroc durable : Leadership régional en termes d’énergies renouvelables, agriculture durable et gestion optimisée de l’eau, ancrage de l’économie dans le développement durable.

Le pari d’une croissance de 2% à 3% par an, après la crise

Des priorités transverses sont également énumérées : accélérer l’investissement public et privé (climat des affaires), renforcer le capital humain sur les secteurs porteurs, adapter et simplifier la réglementation, restaurer la confiance et promouvoir la culture nationale.

Pour chacune de ces priorités, McKinsey propose une série d’actions à entreprendre.

Le cabinet précise que les choix à court et à moyen terme détermineront la trajectoire des indicateurs socio-économiques du Maroc. Il estime que si les priorités et le plan d’action qu’il suggère sont suivis, l’économie pourrait réaliser une croissance comprise entre 2% et 3% par an, tirée par les investissements publics (santé et éducation), les industries locales et le secteur primaire.

Ces propositions découlent des grandes tendances et ruptures pré et post-Covid, observées au niveau international, ainsi que des risques et opportunités que la situation actuelle pose pour le Maroc.

Les grandes tendances mondiales

5 grandes tendances mondiales sont observées :

– Retour de l’Etat comme agent économique important avec des rôles de planificateur, investisseur, assureur et/ou prêteur pour la gestion de l’après-Covid. Il y a aussi une augmentation des attentes des citoyens quant à la provision de biens publics essentiels par l’Etat, en particulier en termes de santé, d’éducation et d’inclusion sociale, dans un contexte de creusement des inégalités.

– Réallocation durable des dépenses des ménages en faveur des biens de première nécessité, et modification des modes de consommation avec une accélération de l’adoption du commerce en ligne.

– Baisse attendue des échanges de biens au niveau mondial en faveur d’un raccourcissement des chaînes d’approvisionnement et d’une reconfiguration des chaines de valeur industrielles vers plus de résilience et de diversification ; et renforcement de nouveaux secteurs stratégiques (matériel médical, télécommunications…).

 Accélération spectaculaire de l’adoption technologique et digitale par les Etats, les entreprises et les citoyens.

– Croissance de la demande en énergies vertes tirée par la volonté de décarbonisation des pays développés et renforcée par le constat des bénéfices des baisses de pollution enregistrées pendant le confinement ; volonté d’autonomisation énergétique et de mise à profit de la relance pour réaliser la transition énergétique, malgré la baisse des prix pétroliers.

Les défis et les opportunités du Maroc

Voici les risques socio-économiques et les opportunités qu’ils présentent et que le Maroc doit saisir pour réinventer son modèle de développement :

– Une récession économique attendue de 4% à 10% pour la seule année 2020 avec des impacts significatifs à moyen terme sur les comptes publics, le secteur bancaire et la survie des entreprises fragiles : cela constitue une opportunité de refonte du modèle économique en capitalisant sur l’élan d’unité nationale actuel (renforcement de l’investissement, substitution aux importations, soutien à la demande, équilibrage entre régions).

– Un risque particulièrement important pour les secteurs exportateurs durement impactés (tourisme, aéronautique, automobile, etc.) : cela offre des opportunités de profiter de la reconfiguration des chaînes de valeur européennes vers plus de « nearshoring » et de résilience pour se positionner comme un partenaire privilégié sur des segments à plus forte valeur ajoutée.

– Un risque social avec un niveau de chômage attendu post-Covid de +1 à 2 millions de personnes, en particulier de jeunes : opportunité de construire un nouveau contrat social, avec un dispositif d’aides sociales efficient et soutenable, l’accélération de l’inclusion financière, la formalisation des emplois et la refonte du système de protection sociale.

– Des risques à moyen terme sur la santé et l’éducation (aggravation des maladies non soignées pendant le confinement, méfiance durable, trauma post-Covid, décrochage scolaire…) : opportunité d’accélérer le programme de transformation digitale (téléconsultations, éducation à distance, services publics digitalisés…) et de renforcer les systèmes de santé, d’éducation et de protection sociale par l’investissement public.

– Risque de ralentissement des investissements dans l’énergie verte au profit des politiques de sauvetage de l’économie : opportunité de consolider l’autonomie énergétique et la position de leader régional grâce aux énergies renouvelables en incitant et en accélérant leur usage (industries décarbonnées à l’export, citoyens…).

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