Tourisme : l’axe M’diq-Fnideq ne connait pas la crise

Contrairement aux autres destinations touristiques du Maroc, les hôtels classés et les appartements et villas de l’axe M'diq-Fnideq connaissent une fréquentation normale voire en hausse. Selon un grand hôtelier de la région, les touristes nationaux sont déjà au rendez-vous avec un taux provisoire d’occupation de 40% pour juillet et un mois d’août bien parti pour atteindre 70%.

Tourisme : l’axe M’diq-Fnideq ne connait pas la crise

Le 20 juillet 2020 à 15h05

Modifié 11 avril 2021 à 2h47

Contrairement aux autres destinations touristiques du Maroc, les hôtels classés et les appartements et villas de l’axe M'diq-Fnideq connaissent une fréquentation normale voire en hausse. Selon un grand hôtelier de la région, les touristes nationaux sont déjà au rendez-vous avec un taux provisoire d’occupation de 40% pour juillet et un mois d’août bien parti pour atteindre 70%.

Si partout ailleurs, la crise a pu décourager les velléités de voyage de nombreux touristes nationaux, la côte méditerranéenne qui longe M’diq à Fnideq semble toujours être leur destination de prédilection sachant que nous en avons croisé beaucoup déambulant dans les halls d’hôtels ou installés à des tables de restaurants en face de la mer. 

C’est en effet le constat effectué par Medias24 lors d’un séjour de presse au luxueux hôtel Banyan Tree dont le taux d’occupation doit laisser rêveur ses concurrents du secteur touristique balnéaire de Agadir, Tanger, Saïdia … qui font face aux hésitations de leur clientèle traditionnelle

Un taux d’occupation prévisionnel de 60% en juillet et de 70% en août

Interrogée à ce propos, Jalila El Ofir, directrice des ventes et du marketing, semble en effet, très optimiste sur la fréquentation hôtelière des mois de juillet et d’août qui constituent la très haute saison pour son établissement.

« Pour le mois de juillet qui n’est pas encore fini, nous avons, à ce jour, un taux on the book de 40% et de 50% pour août mais ce ne sont que des chiffres temporaires sachant que les réservations vont continuer à affluer.

« En effet, si cette dynamique se poursuit, on ira certainement jusqu’à 70% en août et 60% pour juillet.

Des chiffres même en amélioration par rapport à 2019

« Sachant que l’été représente la très haute saison pour notre région, ces chiffres ne constituent pas vraiment une surprise d’autant plus qu’il faut préciser qu’ils sont en amélioration par rapport à 2019.

« En effet, quand on les compare à ceux de l’année dernière, il y a 5 à 7 points de différence. Ainsi, si aujourd’hui nous sommes à 40% de taux d’occupation, en 2019 à la même période nous étions à 33%.

« Idem pour août de l’année écoulée où nous avions un niveau de réservation d’à peine 17% alors qu’aujourd’hui nous sommes à 44%. En d’autres termes, cela veut dire qu’on est plus dans des réservations de last minute.

Un niveau de réservation surprenant pour tous les types d’hébergement

« Ceci dit, nous sommes conscients d’être une exception car partout ailleurs les hôteliers se plaignent d’une désaffection importante aussi bien dans les stations balnéaires que dans les autres destinations comme Marrakech où la situation est catastrophique », précise la directrice qui confirme notre étrange impression d’être dans une région épargnée par le virus voire carrément sur une autre planète.

« D’autant plus que les autres hôtels (1 à 4 étoiles) et les appartements enregistrent également un niveau de réservation correct voire important », conclut El Ofir qui pense que la forte fréquentation actuelle s’explique par la moindre contamination de l’axe M’diq-Fnideq et par le fait que la clientèle aisée n’a pas été lésée par les répercussions économiques (pertes d’emploi…) de la crise.

A quelques kilomètres du Banyan Tree, d’autres établissements de luxe comme le Sofitel Tamuda Bay ou l’hôtel Kabila de 4 étoiles réalisent un taux de fréquentation tout aussi positif avec une clientèle uniquement nationale et aucun étranger.

Une fermeture des frontières qui booste le tourisme national de luxe

Selon plusieurs opérateurs, cet engouement des nationaux s’explique par la fermeture des frontières qui a obligé la clientèle aisée à programmer ses vacances estivales au Maroc et en particulier au nord.

« Très prisée, la côte Fnideq-Tétouan était dans les années 70-80 la destination de prédilection des Marocains aisés qui peuvent dépenser 5.000 à 10.000 pour une nuitée mais depuis 2000, ils préfèrent passer l’été dans des destinations bien plus paradisiaques comme les Bahamas, Seychelles …

« Avec la fermeture temporaire des frontières, c’est donc contraints et forcés qu’ils se sont rabattus sur la location de séjours hôteliers de luxe ou de villas à Cabo Negro, Kabila …

« De plus, il faut préciser que l’engouement actuel ne concerne pas que l’hôtellerie de luxe. Pour s’en convaincre,  il suffit de se promener dans les villages de Mdiq ou de Martil pour voir que toutes les catégories d’hébergement sont sollicitées (appartements, petits hôtels …).

« Ainsi, si les étrangers constituaient un tiers du trafic annuel, le tourisme national va prendre leur relais en remplissant les nombreux établissements de luxe de la région qui n’avait jamais vu autant de Marocains », nous explique le gérant d’un hôtel 5 étoiles qui préfère rester anonyme.

Pas de véritable impact négatif de la crise sanitaire

Sachant que l’axe Mdiq-Fnideq a reçu 67% de nationaux contre 33% de visiteurs étrangers en 2019, les chiffres de fréquentation marocaine de l’année courante devrait donc atteindre les 90 voire 100%. 

Précisons cependant que cette région rencontre un vrai problème de saisonnalité concentrée sur l’été avec un taux moyen d’occupation de 45% de juin à septembre et d’à peine 23% d’octobre à mai.

Au regard de la forte fréquentation constatée sur place (hôtels, plages et restaurants …), la crise ne semble pas avoir impacté la saison estivale qui d’ores et déjà est très bien partie d’autant plus que c’était avant que les hôteliers soient autorisés à utiliser 100% de leur capacité d’hébergement.

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