Le cash en circulation au Maroc dépasse les 300 milliards de DH

Une envolée de 25% en sept mois. La crise sanitaire et les mesures de l’état d’urgence ont accéléré la tendance. Les dépôts bancaires en très légère hausse.

Le cash en circulation au Maroc dépasse les 300 milliards de DH

Le 31 août 2020 à 11h43

Modifié 11 avril 2021 à 2h47

Une envolée de 25% en sept mois. La crise sanitaire et les mesures de l’état d’urgence ont accéléré la tendance. Les dépôts bancaires en très légère hausse.

En forte expansion depuis quelques années déjà, la circulation fiduciaire ou l’argent qui circule en cash en dehors du système bancaire avait connu une accélération notable en 2019, en raison de la multiplication des contrôles fiscaux qui ont poussé de nombreux déposants à réduire leurs avoirs bancaires.

Mais cette accélération n’est rien en comparaison avec la tendance amorcée depuis le début de l’année 2020. En 7 mois, le cash en circulation a augmenté de 25% ou 62 milliards de DH, pour franchir la barre des 300 milliards et atteindre plus exactement 312 milliards de DH. C’est ce que révèlent les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib, arrêtées à fin juillet.

62 milliards de DH de hausse en 7 mois, c’est 3 à 4 fois l’augmentation annuelle de la circulation fiduciaire au cours des dernières années. En parallèle, les dépôts bancaires n’ont progressé que de 1,7% ou 16,5 milliards de DH, pour atteindre 965 milliards de DH.

Plusieurs facteurs expliquent cette envolée du cash en circulation. L’Aid Al Adha et les vacances d’été sont des périodes traditionnellement propices aux retraits de cash. Mais c’est la crise sanitaire et les mesures de l’état d’urgence qui ont contribué le plus à cette forte augmentation de la circulation fiduciaire. Les retraits d’argent ont été massifs dès l’annonce de l’instauration du confinement général.

Il y a aussi la distribution des aides monétaires par l’Etat aux familles évoluant dans l’informel, impactées par la crise sanitaire qui a amplifié les sorties de cash du système. Ces aides ont coûté plus de 12 milliards de DH, servis en 3 fois.

Nul besoin de rappeler que des sorties massives de cash et une faible progression des dépôts bancaires constituent une problématique pour les banques dont la capacité d’octroi de financements à l’économie peut être limitée par cette situation. Les dépôts de la clientèle représentent en effet la principale source de financement des banques, loin devant leurs capitaux propres, les emprunts sur le marché financier et les avances de Bank Al-Maghrib.

La loi de finances rectificative pour l’année 2020, adoptée en juillet dernier, a reporté les échéances des différentes amnisties (cash non déclaré…) visant à restaurer la confiance des opérateurs économiques, introduites par la loi de finances 2020 et dont la mise en œuvre a été bloquée par la crise sanitaire et les mesures de l’état d’urgence.

La LFR a également amélioré le cadre fiscal relatif au paiement mobile, présenté comme LA solution pour enrayer à terme le cash, mais qui peine à se développer principalement en raison de la réticence des commerçants. Le chiffre d’affaires des petits commerçants encaissé par paiement mobile, est désormais exonéré d’impôt.

Il faudra attendre les statistiques monétaires des prochains mois pour voir si ces mesures auront un effet sur le système bancaire…

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