A Casablanca, les réserves actuelles de sang ne couvrent qu’une journée de besoins

Après plusieurs jours de pénurie, les réserves nationales de sang se redressent doucement. La situation est encore délicate dans les grandes villes, notamment à Casablanca, qui nécessite à elle seule jusqu'à 600 poches de sang par jour.

A Casablanca, les réserves actuelles de sang ne couvrent qu’une journée de besoins

Le 4 septembre 2020 à 15h57

Modifié 10 avril 2021 à 22h51

Après plusieurs jours de pénurie, les réserves nationales de sang se redressent doucement. La situation est encore délicate dans les grandes villes, notamment à Casablanca, qui nécessite à elle seule jusqu'à 600 poches de sang par jour.

Les stocks de sang au niveau national étaient au plus bas au mois d’août. Les deux jours fériés du Premier Moharram (jeudi et vendredi 20 et 21 août) suivis du weekend, n’ont pas arrangé les choses.

Le Centre national de transfusion sanguine et d’hématologie du Maroc (CNTSH) a donc lancé un appel au don le 17 août dernier, pour inciter les gens à se diriger vers les centres de transfusion les plus proches, nous explique sa directrice, Dr. Khadija Lahjouji.

« La situation s’est redressée depuis quelques jours grâce à une convention de collaboration que nous avons avec le ministère de l’Intérieur. Ce dernier a sollicité toutes les préfectures du Royaume, dont le personnel s’est mobilisé depuis une semaine pour faire des dons ».

Enorme pénurie à Casablanca

Au niveau national, les réserves de sang peuvent couvrir les besoins de 5 jours, contre 7 jours, recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), d’après Dr. Lahjouji.

La situation est bonne dans la majorité des villes. En revanche, les stocks à Casablanca sont très faibles. « Les réserves de sang dans la métropole ne peuvent couvrir qu’une journée actuellement. La ville dispose d’un grand nombre de cliniques, et nécessite près de 600 poches de sang par jour ».

Toutefois, il est à noter que « de nombreuses petites villes marocaines, où la consommation de sang est faible, disposent de grands stocks. En cas de problème, nous importons donc les poches de sang à partir de ces villes, vers celles qui sont déficitaires ».

Les grandes villes, telles que Casa, Fès, Meknès, Rabat, et Marrakech, ont particulièrement besoin de sang, « puisqu’elles disposent de nombreuses cliniques privées et d’hôpitaux publics. Elles disposent également de CHU, avec des services d’hémato oncologie, qui consomment de grandes quantités de sang, puisqu’ils traitent des patients atteints de maladies graves, telles que l’hémopathie maligne, le cancer ou des maladies chroniques, comme la thalassémie, et qui ont un besoin régulier en sang (soit entre deux à trois semaines) ».

1.000 dons par jour

Le Maroc a besoin de 1.000 dons par jour. « En fait, une fois collecté, le sang est séparé en trois composants: le concentré des globules rouges, le concentré des plaquettes standard, et le plasma précongelé. Donc 1.000 donneurs nous permettent d’avoir 3.000 poches, 1.000 de chaque composant. Mais les globules rouges sont les plus consommées », nous explique Dr. Lahjouji.

« La durée de vie des globules rouges est de 42 jours, celle des plaquettes est de 5 jours, contre un an pour le plasma ».

« Des fois nous avons des stocks suffisants, mais en même temps, des pénuries dans un groupe ou sous-groupe particulier, ou de plaquettes ».

« Le plasma précongelé est quant à lui conservé à une température entre -25°C et -30 °C. Il peut servir à la fabrication de médicaments de fond. Nous avons d’ailleurs une convention avec un laboratoire français, qui vient récupérer le plasma marocain, pour la fabrication de l’immunoglobuline ou de facteurs de coagulation. Ce sont des médicaments spéciaux pour la transfusion ».

Un taux de don de sang de 0,99% au Maroc

L’OMS estime que 1% de la population doit donner son sang. C’est en général le minimum nécessaire pour satisfaire aux besoins les plus élémentaires d’une nation en sang.

« Au Maroc nous somme à un taux de 0,99% », nous indique pour sa part, Dr. Najia El Amraoui, responsable de la promotion et de la communication au CNTS.

« Le covid, la saison estivale et la rentrée scolaire n’arrangent pas les choses et la pénurie est mondiale actuellement. Il y a des appels aux dons partout dans le monde ».

Dr. Amraoui insiste par ailleurs, sur le fait que « le besoin en sang est journalier. Les dons doivent se faire de manière continue, avec une moyenne de deux fois par an par chaque individu ».

« Le sang ne peut pas être fabriqué, seul l’humain est capable de nous le procurer. Il faut également comprendre qu’il y a des malades dont la vie en dépend, soit parce qu’ils souffrent de maladies chroniques, ou se retrouvent dans des situations d’urgence », conclut-elle. 

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