Vaccin anti-Covid: gratuité, volontariat, priorités, organisation… Ce que l’on sait

ROUND-UP. A quelques jours du lancement de la campagne de vaccination anti-Covid au Maroc, les informations se multiplient et les questions foisonnent. Voici tout ce que l'on sait à ce stade.

Vaccin anti-Covid: gratuité, volontariat, priorités, organisation… Ce que l’on sait

Le 1 décembre 2020 à 20h28

Modifié 11 avril 2021 à 2h49

ROUND-UP. A quelques jours du lancement de la campagne de vaccination anti-Covid au Maroc, les informations se multiplient et les questions foisonnent. Voici tout ce que l'on sait à ce stade.

Lundi 9 novembre, le Roi Mohammed VI a donné ses orientations en vue du lancement d’une opération massive de vaccination contre la Covid-19. La date exacte du lancement de la campagne de vaccination n’a pas encore été officiellement annoncée. Cela dit, selon une source sûre, jointe par Médias24, elle est approximativement prévue pour « la deuxième ou la troisième semaine de décembre ». 

A l’approche du démarrage de cette opération de grande envergure, les informations se multiplient et les questions fusent : Le vaccin est-il obligatoire ? Gratuit ? Qui peut se faire vacciner ? Où et à quel prix ? Voici un round-up de tout ce qu’il faut savoir sur la campagne de vaccination anti-Covid. 

> Population cible : 

Le Maroc vise à vacciner 80% des plus de 18 ans avec, à terme, l’objectif de généraliser le programme à toute la population âgée de plus de 18 ans, soit 25 millions d’habitants. 

La priorité sera donnée aux front-liners, surtout le personnel médical et les agents d’autorité, les forces de sécurité, l’éducation nationale, les personnes âgées et celles vulnérables au virus.

L’opération s’étalera sur une période estimée à 12 semaines et aura lieu en deux temps, soit deux doses séparées de 21 jours.

> Vaccination volontaire : 

Contrairement à ce que relayent certains sceptiques et/ou complotistes, la vaccination anti-Covid ne sera pas obligatoire. C’est ce qu’a annoncé le ministre de la Santé Khalid Aït Taleb dans un entretien exclusif avec Médias24 en octobre dernier. 

Depuis, l’information a été confirmée à maintes reprises, notamment par le ministre, ce lundi 30 novembre sur la chaîne 2M, ou encore par Dr Nabila Rmili, directrice régionale de la santé à Casablanca-Settat, à l’occasion d’un webinaire autour de la vaccination anti-Covid, organisé par l’association des pneumologues privés de Casablanca (APPC) ce mercredi 25 novembre.

Il convient de préciser que si l’opération est volontaire, il sera tout de même difficile pour une personne non vaccinée de vivre une vie normale

En effet, si l’application des mesures barrières est recommandée à tous les citoyens même après la vaccination, seules les personnes vaccinées seront en mesure de quitter le territoire marocain grâce à leurs passeports immunologiques, comme l’a annoncé M. Aït Taleb, puisque chaque individu vacciné recevra un QR code qui lui permettra notamment de voyager à l’étranger.

Les personnes non vaccinées seront donc privées de déplacements mais risquent aussi d’être refusées d’accès aux hôtels, aux lieux de travail tels que les unités de production qui rassemblent un grand nombre de travailleurs, ou d’autres espaces clos qui exigeront, par mesure de sécurité sanitaire, la carte de vaccination. 

> Gratuité : 

Selon une source sûre jointe par Médias 24 le 23 novembre dernier, le vaccin anti-Covid sera gratuit pour tous les Marocains et étrangers résidents.  

En effet, le ministre de la Santé a annoncé, dans sa déclaration accordée à la chaîne 2M, que le vaccin sera gratuit pour les plus démunis et remboursable pour les assurés.

Cela dit, il ne s’agit pas d’une prise en charge classique, puisque les autorités se penchent actuellement sur la mise en place d’un mécanisme faisant contribuer les caisses gestionnaires au financement de l’opération. 

Par ailleurs, selon Dr Nabila Rmili, « aucune consigne concernant le paiement n’a été donnée ». Les stations de vaccination en préparation ne prévoient pas la perception d’un quelconque montant. 

> Une personne qui a déjà eu le Covid doit-elle se faire vacciner ? Oui, même si un Covid récent est censé donner une immunité, d’ailleurs d’une durée inconnue.

> Stations de vaccination :  

Lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants du lundi 23 novembre, le ministre de la Santé a annoncé que le Maroc prépare 2.888 stations de vaccination. Ce chiffre signifie qu’il y en aura en moyenne près de deux par commune, puisque le Maroc compte 1.504 communes sur son territoire.

Chaque préfecture ou province prépare sa propre logistique. Dans la région de Casablanca par exemple, près de 6 millions de personnes âgées de plus de 18 ans seront vaccinées en double dose, ce qui se traduit, selon Dr Nabila Rmili, directrice régionale de la santé, par un besoin de 10 millions de doses.

Afin mener à bien cette opération, le personnel de chaque station de vaccination sera composé de deux vaccinateurs accompagnés d’agents de soutien. Ces derniers seront chargés d’accueillir les citoyens, de s’entretenir avec eux et de recueillir les informations nécessaires telles que l’âge, l’existence de comorbidité, les coordonnées, etc. Tandis que chaque vaccinateur devra ne pas dépasser 3 minutes par personne pour atteindre l’objectif de plus de 100.000 doses par jour, avec une cadence de 150 à 200 actes vaccinaux par point de vaccination.

La vaccination aura lieu 6 jours sur 7, du lundi au samedi, et sera répartie sur 4 périodes de 21 jours. Chaque période sera dédiée à un groupe défini et ce, selon deux procédés (fixe et mobile). 

Le premier verra les bénéficiaires se déplacer eux-mêmes vers les stations de vaccination. Dans le deuxième, ce sont des unités mobiles qui se déplaceront vers des hôpitaux, usines, administrations, cités universitaires ou prisons.

> Quel vaccin ?  

Le 20 août 2020, le Maroc a conclu, avec le laboratoire chinois « Sinopharm CNBG » (China National Biotec Group Company Limited), deux accords de coopération en matière d’essais cliniques du vaccin anti-Covid-19 pour devenir ainsi partenaire des essais cliniques phase III du vaccin chinois de Sinopharm. 

Participer à la troisième phase des essais cliniques de Sinopharm a permis au Maroc d’assurer un arrivage de 10 millions de doses avant fin 2020 et probablement davantage en 2021.

Par la suite, un autre accord a été conclu entre le Royaume du Maroc et le laboratoire britannique AstraZeneca qui prévoit la fourniture de 17 millions de doses avec, en option, 3 millions de doses supplémentaires.

Rappelons-le, le Maroc vise à vacciner 80% des plus de 18 ans, d’où l’intérêt d’acquérir un maximum de doses. Pour l’instant, seul le vaccin de Sinopharm sera utilisé lors de la première étape de la campagne de vaccination.

Il est possible que le Maroc utilise d’autres vaccins lors des étapes suivantes, à moins d’assurer une quantité suffisante du vaccin de Sinopharm permettant d’atteindre l’objectif fixé.

Par ailleurs, il convient de préciser que le Maroc est également entré en contact avec d’autres laboratoires qui développent des candidats-vaccins. Mais pour l’heure, aucun autre accord n’a été conclu.  

> Le vaccin de Sinopharm : 

Des experts en épidémiologie, maladies infectieuses, biotechnologie… joints par Médias24 ou d’autres médias ont tous (ré)affirmé le caractère sûr du vaccin de Sinopharm (appelé BBIBP-CorV), compte tenu de son procédé de fabrication qui consiste à tuer le virus et donc de l’inactiver. Il s’agit d’une technique maîtrisée et déjà utilisée, notamment pour les vaccins des enfants. 

En participant à la phase 3 des essais cliniques du vaccin de Sinopharm avec 600 volontaires, le Maroc a pu suivre de près la préparation de ce vaccin dont les résultats de la phase 1 et 2 (des essais cliniques) ont été publiés sur des revues indexées. 

Il en ressort que sur les 300 volontaires ayant reçu le vaccin (sachant que l’autre moitié a reçu un placebo), les effets indésirables observés sont bénins (fièvre, douleurs et rougeurs au point d’injection…, qui disparaissent en quelques jours).

Ce sont les mêmes effets indésirables constatés auprès des volontaires d’autres pays participants à la phase 3 des essais cliniques de Sinopharm. Il s’agit de la Chine, du Bahreïn ou encore des Emirats arabes unis qui ont tous lancé leur campagne de vaccination.

En plus du procédé de fabrication sûr, des premiers résultats prometteurs et rassurants et du fait qu’un million de Chinois ont d’ores et déjà été vaccinés (sans compter ceux des autres pays), le vaccin de Sinopharm offre un autre avantage non moins important, il s’agit des conditions de stockage

Si les vaccins développés par les Américains Pfizer et Moderna exigeront des températures de conservation particulières (jusqu’à -80°C), celui de Sinopharm nécessite une conservation et un stockage entre 2 et 8 degrés.

Un élément, dont l’importance n’échappe pas aux autorités sanitaires marocaines, puisque selon Dr Rmili, le besoin en réfrigérateurs au niveau de la région de Casablanca-Settat ainsi que les conditions d’acheminement ont également été estimés. 

dias 24 le 23 novembre dernier, le vaccin anti-Covid sera gratuit pour tous les Marocains et étrangers résidents.  

En effet, le ministre de la Santé a annoncé, dans sa déclaration accordée à la chaîne 2M, que le vaccin sera gratuit pour les plus démunis et remboursable pour les assurés.

Cela dit, il ne s’agit pas d’une prise en charge classique, puisque les autorités se penchent actuellement sur la mise en place d’un mécanisme faisant contribuer les caisses gestionnaires au financement de l’opération. 

Par ailleurs, selon Dr Nabila Rmili, « aucune consigne concernant le paiement n’a été donnée ». Les stations de vaccination en préparation ne prévoient pas la perception d’un quelconque montant. 

>Une personne qui a déjà eu le Covid doit-elle se faire vacciner? Oui, même si un Covid récent est censé donné une immunité, d’ailleurs d’une durée inconnue.

> Stations de vaccination :  

Lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants du lundi 23 novembre, le ministre de la Santé a annoncé que le Maroc prépare 2.888 stations de vaccination. Ce chiffre signifie qu’il y en aura en moyenne près de deux par commune, puisque le Maroc compte 1.504 communes sur son territoire.

Chaque préfecture ou province prépare sa propre logistique. Dans la région de Casablanca par exemple, près de 6 millions de personnes âgées de plus de 18 ans seront vaccinées en double dose, ce qui se traduit, selon Dr Nabila Rmili, directrice régionale de la santé, par un besoin de 10 millions de doses.

Afin mener à bien cette opération, le personnel de chaque station de vaccination sera composé de deux vaccinateurs accompagnés de agents de soutien. Ces derniers seront chargés d’accueillir les citoyens, s’entretenir avec eux, recueillir les informations nécessaires tel que l’âge, l’existence de comorbidité, les coordonnées, etc. Tandis que chaque vaccinateur devra ne pas dépasser 3 minutes par personne pour atteindre l’objectif de plus de 100.000 doses par jour, avec une cadence de 150 à 200 actes vaccinaux par point de vaccination.

La vaccination aura lieu 6 jours sur 7, du lundi au samedi, et sera répartie sur 4 périodes de 21 jours. Chaque période sera dédiée à un groupe défini et ce, selon deux procédés (fixe et mobile). 

Le premier verra les bénéficiaires se déplacer eux-mêmes vers les stations de vaccination. Dans le deuxième, ce sont des unités mobiles qui se déplaceront vers des hôpitaux, usines, administrations, cités universitaires ou prisons.

> Quel vaccin?  

Le 20 août 2020, le Maroc a conclu, avec le laboratoire chinois « Sinopharm CNBG » (China National Biotec Group Company Limited), deux accords de coopération en matière d’essais cliniques du vaccin anti-Covid-19 pour devenir ainsi partenaire des essais cliniques phase III du vaccin chinois de Sinopharm. 

Participer à la troisième phase des essais cliniques de Sinopharm a permis au Maroc d’assurer un arrivage de 10 millions de doses avant fin 2020 et probablement davantage en 2021.

Par la suite, un autre accord a été conclu entre le Royaume du Maroc et le laboratoire britannique AstraZeneca qui prévoit la fourniture de 17 millions de doses avec, en option, 3 millions de doses supplémentaires.

Rappelons-le, le Maroc vise à vacciner 80% des plus de 18 ans, d’où l’intérêt d’acquérir un maximum de doses. Pour l’instant, seul le vaccin de Sinopharm sera utilisé lors de la première étape de la campagne de vaccination.

Il est possible que le Maroc utilise d’autres vaccins lors des étapes suivantes, à moins d’assurer une quantité suffisante du vaccin de Sinopharm permettant d’atteindre l’objectif fixé.

Par ailleurs, il convient de préciser que le Maroc est également entré en contact avec d’autres laboratoires qui développent des candidats-vaccins. Mais pour l’heure aucun autre accord n’a été conclu.  

> Le vaccin de Sinopharm : 
Des experts en épidémiologie, maladies infectieuses, biotechnologie… joints par Médias24 ou d’autres médias ont tous (ré) affirmé le caractère sûr du vaccin de Sinopharm (appelé BBIBP-CorV), compte tenu de son procédé de fabrication qui consiste à tuer le virus et donc de l’inactiver. Il s’agit d’une technique maîtrisée et déjà utilisée, notamment pour les vaccins des enfants. 
En participant à la phase 3 des essais cliniques du vaccin de Sinopharm avec 600 volontaires, le Maroc a pu suivre de près la préparation de ce vaccin dont les résultats de la phase 1 et 2 (des essais cliniques) ont été publiés sur des revues indexées. 
Il en ressort que sur les 300 volontaires ayant reçu le vaccin (sachant que l’autre moitié a reçu un placebo), les effets indésirables observés sont bénins (fièvre, douleurs et rougeurs au point d’injection…, qui disparaissent en quelques jours).
Ce sont les mêmes effets indésirables constatés auprès des volontaires d’autres pays participants à la phase 3 des essais cliniques de Sinopharm. Il s’agit de la Chine, du Bahreïn ou encore des Emirats arabes unis qui ont tous lancé leurs campagnes de vaccination.
En plus du procédé de fabrication sûr, des premiers résultats prometteurs et rassurants et du fait qu’un million de Chinois ont dores et déjà été vaccinés (sans compter ceux des autres pays), le vaccin de Sinopharm offre un autre avantage non moins important; il s’agit des conditions de stockage
Si les vaccins développés par les Américains Pfizer et Moderna exigeront des températures de conservation particulières (jusqu’à -80°C), celui de Sinopharm nécessite une conservation et un stockage entre 2 et 8 degrés.
Un élément, dont l’importance n’échappe pas aux autorités sanitaires Marocaines, puisque selon Dr Rmili, le besoin en réfrigérateurs au niveau de la région de Casablanca-Settat ainsi que les conditions d’acheminement ont également été estimés. 

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