Eau : Nette amélioration des retenues des barrages après les dernières précipitations

Depuis fin novembre, les bassins hydrauliques du Tensift et de Souss-Massa restent les principaux bénéficiaires des pluies. Mais malgré l'amélioration de la situation des barrages qu'ils comportent, ces bassins ont encore besoin d’autres précipitations pour répondre aux besoins en eau potable et d'irrigation des régions qu'ils desservent.

Eau : Nette amélioration des retenues des barrages après les dernières précipitations

Le 13 janvier 2021 à 18h53

Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Depuis fin novembre, les bassins hydrauliques du Tensift et de Souss-Massa restent les principaux bénéficiaires des pluies. Mais malgré l'amélioration de la situation des barrages qu'ils comportent, ces bassins ont encore besoin d’autres précipitations pour répondre aux besoins en eau potable et d'irrigation des régions qu'ils desservent.

Le Maroc a connu, du 5 au 11 janvier, le troisième et le plus long épisode pluvieux depuis fin novembre 2020. Les pluies étaient généralisées sur tout le Royaume, bénéficiant ainsi à tous les bassins hydrauliques. Ceux qui en ont le plus profité sont les bassins du Tensit, de Souss-Massa et du Loukkos. La situation au niveau du bassin d’Oum Er-Rabia continue toutefois de stagner. Les principaux barrages qu’il comporte affichent un taux de remplissage de 17,22%, le plus bas au niveau national.

Plus d’un milliard de m3 d’eau en moins de 2 mois

Rappelons que le premier passage de pluie est intervenu vers fin novembre 2020. Depuis, les principaux barrages nationaux ont gagné 1,2 milliard de m3 d’eau. Au 13 janvier 2021, les retenues ont atteint 6,89 MMm3, soit un taux de remplissage de 44,2%, contre 36,5% (5,5 MMm3) au 23 novembre, avant les premières précipitations. Ce taux se rapproche ainsi de celui enregistré à la même période de l’an passé, qui était de l’ordre 49,2% (plus de 7,6 MMm3).

Après deux années successives de sécheresse, la situation commence ainsi à s’améliorer, ravivant l’espoir des agriculteurs, lourdement endettés et impactés par la crise du Covid-19.

Le Tensift en tête des bénéficiaires

Sur la base des statistiques publiées quotidiennement par la Direction générale de l’eau, Médias24 constate que les barrages du bassin hydraulique du Tensift (ABHT), desservant la région de Marrakech-Safi, affichent un taux de remplissage de 53,07% au 13 janvier, soit plus de 120 millions de m3 d’eau, contre 31,03% (70,49 Mm3) au 23 novembre 2020.

Situation des barrages du bassin hydraulique du Tensift – Médias 24

Comme le montre le tableau ci-dessus, la situation des principaux barrages de ce bassin s’est nettement améliorée. Yaacoub El Mansour dispose actuellement de 37,6 Mm3, soit un taux de remplissage de 54,2%, contre 13,8 Mm3 (19,9%) il y a près de deux mois.

Même constat pour Moulay Abderrahman, deuxième plus grand barrage du bassin. D’une capacité totale de 64,4 Mm3, il était rempli à hauteur de 34,5% au 23 novembre. A présent, il est presque plein (93,7%).

Un responsable au sein de l’ABHT, contacté par nos soins, estime également qu’il y a une nette amélioration au niveau des principaux barrages de ce bassin, mais ceux-ci ont encore besoin d’autres passages de pluies, puisque la région qu’ils alimentent est en situation de stress hydrique.  

La problématique de l’eau potable se pose toujours dans le Grand Agadir

Les retenus des barrages du bassin hydraulique de Souss-Massa (ABHSM) ont atteint un taux de remplissage de 34,13%, contre 12,31% il y a près de deux mois. Les deux petits barrages Imi El Kheng et Ahl Souss sont même remplis à 100%. 

Une source au sein du service de gestion et de développement des ressources en eau de l’ABHSM a confirmé à Médias 24 que « les dernières pluies ont eu un impact positif sur les barrages de ce bassin. Il y a 15 jours, on était à des taux de remplissage catastrophiques, qui avoisinaient les 10%. Il y a donc une nette amélioration après les récentes précipitations ».

« Actuellement, on est sur le quart de la capacité des barrages du bassin de Souss-Massa », a-t-elle souligné, ajoutant que durant ces dernières pluies, « on a eu le tiers des apports en eau d’une année normale ».

« Le barrage d’Aoulouz est celui qui a reçu les apports les plus importants. En revanche, les retenues des barrages qui alimentent le Grand Agadir, en l’occurrence Abdelmoumene et Moulay Abdellah, restent assez faibles ». 

Situation des barrages du bassin hydraulique de Souss-Massa – Médias 24

En effet, comme le montre le tableau ci-dessus, les réserves des principaux barrages du bassin de Souss-Massa ont atteint 249,6 Mm3, sur une capacité totale de 731,4 Mm3.

Les retenues du barrage d’Aoulouz sont passées de 31,4 Mm3 à 64,2 Mm3, soit un taux de remplissage de 72,2%. Celui d’Abdelmoumen, l’un des plus importants de la région, est passé à 17,9%, contre 2,4% au 23 novembre. Moulay Abdellah affiche, lui, un taux de 35,1%, contre 9,7%. Et Youssef Ben Tachfine, d’une capacité totale de 299 Mm3, a également gagné plus de 12 points. 

« En termes de volume c’est peu, mais en termes d’impact, c’est très positif parce que cela fait déjà 5 ans qu’on souffre de sécheresse et que les barrages sont vides. L’agriculture n’est plus le seul secteur qui souffre de cette situation, puisqu’on a eu aussi des problèmes de gestion d’eau potable » cette année, ajoute notre source.

Rappelons que depuis début octobre 2020, des coupures d’eau interviennent tous les jours dans différentes communes d’Agadir à partir de 20 H, dans le but de rationaliser l’usage de l’eau potable. Cette mesure sera-t-elle abandonnée après l’amélioration des niveaux des barrages ?

« L’impact des dernières précipitations ne sera pas visible rapidement, puisque la question de l’eau potable se gère sur une durée de deux ans. Les gens s’attendent à ce qu’il y ait systématiquement une solution à cette problématique. Mais c’est toute une logistique derrière et plusieurs réunions du comité de suivi, sous la présidence du Wali de la région, avec différents opérateurs, notamment l’ONEE et la Ramsa, pour prendre la meilleure décision. On imagine les pires et les meilleurs scénarios, pour prendre la décision optimale pour la région », répond notre interlocutrice.

« Il faut noter que l’alimentation en eau potable du Grand Agadir ne dépend pas seulement des barrages, mais aussi des eaux souterraines. Actuellement, la demande dépasse de très loin nos capacités. Nous attendons donc de pied ferme la mise en service de la station de dessalement, prévue fin mars, pour pouvoir revenir à un rythme normal d’alimentation en eau potable« , conclut-elle.

Bonne amélioration au niveau des bassins du Loukkos, Sebou et Bouregreg

Les principaux barrages du bassin hydraulique du Loukkos, qui alimentent la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, sont remplis à hauteur de 75,30%, disposant ainsi de 938,85 Mm3 au 13 janvier 2021. Oued El Makhazine, le plus grand barrage du bassin, d’une capacité totale de près de 673 Mm3, est totalement rempli (99%).

Pour ce qui est des barrages relevant du bassin hydraulique de Sebou (ABHS), qui desservent notamment la région de Fès-Meknès, ils affichent un taux de 63%, grâce également aux chutes de neige enregistrées dernièrement. Selon l’ABHS, ce bassin a reçu, du 1er au 12 janvier, plus de 150 mm. Quant aux apports en eau, sur la même période, ils s’élèvent à 515 Mm3, dont 410 Mm3 au niveau du barrage Al Wahda.

Les réserves de ce bassin ont atteint actuellement plus de 3,4 MMm3. Elles permettront ainsi de satisfaire les besoins en eau potable, industrielle et d’irrigation, de la région Fès-Meknès. Rappelons que le bassin de Sebou couvre des activités agricoles importantes sur plus de 1,8 million d’hectares, dont 357.000 ha irrigués, outre l’industrie agroalimentaire dans les secteurs de l’huile d’olive et du sucre.

Quant aux barrages du bassin de Bouregreg et Chaouia (ABHBC) qui desservent les villes allant de Salé à Casablanca, ils affichent également un taux de remplissage de près de 63%, selon le directeur du bassin, joint par nos soins.

Depuis le début de ce dernier épisode pluvieux, « nous avons eu des apports en eau de 153 Mm3, mais nous restons déficitaires par rapport à la moyenne annuelle enregistrée entre septembre et janvier, qui est de 270 Mm3. Toutefois, en termes de remplissage, on est excédentaire par rapport à la même période de l’année précédente. Ces précipitations vont permettre d’assurer l’eau potable sur la zone côtière pour toute année », nous a-t-il confié.

La situation stagne au niveau du bassin d’Oum Er-Rabia

Les barrages du bassin de l’Oum Er-Rabia, sont ceux qui ont le moins bénéficié des pluies depuis le mois de novembre. Toutefois, les quelques quantités d’eau enregistrées ont suffi à mettre fin aux inquiétudes qui commençaient à envahir les agriculteurs de la région de Beni Mellal-Khénifra, desservie par ce bassin.

Le niveau actuel des retenues des barrages que compte la région est à peine estimé à 853,2 Mm3 sur une capacité totale de près de 5 MMm3, soit un taux de remplissage de 17,22%.

Situation des barrages du bassin hydraulique d’Oum Er Rabia – Médias 24

Comme le montre le tableau ci-dessus, le taux de remplissage du barrage Bin El Ouidane s’est légèrement amélioré, passant à 21%, contre 18,4% au 23 novembre.

Les réserves de Hassan 1er se sont également améliorées, passant de 38,8 Mm3 à 47 Mm3, soit un taux de 19,9% (contre 16,4%).

Les deux barrages Moulay Youssef et Ahmed Al Hanssali sont les structures qui ont le plus profité des dernières pluies. Ils affichent des taux de remplissage respectifs de 31,6% (contre 18,9%) et de 22% (contre 13,5%). 

Lire aussi : Les dernières pluies ont résorbé le déficit du début de la campagne agricole

A lire aussi


Les dernières annonces judiciaires
Les dernières annonces légales

Communication financière

SOTHEMA : Indicateurs Financiers T1 2021

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.