Nouveau blocage dans le dossier de la décharge contrôlée de Médiouna
Attendue pour le début de l’année, l’ouverture de la nouvelle décharge contrôlée de Médiouna s’éternise. Le président de la commune d'El Mejjatia s'oppose à son entrée en service et accuse le conseil de la ville de Casablanca de non-respect du cahier des charges. Les élus de la ville gardent le silence...
Alors qu'une partie des Casablancais voyaient enfin le bout du tunnel après l’attribution du marché relatif à l’exploitation de la nouvelle décharge contrôlée de Médiouna, Médias24 apprend que ce dossier, qui traine depuis au moins 2010, risque encore de s’éterniser.
En effet, "la mise en service de cette décharge attend toujours le feu vert de la ville", nous apprend SOS NDD, nouveau délégataire, selon qui ce retard est dû à "un problème administratif entre le conseil de la ville de Casablanca et la commune d’El Mejjatia-Oulad Taleb", qui abrite cette décharge.
Contacté par nos soins, le président de cette commune confirme. Amine Hachem s’oppose à ce projet. "Tant que les normes du cahier des charges de cette décharge ne sont pas respectées, je refuserais de donner mon aval pour son entrée en service", nous a-t-il confié.
Notre interlocuteur, qui dénonce le flou qui règne sur cette affaire, accuse le Conseil de la ville du non-respect de ses engagements sur ce dossier. Il nous a assuré que l’équipement de la nouvelle décharge n’a pas encore été finalisé. "Vous n'avez qu'à venir voir par vous-même. Il s’agit seulement d’un terrain avec clôture, sur lequel se trouve une ancienne villa, transformée en bâtiment administratif. Il n’y a rien de tout ce qui a été demandé sur le cahier des charges", a-t-il ajouté.
Sur ce point, SOS NDD nous a, pour sa part, assuré que les préparatifs avancent, et que "nous sommes en train de mettre en place toutes les installations nécessaires".
Par ailleurs, "sur le plan administratif, plusieurs documents manquent encore, notamment l’attestation de conformité et l’autorisation de mise en exploitation de la nouvelle décharge", d'après le président de la commune d'El Mejjatia.
M. Hachem nous a également assuré n’avoir reçu "aucune étude d’impact environnemental", qui est une étape importante dans un tel projet, "ni aucun rapport relatif à la gestion des résidus de lixiviat. Nous souffrons énormément de ce liquide. D'ailleurs, la circulation sur la route provinciale 3020 est toujours bloquée". En effet, ce point a déjà été évoqué par Médias 24 dans un article précédent. Le lixiviat qui déborde près de la décharge a même provoqué à plusieurs reprises des accidents de la route. Seulement, sa gestion doit faire l'objet d'un autre marché. "Pour moi, les responsables fuient seulement leur responsabilité face à ce point important", souligne-t-il. "A mon avis, rien ne sera fait pour régler ce problème".
"Nous avons contacté le président du Conseil de la ville pour trouver des solutions concrètes à ces problèmes, en vain. Nous n’avons jamais eu de réponse de sa part. Egalement, les membres du conseil de la ville n’ont jamais assisté aux sessions organisées par la commune d’El Mejjatia-Oulad Taleb."
La question qui se pose toutefois est la suivante : le président de cette commune a-t-il le droit de refuser d’autoriser la mise en service de la nouvelle décharge ? Pour y répondre, Médias24 a essayé à plusieurs reprises de joindre Abdelaziz Omari, président du Conseil de la ville de Casablanca, son premier vice-président, Abdessamad Haikar, ainsi que Mohamed Haddadi, adjoint au maire chargé du nettoiement, qui sont restés injoignables. Nous avons également posé la question au président de la SDL Casa Baia, chargée du nettoiement de la métropole, qui a refusé de nous répondre.
Rappelons que la commune d'El Mejjatia se situe dans la province de Médiouna. Nous avons donc contacté le président du Conseil préfectoral de Médiouna, Zakaria Idrissi, qui nous a, pour sa part, expliqué "qu’un président de commune a tout a fait le droit de refuser d’autoriser la mise en service de cette décharge, si elle ne respecte pas les normes du cahier des charges, d’autant plus que celle-ci se trouve devant des logements de recasement. Ce que les responsables de la ville veulent faire, c’est une nouvelle décharge qui n’est pas du tout contrôlée, en adoptant les mêmes anciennes méthodes. Rien ne sera donc réglé. Les gens qui habitent à proximité n’ont-ils pas le droit de vivre convenablement".
Selon une autre source proche du dossier, malgré le refus du président de la commune d'El Mejjatia, le Wali de la région peut décider du contraire.
La gestion de ce dossier est un scandale, et suscite la colère des riverains. A quand une solution définitive ?
à lire aussi
Article : Ordre des médecins : le projet de loi adopté par les conseillers
Le texte, qui actualise un cadre juridique inchangé depuis 2013, prévoit une réforme de la gouvernance de l’institution afin de l’adapter aux Groupements sanitaires territoriaux et à la régionalisation avancée.
Article : Ali Lmrabet placé en garde à vue après son interpellation à l’aéroport de Tanger
Visé par plusieurs avis de recherche liés à des publications numériques jugées diffamatoires, injurieuses et outrageantes, le journaliste est entendu par la Brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca, sous la supervision du parquet et dans le respect de la présomption d’innocence.
Article : Affaire des foires d'El Jadida : Hicham El Mhajri totalement acquitté
La cour d'appel de Casablanca a totalement acquitté le député PAM Hicham El Mhajri dans l'affaire des "foires d'El Jadida", annulant sa condamnation à deux ans de prison avec sursis prononcée en première instance. La juridiction a également confirmé l'essentiel des condamnations visant les autres prévenus, tout en constatant plusieurs décès, des prescriptions partielles et une requalification de certains faits.
Article : Aziz Akhannouch représente le Roi Mohammed VI aux condoléances après le décès de l’ancien émir du Qatar
Reçu lundi 13 juillet au palais de Lusail par Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, le chef du gouvernement lui a remis un message royal. Nasser Bourita et l’ambassadeur Mohamed Setri faisaient également partie de la délégation marocaine.
Article : Équipe nationale. L’avenir du Maroc leur appartient
Les Lions de l’Atlas se retrouveront le lundi 21 septembre au Complexe Mohammed VI à Salé pour les matches qualificatifs à la Coupe d’Afrique des nations 2027. Les changements seront sans doute marginaux au sein d’un groupe qui devrait retrouver certains de ses cadres.
Article : Après le Mondial 2026, les quatre chantiers qui attendent désormais Mohamed Ouahbi
Numéro 9, doublure d’Achraf Hakimi, profondeur de banc et calendrier international... les priorités sont déjà identifiées à l’horizon 2030.