Nouveau blocage dans le dossier de la décharge contrôlée de Médiouna

Attendue pour le début de l’année, l’ouverture de la nouvelle décharge contrôlée de Médiouna s’éternise. Le président de la commune d'El Mejjatia s'oppose à son entrée en service et accuse le conseil de la ville de Casablanca de non-respect du cahier des charges. Les élus de la ville gardent le silence...

Nouveau blocage dans le dossier de la décharge contrôlée de Médiouna

Le 3 février 2021 à 16h30

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Attendue pour le début de l’année, l’ouverture de la nouvelle décharge contrôlée de Médiouna s’éternise. Le président de la commune d'El Mejjatia s'oppose à son entrée en service et accuse le conseil de la ville de Casablanca de non-respect du cahier des charges. Les élus de la ville gardent le silence...

Alors qu’une partie des Casablancais voyaient enfin le bout du tunnel après l’attribution du marché relatif à l’exploitation de la nouvelle décharge contrôlée de Médiouna, Médias24 apprend que ce dossier, qui traine depuis au moins 2010, risque encore de s’éterniser.

En effet, « la mise en service de cette décharge attend toujours le feu vert de la ville », nous apprend SOS NDD, nouveau délégataire, selon qui ce retard est dû à « un problème administratif entre le conseil de la ville de Casablanca et la commune d’El Mejjatia-Oulad Taleb », qui abrite cette décharge.

Contacté par nos soins, le président de cette commune confirme. Amine Hachem s’oppose à ce projet. « Tant que les normes du cahier des charges de cette décharge ne sont pas respectées, je refuserais de donner mon aval pour son entrée en service », nous a-t-il confié.

Notre interlocuteur, qui dénonce le flou qui règne sur cette affaire, accuse le Conseil de la ville du non-respect de ses engagements sur ce dossier. Il nous a assuré que l’équipement de la nouvelle décharge n’a pas encore été finalisé. « Vous n’avez qu’à venir voir par vous-même. Il s’agit seulement d’un terrain avec clôture, sur lequel se trouve une ancienne villa, transformée en bâtiment administratif. Il n’y a rien de tout ce qui a été demandé sur le cahier des charges », a-t-il ajouté.

Sur ce point, SOS NDD nous a, pour sa part, assuré que les préparatifs avancent, et que « nous sommes en train de mettre en place toutes les installations nécessaires ».

Par ailleurs, « sur le plan administratif, plusieurs documents manquent encore, notamment l’attestation de conformité et l’autorisation de mise en exploitation de la nouvelle décharge », d’après le président de la commune d’El Mejjatia.

M. Hachem nous a également assuré n’avoir reçu « aucune étude d’impact environnemental », qui est une étape importante dans un tel projet, « ni aucun rapport relatif à la gestion des résidus de lixiviat. Nous souffrons énormément de ce liquide. D’ailleurs, la circulation sur la route provinciale 3020 est toujours bloquée ». En effet, ce point a déjà été évoqué par Médias 24 dans un article précédent. Le lixiviat qui déborde près de la décharge a même provoqué à plusieurs reprises des accidents de la route. Seulement, sa gestion doit faire l’objet d’un autre marché. « Pour moi, les responsables fuient seulement leur responsabilité face à ce point important », souligne-t-il. « A mon avis, rien ne sera fait pour régler ce problème ».  

« Nous avons contacté le président du Conseil de la ville pour trouver des solutions concrètes à ces problèmes, en vain. Nous n’avons jamais eu de réponse de sa part. Egalement, les membres du conseil de la ville n’ont jamais assisté aux sessions organisées par la commune d’El Mejjatia-Oulad Taleb. »

La question qui se pose toutefois est la suivante : le président de cette commune a-t-il le droit de refuser d’autoriser la mise en service de la nouvelle décharge ? Pour y répondre, Médias24 a essayé à plusieurs reprises de joindre Abdelaziz Omari, président du Conseil de la ville de Casablanca, son premier vice-président, Abdessamad Haikar, ainsi que Mohamed Haddadi, adjoint au maire chargé du nettoiement, qui sont restés injoignables. Nous avons également posé la question au président de la SDL Casa Baia, chargée du nettoiement de la métropole, qui a refusé de nous répondre.

Rappelons que la commune d’El Mejjatia se situe dans la province de Médiouna. Nous avons donc contacté le président du Conseil préfectoral de Médiouna, Zakaria Idrissi, qui nous a, pour sa part, expliqué « qu’un président de commune a tout a fait le droit de refuser d’autoriser la mise en service de cette décharge, si elle ne respecte pas les normes du cahier des charges, d’autant plus que celle-ci se trouve devant des logements de recasement. Ce que les responsables de la ville veulent faire, c’est une nouvelle décharge qui n’est pas du tout contrôlée, en adoptant les mêmes anciennes méthodes. Rien ne sera donc réglé. Les gens qui habitent à proximité n’ont-ils pas le droit de vivre convenablement ».

Selon une autre source proche du dossier, malgré le refus du président de la commune d’El Mejjatia, le Wali de la région peut décider du contraire. 

La gestion de ce dossier est un scandale, et suscite la colère des riverains. A quand une solution définitive ? 

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