Elections : Le ministère de l’Intérieur est neutre, cessons les jérémiades (Laftit)

Laftit se justifie sur la suppression des listes des jeunes, se dit ouvert aux propositions des députés et clame la neutralité du ministère de l’Intérieur.

Elections : Le ministère de l’Intérieur est neutre, cessons les jérémiades (Laftit)

Le 25 février 2021 à 17h33

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Laftit se justifie sur la suppression des listes des jeunes, se dit ouvert aux propositions des députés et clame la neutralité du ministère de l’Intérieur.

A la chambre des représentants, la commission de l’Intérieur a bouclé, mercredi 24 février, la « discussion générale » au sujet des six projets de textes électoraux. Et en a déjà entamé l’examen « approfondi », couronné par l’adoption du projet de loi modifiant le code électoral.

Marathoniens, les débats se poursuivent ce jeudi en présence de Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur. Il avait, quelques mois plus tôt, représenté le gouvernement dans ses consultations avec les secrétaires généraux des partis politiques.

« Les élections de cette année seront exceptionnelles en tous points », lance le ministre, intervenant mercredi devant les parlementaires. Exceptionnelles, dans « leur timing » et leur « préparation » dans un contexte marqué par la pandémie. « Nous avons déjà entamé les préparatifs », annonce le ministre de l’Intérieur.

Du reste, le défi reste le même : « Assurer l’adhésion des citoyens à l’opération électorale ». Comment ? « Chaque parti aborde la question d’un prisme différent. Mais l’objectif est le même et nous essaierons de nous accorder », estime M. Laftit. « Le gouvernement a proposé des textes qui ne génèrent pas trop de désaccords », manière de « faciliter » la tâche aux députés.

Liste des jeunes : « Nous vous rendons votre marchandise »

Des désaccords, c’est pourtant ce qui ressort à l’évocation de la suppression annoncée de la liste des jeunes. Le texte modifiant la loi organique relative à la Chambre des représentants prévoit de troquer la liste nationale (répartie entre 60 femmes et 30 candidats âgés de 40 ans au plus) pour des listes régionales axées sur la représentativité féminine.

« Ce dispositif vise à atteindre 25% de présence féminine. Aujourd’hui, nous atteignons très laborieusement les 21% », plaide le ministre de l’Intérieur. PJD, RNI, PI et USFP invoquent pour leur part le maintien de la liste des jeunes ou, selon les propositions, de mécanismes garantissant une forte présence de cette catégorie.

« A travers différentes interventions, on a insinué que nous sommes pour les femmes et contre les jeunes. Oui, nous sommes pour la femme, mais pas contre les jeunes. Nous voulons renforcer la présence féminine et en cela, nous répondons à des demandes formulées lors des discussions (avec les partis) », explique le ministre, dévoilant les coulisses des tractations avec les secrétaires généraux des partis. 

« Encore une fois, nous ne faisons que restituer votre marchandise », enfonce M. Laftit, qui se dit ouvert à des propositions mais sous conditions : « Au final, le dernier mot vous revient. Sauf qu’il faut prendre en compte un certain nombre de principes. La parité n’est pas qu’un simple principe, c’est une fin. Il s’agira de s’accorder sur un moyen pour y parvenir.»

« L’Intérieur n’est pas intervenu, n’intervient pas et n’interviendra pas dans les propositions des partis. Ce sur quoi vous vous accorderez, nous l’appliquerons », tranche le ministre de l’Intérieur.

« Des quotas à n’en pas finir »

Il le dit lui-même, M. Laftit parle avec « spontanéité » et ne prépare généralement pas ses réponses. Le résultat est un florilège de piques. « Certains appellent à renforcer la présence des femmes, celle des jeunes, celle des Marocains du monde, celle des compétences… Le tout sans ajouter le nombre de sièges. J’ai fait beaucoup de mathématiques, je n’arrive toujours pas à résoudre cette équation. Si vous avez une solution, nous sommes prêts à l’examiner ».

La jeunesse, une vue de l’esprit ? L’intervenant rappelle qu’aujourd’hui, « 30% des parlementaires ont moins de 45 ans. » Mais « quand on évoque les jeunes, il faut savoir de qui on parle. Un candidat âgé de 40 ou 45 ans est-il encore jeune ? », s’interroge le ministre.

En définitive, « nous ne pouvons pas introduire un quota pour chaque catégorie, sinon il y a beaucoup à faire à ce propos ».

Tout sauf le PJD ? « Cessez les jérémiades »

Le PJD ciblé ? C’est ce que laisse suggérer une phrase de Mustapha Ibrahimi. « Ce n’est pas un phénomène général, mais des informations concordantes font état d’intimidations, notamment en milieu rural contre quiconque envisage de voter pour le PJD », a affirmé le chef du groupe la Chambre des représentants.

A quoi le ministre répond sur un ton lassé : « On l’entend tout le temps. C’est dépassé. Nous n’allons pas ressasser le même discours à l’approche de chaque élection. Vous savez que cela n’existe pas ». Le ministère de l’Intérieur « fera son maximum pour assurer des élections neutres. Une neutralité totale et positive de ses cadres. Mais cessons les jérémiades ! », poursuit M. Laftit. Et de marteler que « l’Intérieur a la même relation avec tous les partis. Elle n’est pas différente d’un parti à l’autre. L’intérieur a la même conviction que l’action partisane est dans l’intérêt du pays. On ne peut aucunement intervenir dans le travail ou les idées des partis ».

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