Ngozi arrive à l’OMC, un coup de fouet pour l’organisation

Ngozi arrive à l’OMC, un coup de fouet pour l’organisation

Le 1 mars 2021 à 8h35

Modifié le 10 avril 2021 à 23h22

Ngozi Okonjo Iweala prend lundi 1er mars ses fonctions de directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), insufflant un sentiment d'espoir à cette institution confrontée à d'énormes défis en pleine crise économique et sanitaire mondiale.

« Je pense que l’OMC est trop importante pour être ralentie, paralysée et moribonde« , a déclaré à l’AFP la première femme et première Africaine à diriger l’OMC, au lendemain de sa nomination.

Deux fois ministre des Finances et cheffe de la diplomatie du Nigeria durant deux mois, la Dr Ngozi, 66 ans, remplace le Brésilien Roberto Azevedo, qui a quitté ses fonctions fin août, un an avant la fin de son mandat, pour « raisons familiales », obligeant l’organisation à naviguer sans capitaine à bord pendant des mois.

Celle qui a travaillé pendant 25 ans à la Banque mondiale a été désignée le 15 février par les 164 pays membres de l’OMC au terme d’un long processus de sélection, paralysé pendant plusieurs mois par le veto à sa nomination de l’ex-administration Trump.

L’arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden, qui lui a offert son soutien, a permis de sortir de l’impasse.

La Dr Ngozi entame son mandat au premier jour de la première réunion (1-2 mars) de l’année du Conseil général de l’OMC, l’occasion pour les membres de l’organisation de faire le point sur les négociations en cours.

A cette occasion, les délégués devraient également décider que la prochaine Conférence ministérielle – qui a dû être reportée en raison de la pandémie de Covid-19 – se tienne en décembre à Genève.

D’ici là, la nouvelle cheffe de l’OMC, connue pour sa forte volonté et sa détermination, aura eu le temps d’imprimer sa marque à Genève.

Si certains espèrent que son arrivée donnera un véritable coup de fouet à l’organisation, d’autres soulignent qu’elle ne pourra tout changer d’un coup de baguette magique en raison de la règle du consensus par laquelle les membres prennent leurs décisions.

Une de ses premières tâches sera de nommer ses 4 nouveaux directeurs adjoints, qui l’aideront à redynamiser le mécanisme de négociation de l’organisation.

Institution torpillée 

La nouvelle cheffe de l’OMC espère surtout faire progresser les discussions sur les subventions à la pêche, afin de les terminer lors de la prochaine conférence ministérielle. Mais la tâche s’avère difficile car les pourparlers s’enlisent.

En plein marasme économique mondial causé par la pandémie de Covid-19, plusieurs autres chantiers de taille attendent la Dr Ngozi, dont dénouer les conflits opposant l’organisation aux Etats-Unis.

Elle prendra en effet la tête d’une institution torpillée notamment par l’administration de Donald Trump, qui était ouvertement hostile à l’organisation et avait même bloqué le fonctionnement de l’organe de règlement des différends.

Les Etats-Unis, mais également des pays européens, ainsi que le Canada, demandent également une refonte de l’organisation, estimant notamment qu’elle ne répond pas de manière appropriée aux distorsions commerciales causées en particulier par la Chine.

Plusieurs pays réclament aussi une plus grande transparence des politiques commerciales des 164 membres de l’organisation.

Elle a récemment appelé l’OMC à se concentrer sur la pandémie alors que les membres de l’organisation sont divisés à propos d’une exemption des droits de propriété intellectuelle sur les traitements et vaccins anti-Covid pour les rendre plus accessibles.

Présidente de l’Alliance du Vaccin (Gavi) jusqu’à l’an dernier, la Dr Ngozi est également très attendue dans le dossier Covid, une de ses priorités.

Le sujet sera largement débattu ces deux prochains jours à l’OMC. Certains pays, à l’instar de l’Inde et de l’Afrique du sud, demandent une exemption des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins pour maximiser la production mondiale.

Le Groupe d’Ottawa, qui réunit l’UE et 12 pays, dont le Brésil, le Canada et la Suisse, vont de leur côté demander que les pays s’engagent, pendant la pandémie, à ne pas entraver le commerce médical et suppriment les droits de douane visant les marchandises considérées comme essentielles.

(AFP)

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