Bilan de la commune de Rabat : Les lectures du maire PJD et de l’opposition FGD

En attendant la publication d’un bilan dûment chiffré, Médias24 a donné la parole au président du conseil de la capitale et à un élu local d’opposition de la FGD pour revenir sur les 6 années de gestion communale par la majorité menée par le PJD. Sans surprise aucune, Omar El Hyani qualifie le mandat de Mohamed Sadiki de blanc tandis que ce dernier affirme que toutes ses promesses de campagne ont été tenues.

Bilan de la commune de Rabat : Les lectures du maire PJD et de l’opposition FGD

Le 3 mars 2021 à 16h15

Modifié 10 avril 2021 à 23h23

En attendant la publication d’un bilan dûment chiffré, Médias24 a donné la parole au président du conseil de la capitale et à un élu local d’opposition de la FGD pour revenir sur les 6 années de gestion communale par la majorité menée par le PJD. Sans surprise aucune, Omar El Hyani qualifie le mandat de Mohamed Sadiki de blanc tandis que ce dernier affirme que toutes ses promesses de campagne ont été tenues.

A l’approche des élections communales, Medias24 présentera le bilan des plus grandes villes du Maroc, en invitant les équipes de la majorité et de l’opposition des différentes communes à s’exprimer sur leur mandat écoulé. Pour ce premier article, nous nous sommes intéressés à la capitale.

Le bilan municipal de 800 pages sera bientôt rendu public

Si dans un premier temps, Mohamed Sadiki a refusé de parler de ses réalisations à la tête de la mairie de Rabat en arguant qu’il fallait d’abord que son bilan soit présenté aux élus, il a fini par qualifier son bilan de « très positif » après lui avoir fait part des critiques de l’opposition.

Tout en se félicitant de son bilan qui tient en 800 pages, synthétisé en 88, le président du conseil de la ville nous a révélé qu’il fera l’objet d’une présentation lors d’une session extraordinaire qui sera convoquée dans les jours à venir.

« Des réalisations positives qui sautent aux yeux »

« Que vous habitiez Rabat ou que vous y soyez de passage, plusieurs chantiers aboutis ou en cours, comme la propreté, l’éclairage et les nombreux travaux d’amélioration de la voirie sautent aux yeux », se félicite d’emblée le premier édile de la ville pour qui ces réussites sont l’œuvre de la majorité.

Sur l’opposition qui l’accuse d’avoir mené à terme à peine 10% des chantiers de ses promesses de campagne, le maire rétorque que l’ensemble des projets lancés sous son mandat sont terminés.

« Quelques retards de chantiers, mais rien d’anormal »

« Si effectivement, il a pu y avoir quelques retards à cause de problèmes techniques ou de finition, c’est tout à fait normal et cela arrive dans toutes les grandes villes de la planète », se défend Sadiki.

Appelé à expliquer les blocages de certains projets qui n’ont pas pu être financés durant 4 années sur les 6 de son mandat faute de consensus des élus, le président confirme que certains ont été ralentis par manque de budget en précisant cependant que ce n’était que des petits chantiers.

Rabat Aménagement a débloqué les budgets non approuvés par le conseil

« Malgré l’absence de budget qui permet d’avoir de la visibilité et de programmer des projets, nous avons pu compter sur le ministère de l’Intérieur qui a fait avancer le processus petit à petit.

« A ce propos, heureusement qu’une partie de notre budget d’investissement est entre les mains de la société de développement local Rabat Aménagement qui a pu honorer nos engagements avec l’octroi d’un crédit de 600 millions de dirhams qui ont commencé par être débloqués en 2017 », explique le maire en citant les chantiers qui ont abouti depuis le début de son mandat en 2015.

« Les chantiers routiers, d’espaces verts, d’abattoirs, de marché de gros ont tous abouti »

« Notre équipe a refait tous les accès routiers de la ville et mené à terme les aménagements intérieurs de tous ses quartiers en commençant par celui de Yacoub El Mansour puis de Hay Ryad et aujourd’hui de ceux de l’Agdal et de Youssoufia, qui sont en voie de finalisation.

« Actuellement, tous les travaux avancent à un rythme normal et je suis très fier de préciser que la capitale qui est surnommée la ville verte du Maroc a encore augmenté sa superficie d’espaces verts.

« Il y a lieu de citer le parc Moulay Hassan qui recèle désormais 30 hectares d’espaces verts, les lignes à haute tension qui ont été enterrées sous l’avenue Abderrahim Bouabid et l’aménagement d’allées piétonnes pour les habitants adeptes de marche.

« Les exemples de chantiers aboutis ou en cours sont très nombreux, mais les plus importants concernent la station de traitement des eaux usées pour l’irrigation des espaces verts qui est terminée, la réalisation de nouveaux abattoirs qui vont démarrer leur exploitation sous peu et enfin la construction en cours d’un marché de vente au gros de légumes et de fruits », liste le maire en rajoutant à son actif la future gare routière de Rabat même si cette infrastructure est censée avoir comme maître d’ouvrage la SDL Rabat Aménagement.

Les confrontations PJD-PAM n’ont pas ralenti l’action communale 

Interrogé sur les confrontations physiques incessantes entre les élus du PJD et du PAM, le président du conseil de la ville tient à minimiser leur impact sur le déroulement des travaux de la municipalité.

« Si ces bagarres sont plus que regrettables, elles n’ont cependant pas ralenti le rythme de notre action car le vrai travail ne se fait pas dans la salle de réunion des élus mais dans les bureaux et sur les chantiers », relativise Sadiki.

Le maire persuadé de rempiler pour un 2ème mandat

A la dernière question portant sur son avenir politique après les futures élections communales, le maire sortant affirme que son bilan lui permettra de gagner à nouveau et de rempiler pour un 2ème mandat.

De son côté, l’élu d’opposition de la FGD, Omar El Hyani se veut beaucoup moins optimiste sur les chances de gagner du maire, au regard des résultats d’un mandat qu’il qualifie de blanc.

« 6 ans de mandat pour un résultat quasi nul »

« Pour la FGD, il ne s’est rien passé de notable durant les 6 dernières années au niveau de la mairie ne serait-ce que par rapport au plan de développement communal promis en 2015 et voté en 2018.

« En effet, non seulement le PJD a voté tardivement son propre programme en perdant près de 3 ans, mais en plus, le taux de réalisation de ses promesses de campagne ne doit pas dépasser les 10%.

« Des combats de catch qui ont fait perdre plusieurs années aux élus »

« Au niveau politique, son bilan est catastrophique avec un conseil qui a connu des combats de catch entre élus du PJD et du PAM pendant plus de 3 années qui nous ont fait perdre un temps précieux sans parler de l’image déplorable qui a été donnée auprès des électeurs 

« Sachant que les budgets communaux de 2016, 2018, 2020 et 2021 n’ont pas été approuvés et ont dû être transférés au Wali, au final il n’y en a eu que 3 qui ont pu être adoptés normalement.

« Comme chaque année, le conseil de la ville doit voter son budget et que pendant 4 ans il n’y a pas eu de consensus au niveau des élus, la prérogative de mise en place de ce budget est donc revenue au ministère de l’Intérieur ou plus exactement au Wali de la ville.

« Aucun chantier important n’a pu être lancé sauf ceux de la SDL »

« Du coup faute de financement, aucun chantier important n’a pu être lancé et seules les dépenses obligatoires de fonctionnement ont été décaissées par le Wali après un courrier du maire impuissant à réunir une majorité d’élus », dénonce El Hyani.

Sur les chantiers qui ont pu aboutir en 6 ans, l’élu de la fédération de la gauche démocratique affirme que les rares réalisations positives sont à mettre au crédit de la SDL Rabat Aménagement qui ne dépend pas du maire car elle est présidée par le Wali.

« La majorité menée par le PJD a cédé ses prérogatives à Rabat Aménagement »

« De plus, quand on sait que la majorité PJD qui dirige le conseil de la ville a cédé une grande partie de ses prérogatives à cette société de développement local, on ne peut pas mettre ces réalisations à l’actif du maire.

« Cette cession des attributions a créé une véritable déresponsabilisation des élus et quand on cherche les responsables d’un projet bloqué, on ne les trouve pas, car la SDL et la mairie se renvoient la balle », s’interroge l’élu FGD.

Interrogé sur les raisons de la paralysie des travaux du conseil qui logiquement ne devrait pas profiter électoralement à la majorité PJD, El Hyani l’explique simplement par de l’hypocrisie politique.

« En effet, les élus de la majorité défendent des positions en public et votent tout le contraire de leurs promesses électorales pendant les sessions du conseil », explique l’élu qui n’hésite pas à qualifier le PJD de maitre en matière d’hypocrisie politique.

Des électeurs appelés à agir en conséquence pour éviter l’asphyxie de la ville

C’est la raison pour laquelle, El Hyani pense que les électeurs, échaudés par le maigre bilan municipal pour ne pas dire inexistant, finiront par agir en conséquence lors du prochain scrutin communal.

« La capitale ne peut plus continuer à être gérée de cette manière car le conseil de la ville qui a été transformé par le PJD en un acteur politique marginal est vraiment au bord de l’asphyxie », conclut l’élu qui espère que les électeurs prendront rapidement conscience de la situation léguée par la majorité sortante.

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