Sahara : Les enjeux de la prochaine réunion du Conseil de sécurité (round-up)

Dans une semaine, Colin Stewart, chef de la MINURSO, briefera les membres du Conseil de sécurité sur l’évolution de la situation au Sahara marocain, depuis l’adoption de la dernière résolution de l’ONU. L’occasion de revenir sur les enjeux d’une réunion qui permettra de mesurer ou mieux cerner l’impact des nombreux événements importants, intervenus depuis octobre dernier et sur les suites à leur apporter.

Sahara : Les enjeux de la prochaine réunion du Conseil de sécurité (round-up)

Le 14 avril 2021 à 22h21

Modifié 15 avril 2021 à 13h29

Dans une semaine, Colin Stewart, chef de la MINURSO, briefera les membres du Conseil de sécurité sur l’évolution de la situation au Sahara marocain, depuis l’adoption de la dernière résolution de l’ONU. L’occasion de revenir sur les enjeux d’une réunion qui permettra de mesurer ou mieux cerner l’impact des nombreux événements importants, intervenus depuis octobre dernier et sur les suites à leur apporter.

Le 21 avril prochain, les membres du Conseil de sécurité prendront connaissance d’un exposé sur la situation actuelle au Sahara, élaboré par le Canadien Colin Stewart qui dirige la Minurso. Une réunion qui permettra d’actualiser les données, avant le renouvellement de son mandat le 31 octobre prochain.

Succession d’événements, nouveau contexte

Sachant que plusieurs événements importants se sont produits depuis le 30 octobre 2020, date à laquelle a été renouvelé le mandat de la Minurso pour un an, cette réunion est donc très attendue pour faire le point sur leur impact pour l’avenir.

Si les enjeux de cette rencontre à venir sont si importants, c’est parce que la situation a beaucoup évolué, aussi bien, sur le terrain à l’est du mur de sécurité du Maroc, qu’au niveau international.

L’affaire Guergarat, le polisario qui rompt le cessez-le-feu…

Ainsi, confrontés aux milices du polisario qui bloquaient, délibérément, le trafic commercial entre le Maroc et la Mauritanie, les FAR n’ont eu d’autre choix que de les expulser le 13 novembre , avant d’investir la zone-tampon frontalière de Guergarat , pour sécuriser la route d’accès et construire un mur de protection empêchant toute éventuelle incursion d’éléments perturbateurs.

Alors qu’il n’y a eu aucune victime et que le MAE marocain a justifié « une opération menée pour rétablir la libre-circulation au point de passage de la bande-tampon », le polisario en a profité pour se victimiser, en déclarant que l’action du Maroc signait la fin du cessez-le-feu mis en place depuis 1991.

Précisons qu’en dehors du polisario et de son mentor algérien qui ont condamné « une attaque militaire », l’action du Maroc a été soutenue par de nombreux pays et le SG de l’ONU s’est contenté d’affirmer qu’il ferait de son mieux, pour lever tous les obstacles à la reprise du processus politique.

La reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara a rebattu les cartes

Si la fin du harcèlement des milices du polisario dans la zone-tampon a suscité l’attention politique de la communauté internationale, la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, le 10 décembre 2020 a, de son côté, rebattu les cartes en faveur de la cause nationale.

En effet, la proclamation du président Trump qui garantissait, en retour, la normalisation des relations du Maroc avec Israël a provoqué une véritable sidération chez ses adversaires qui l’ont qualifiée de « violation flagrante de la Charte des Nations-Unis et de ses résolutions ».

Un désarroi d’autant plus sensible que les Etats-Unis sont le porte-plume de toutes les résolutions de l’ONU, relatives au dossier du Sahara. Le polisario, soutenu et armé par l’Algérie, a prétendu, depuis cette date, qu’il a mené des attaques armées quotidiennes contre le mur marocain de défense. Des affirmations et des dizaines de communiqués dont le but, évidemment, n’est pas de battre les FAR ou de conquérir du terrain; mais de faire croire que la proclamation américaine fait entrer la région dans l’instabilité et l’incertitude des affrontements armés. Ce qui est, bien entendu, complètement faux.

Une proclamation US qui a fait sortir l’Allemagne du bois

Quelques jours après la victoire diplomatique du Maroc qui a littéralement sonné le camp du polisario, l’Allemagne a convoqué le 21 décembre une réunion des membres du Conseil de sécurité pour discuter, par visioconférence, des récents développements de la situation régionale et, notamment, de la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara.

Notons que, si la convocation allemande n’aura abouti qu’à rappeler la nécessité d’une solution politique au conflit, sous l’égide exclusive de l’ONU, cette initiative aura cependant eu pour effet de provoquer une véritable froidure avec le Maroc qui a gelé toutes ses collaborations avec l’Allemagne.

Des ouvertures consulaires qui se poursuivent

Si la proclamation américaine n’a pas encore été suivie par des initiatives de pays occidentaux, il n’en demeure pas moins, qu’en dehors des Etats-Unis, plusieurs nations de la région MENA continuent d’ouvrir des consulats dans les deux capitales du grand sud.

Dans l’attente de la confirmation de l’entrée en service du consulat US à Dakhla par l’administration Biden, 21 consulats ont déjà ouvert leurs portes, dans les villes marocaines de Dakhla et de Laâyoune.

Entre 2019 et 2021, le Sénégal, le Burkina Faso, Djibouti, les USA, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, la Guinée Equatoriale, Haïti, le Liberia, la République démocratique du Congo, ont établi une présence diplomatique à Dakhla alors qu’à Laâyoune, ce sont les EAU, la Jordanie, Bahrein, Eswatini, Zambie, la Côte d’Ivoire, la Centrafrique, Sao Tome e Principe, le Gabon, le Burundi et les Comores

Un changement d’administration américaine qui n’a … rien changé pour le moment

Si pour l’instant, aucun diplomate américain n’a rejoint le bâtiment consulaire inauguré par l’ex-ambassadeur David Fischer, il n’en demeure pas moins que les adversaires de la cause marocaine ont espéré une annonce du président Biden annulant la décision de son prédécesseur. Rien n’est venu pour le moment et plus le temps passe, plus le changement de position paraît improbable.

En effet, malgré toutes les spéculations savamment entretenues par les adversaires de la cause nationale du Maroc, trois mois après avoir prêté serment, le nouveau président n’a pas cédé aux pressions des soutiens du polisario pour retirer la reconnaissance de son pays à la cause marocaine.

On scrutera cependant avec attention la position américaine, au cours de cette réunion du conseil de sécurité.

Une situation de calme régionale confirmée par la Minurso

Sachant que la réunion du 21 avril sera la première, depuis l’entrée en fonction de la nouvelle administration américaine, ses enjeux principaux consisteront à mesurer le nouveau rapport de forces des parties impliquées et à scruter la position US et des autres pays membres, par rapport à la lecture algérienne qui veut faire croire que cette reconnaissance plongera la région dans l’instabilité.

Une position qui devrait avoir du mal à s’imposer auprès des membres du CS car, du propre aveu de la Minurso qui continue de suivre la situation sur le terrain, « le conflit est classé à un niveau de faible intensité avec un calme général dans la région y compris dans la zone-tampon de Guergarat ».

Prochaines étapes, retour d’un cessez-le-feu bilatéral et nomination d’un envoyé personnel

Au final, le véritable enjeu de la réunion sera de trouver le moyen de relancer le processus politique, notamment, en essayant de persuader le polisario de revenir au respect de l’accord de cessez-le-feu, signé en 1991, alors qu’il avait décidé de le rompre de manière unilatérale sous un faux prétexte.

De plus, les participants à la rencontre pousseront, certainement, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à trouver rapidement un successeur à son ancien envoyé personnel Hörst Kohler qui avait eu le mérite de lancer une série de tables rondes, réunissant le Maroc et le polisario mais surtout l’Algérie… Récemment, Nasser Bourita a révélé que le Maroc avait donné son accord à la nomination du nouvel envoyé personnel mais que ce n’était pas le cas des autres parties…

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