Abdellatif Ouahbi sans langue de bois sur les élections 2021

VERBATIM. Quotient électoral, situation et programme du parti, rivalités et affaires de société... Voici les principaux éléments, abordés par Abdellatif Ouahbi invité, samedi 17 avril, de la Fondation Lafqui Titouani.

Abdellatif Ouahbi sans langue de bois sur les élections 2021

Le 19 avril 2021 à 17h37

Modifié 19 avril 2021 à 18h22

VERBATIM. Quotient électoral, situation et programme du parti, rivalités et affaires de société... Voici les principaux éléments, abordés par Abdellatif Ouahbi invité, samedi 17 avril, de la Fondation Lafqui Titouani.

Invité par la Fondation Lafqui Titouani, ce samedi 17 avril, lors du premier épisode « discussion Ramadanesque autour des sujets de société », Abdellatif Ouahbi, secrétaire général du PAM a réagi à de nombreux sujets chauds de cette période pré-électorale, y compris les conflits internes et affaires relatives aux militants du parti.

M. Ouahbi a évoqué les conditions de préparation du programme politique et n’a pas manqué de réagir, avec virulence, aux conflits externes, dont ceux relatifs au quotient électoral ainsi que ceux l’opposant au parti du RNI. Médias24 retranscrit les principales déclarations du PAMiste.

« Ce n’est pas parce que je suis en bons termes avec le PJD que je vais les servir gratuitement »

“Je ne comprends pas. Est ce que je dois soutenir le PJD parce que je me suis réconcilié avec eux ? Je fais partie de l’opposition! Ce sont leurs amis, au sein de la majorité, qui les ont trahi, ce n’est pas moi. Moi je fais ce que je veux, je choisis le quotient et la méthode de calcul que je veux. Ce n’est pas parce que je suis en bons termes avec le PJD que je vais le servir gratuitement”, déclare-t-il.

“Je ne pensais pas du tout que le quotient électoral allait passer. Je disais, auparavant, que si le gouvernement et les partis présents, au sein du gouvernement, votent contre le quotient nous nous dirigeons vers le retrait de la confiance”

“Le PJD a commis une énorme erreur en affrontant le PAM. Il aurait dû s’adresser aux partis de la majorité qui l’ont trahi au vote, au lieu de ça, il s’est adressé à nous. Ceci m’a beaucoup blessé, car nous sommes un parti indépendant et nous faisons partie de l’opposition, nous avons le droit de défendre notre avis. Qu’ils s’adressent à la majorité qui s’est engagée avec eux. C’est pour éviter la crise, au sein de la majorité, qu’ils se sont dirigés vers nous. C’est un comportement non éthique, politiquement parlant”.

“Ce qui me fait peur c’est le fait que puisse s’absenter du parlement l’un des 7 partis politiques tel que l’USFP ou le MP… Ils ont contribué à l’histoire du Maroc et ont constitué une extension historique de l’opération démocratique au Maroc, avec toutes ses erreurs. Sommes nous prêts à ce qu’il n’y ait que deux partis politiques dans le pays ? S’il n’y en a que deux, la démocratie est terminée”.

“L’Etat ne peut être fort que si l’opération démocratique et le gouvernement le sont. Et la démocratie ne peut être forte que par la pluralité politique”.

“Nous ne sommes pas venus combattre le PJD et je n’ai jamais eu cette idée. Au contraire, je suis venu soutenir l’opération démocratique et, si le PJD y participe, je serai le premier à le saluer”.

“Depuis le début, j’étais contre le fait qu’en tant que parti, l’on vienne contrer un autre”.

“Cette idée est partie avec Ilyas El Omari. Il l’a dite et l’a emmenée avec lui en partant”.

“Je n’ai pas de rival politique, j’ai des concurrents politiques”, lance Abdellatif Ouahbi.

« Nous allons demander à la Cour des comptes de contrôler le ministère de l’agriculture »

“Le chef du gouvernement doit frapper du poing sur la table et doit être strict, car il y a d’importants intérêts qui passent par son bureau. Est-il possible d’innocenter Moulay Hafid Elalamy pour les 452 millions de dollars ? Lui, dit être de bonne foi, que la loi est passée et qu’il en est concerné. Il dit que ce sont les africains qui ont été exemptés et non pas lui, comme si lui n’était pas au courant. Est-il possible d’exempter Akhannouch pour les 17 milliards de DH, tandis que Joud (fondation pour le développement, ndlr) fait couler le Maroc sous les paniers ? Qu’il paie les 17 milliards de DH et qu’on lui laisse Joud !”, tempête-t-il.

“Joud est devenu un problème politique au Maroc, c’est le plus grand scandale du pays actuellement. Où se trouvait Joud, auparavant, pour sortir d’un jour à l’autre et parler d’un million de paniers ?”.

“Nous allons demander à la Cour des comptes de contrôler le ministère de l’agriculture. Ces projets qui ont été faits ces derniers mois, étaient-ils décidés ? Sont-ils au profit du citoyen ou des élections ?”, interroge-t-il.

“Nous nous dirigeons vers une crise. Nous avons alerté le gouvernement et M. El Othmani. Nous lui avons dit que certains ministres mènent des actions électorales qui touchent à la concurrence loyale. Et si ce problème ne se règle pas, nous serons contraints d’entrer dans un affrontement plus grand”.

“Nous calmons encore les choses car nous souhaitons que les élections à venir se déroulent, dans des conditions sereines mais certains se prononcent et donnent des ordres au nom de l’autorité. Il y a des sommes de ministères qui sont déboursées, à des fins électorales. Il y a une pression sur certains de nos élus et de nos candidats et sur les partis de l’opposition, pas seulement le PAM. Nous n’allons pas nous taire”, fulmine M. Ouahbi.

“Un chef de gouvernement doit prendre les décisions qu’il faut, même si cela lui vaut les critiques. De mon côté, lorsque je crois qu’une voie est correcte, je la suis, même si beaucoup m’ont conseillé, au sein de ce parti, de ne pas en faire qu’à ma tête mais j’ai refusé et je continue à n’en faire qu’à ma tête, et je continuerai à le faire, même en tant que chef du gouvernement. Je vais consulter les institutions de l’Etat, son administration et ses composantes, puis je me donnerai le temps de trancher sur une idée et quand ça sera fait, je la suivrai jusqu’au bout”.

“Nous préparons notre programme. Une commission de 17 experts travaille, depuis un moment, sur la préparation d’un programme. Certains demandent à attendre que le nouveau modèle de développement soit publié mais nous refusons. Il s’agit d’une vision globale et nous devons donner la nôtre”.

“La semaine prochaine nous allons demander, via notre site et réseaux sociaux, aux Marocains de donner des idées sur les améliorations à effectuer au Maroc, les programmes les plus importants à entreprendre. Ils vont nous donner des idées que nous allons développer, pour créer une vision sur ce que veulent les Marocains. L’objectif est de comparer, entre ce qu’on aura produit et ce que veulent les Marocains, pour savoir si on s’en rapproche ou si on s’en éloigne”, explique-t-il.

“Le vote à distance ne figure pas dans le règlement. Je suis sûr que si je réunis le Conseil national, et que j’y prends de grandes décisions, 90% vont voter et les 10% restants vont saisir la justice et tout briser. Tout le monde est occupé par les élections, le parti bouillonne par rapport à ce sujet, il y a un grand conflit autour des élections”.

“Je ne décide pas du conseil national. C’est un sujet qui concerne la présidente du conseil. Je ne peux que lui présenter une demande pour le conseil national exceptionnel, conformément au règlement intérieur”, ajoute-t-il.

“Nous sommes capables de gérer un gouvernement et de gérer le pays”.

“6 personnes des 700 membres du conseil national ont fait un communiqué. J’ai 70 circonscriptions où il n’y a aucun problème, et j’en ai 5 où il y a des conflits entre personnes, que m’est-il demandé de faire: écouter les 5 ou les 70 ?”

“Nous ne sommes pas un parti fragile. Nous sommes capable de gérer un gouvernement et de gérer le pays. J’ai ouvert la porte pour que tout le monde puisse voir ce qui se passe en interne, cela ne fait pas de moi un faible. Ma force est cette ouverture”.

“Je ne vais pas faire l’autruche car je suis responsable de mes militants. Je crois en la présomption d’innocence, tant qu’ils n’ont pas été jugés, je n’ai pas le droit de les toucher. Le jour où il y aura un jugement définitif, je les remercierai. Mustapha Bakkoury n’a pas encore été entendu, je n’ai pas encore reçu son dossier, mais je compte le représenter”.

Hamid Narjiss ne sera pas candidat du PAM

“Plus les militants du parti me critiquent, plus je ressens que je suis effectivement le secrétaire général”.

“Je n’ai pas de comptes à régler”.

“C’est le secrétaire général qui tranche, c’est son rôle. Je suis convaincu que le fait de trancher est une spécialité qui appartient au secrétaire général”.

“Hamid Narjiss ne sera pas candidat du PAM car nous étions en désaccord au sujet du champ et de la spécialité. Il a demandé un délai à l’échéance duquel il était clair qu’il ne voulait pas se présenter et j’ai estimé qu’il n’y a aucune justification pour que je continue dans ce dossier qui est, désormais, définitivement clos”.

“Il sera peut être remplacé par une femme. Nous en sommes actuellement à une femme à Fès, deux à Marrakech dont l’une est âgée de 23 ans et une autre, à Essaouira. Soit 4 femmes. Nous cherchons à ce qu’il y ait une présence féminine plus forte”, souligne M. Ouahbi.

Manifestations des enseignants: Le PAM intermédiaire

“Le dossier des Droits de l’Homme doit être un dossier stratégique pour le prochain gouvernement. Plus on développe le travail et les institutions de droit, plus nous réussirons dans les actions démocratiques et les opérations politiques”.

“En tant que parti, nous sommes prêts à être l’intermédiaire. Hier, j’ai été contacté pour me proposer la tenue d’une réunion, nous avons convenu d’une date de rencontre. S’ils me demandent de jouer l’intermédiaire, je demanderai aux partis de l’opposition de se réunir pour présenter le sujet au chef du gouvernement et essayer de le convaincre, ainsi que le ministre de l’Education, d’arriver à une solution”.

“Nabil Benabdellah et moi avons été solidaires avec Maati Monjib, lorsqu’il était en prison. Lorsqu’il en est sorti, il a remercié les autres, dont un pays étranger, mais pas nous. Nous n’attendons pas de remerciements, mais il fallait que je fasse la remarque”.

“Quant au hirak du Rif, il reste un des grands dossiers auxquels il faut trouver une solution, avec les prochaines élections”.

“Au Maroc il n’y a pas d’apostasie du droit. Il y a des glissements contre lesquels nous nous opposons”.

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