Semaine mondiale de la vaccination : Au Maroc, des avancées majeures depuis 30 ans

Lors d’un wébinaire sur l’importance de la vaccination, organisé par le ministère de la Santé, plusieurs intervenants sont revenus sur les avancées majeures obtenues au Maroc grâce à la vaccination, en particulier concernant la rougeole et la poliomyélite. Ce rendez-vous a aussi été l’occasion d’insister sur l’importance de la vaccination chez les prématurés.

Semaine mondiale de la vaccination : Au Maroc, des avancées majeures depuis 30 ans

Le 29 avril 2021 à 16h15

Modifié 29 avril 2021 à 16h40

Lors d’un wébinaire sur l’importance de la vaccination, organisé par le ministère de la Santé, plusieurs intervenants sont revenus sur les avancées majeures obtenues au Maroc grâce à la vaccination, en particulier concernant la rougeole et la poliomyélite. Ce rendez-vous a aussi été l’occasion d’insister sur l’importance de la vaccination chez les prématurés.

C’est une rencontre qui tombe à pic, en pleine campagne de vaccination contre la Covid-19 : à l’occasion de la Semaine mondiale de la vaccination, le ministère de la Santé a organisé un webinaire sur l’efficacité de la vaccination, particulièrement chez les plus jeunes. Une protection qui, comme l’a rappelé en introduction le Dr Abdelilah Boutaleb, secrétaire général du ministère de la Santé, sur la base des données de l’Organisation mondiale de santé (OMS), empêche le décès de 3 millions d’enfants dans le monde chaque année. « Sur les trente dernières années, les décès d’enfants dans le monde ont diminué de plus de 50%, en grande partie grâce à la vaccination », a précisé pour sa part le Dr Maryam Bigdeli, représentante de l’OMS au Maroc.

Le Dr Mohamed Benazzouz, responsable du programme national d’immunisation au ministère de la Santé, est quant à lui, revenu sur le rôle de ce programme dans la préservation de la santé des enfants. « L’objectif est de contribuer à la réduction de la mortalité et de la morbidité infanto-juvénile et, à travers cela, de maintenir une couverture vaccinale uniforme supérieure ou égale à 95% sur l’ensemble du territoire marocain. Ce programme vise aussi à renforcer le calendrier national de vaccination en introduisant d’autres vaccins et d’autres combinaisons vaccinales. La vaccination est un geste simple qui s’inscrit dans une logique de protection individuelle et collective. Elle permet de réduire de façon drastique la mortalité infanto-juvénile et le risque de maladies et de handicaps sur le long terme, et donc les dépenses de santé, et d’assurer des gains de productivité de ces enfants une fois devenus adultes », a-t-il déclaré.

Au passage, concernant les combinaisons vaccinales, le Pr Mohamed Bouskraoui, président de la Société marocaine d’infectiologie pédiatrique et de vaccinologie, incite à « favoriser les combinaisons vaccinales pour simplifier le programme de vaccination, cela permettant de réduire le nombre d’injections. C’est donc moins douloureux pour le bébé ; c’est un gain de temps pour le personnel médical et cela simplifie aussi le calendrier général de vaccination ».

Actuellement, le programme national d’immunisation « atteint toute la population marocaine, sur tout le territoire marocain », a précisé Mohamed Benazzouz. Au total, 12 antigènes (substance capable de déclencher chez l’organisme une réponse immunitaire) sont administrés aux enfants de moins de cinq ans, et un antigène aux femmes en âge de procréer.

Poliomyélite et rougeole, deux victoires en termes de vaccination au Maroc

Mohamed Benazzouz a également évoqué deux pathologies infectieuses, la poliomyélite et la rougeole, pour illustrer les avancées majeures en termes de santé publique grâce à la vaccination. Concernant la poliomyélite, le dernier cas enregistré au Maroc remonte à 1987. « Le dossier de certification de l’éradication de la poliomyélite a été présenté à l’OMS en 2001 et depuis, chaque année, un dossier de mise à jour est présenté auprès de cette agence onusienne et de l’Unicef. De ce fait, le Maroc est considéré comme une zone polio-free », a expliqué Mohamed Benazzouz.

Concernant la rougeole, le responsable ministériel a rappelé les « efforts réalisés par le Maroc pour contrecarrer cette infection virale », notamment à travers l’organisation de campagnes de vaccination de masse. « La plus importante a été celle de 2013, avec la vaccination d’environ 10 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 9 mois à 19 ans, soit un tiers de la population marocaine. Par la suite, le calendrier de routine a été renforcé avec l’introduction d’une deuxième dose de vaccination contre la rougeole », a-t-il souligné. Pour les deux maladies, poliomyélite et rougeole, le taux de couverture est jugé « très satisfaisant », avoisinant les 99% en milieu urbain et rural.

Mohamed Benazzouz a par ailleurs relevé une « amélioration » de la couverture vaccinale entre l’Enquête nationale réalisée en 2001 et celle réalisée en 2018 : 94.5% des enfants sont complètement vaccinés contre les maladies cibles durant la première année de vaccination. Le programme national d’immunisation a ainsi contribué à la réduction de la mortalité infanto-juvénile à hauteur de 95% pour le tétanos, 84% pour la rougeole et 86% pour la coqueluche.

Vacciner les prématurés et les nouveau-nés de faible poids

Le Pr. Amina Barakat, pédiatre et chef de service de médecine et de réanimation néonatales au Centre national de référence en néonatologie et en nutrition de l’hôpital d’enfants de Rabat, a quant à elle, longuement insisté sur la vaccination du prématuré et du nouveau-né de faible poids de naissance. « Nous avons au Maroc une incidence très élevée de la prématurité et du faible poids de naissance, à hauteur de 18%. Malheureusement, cette population de bébés prématurés et de faible poids de naissance est particulièrement sensible aux infections, qui constituent une cause majeure de morbidité et de mortalité. Le système immunitaire de ces nourrissons est extrêmement immature, avec une carence en anticorps maternels censés être transmis durant le troisième trimestre de grossesse », a-t-elle expliqué, déplorant « un retard dans l’administration de la première dose de vaccin chez le prématuré et chez le faible poids de naissance ».

Et d’expliquer encore : « Le système immunitaire des nouveau-nés prématurés et de faible poids de naissance subit une maturation accélérée après la naissance : d’abord parce que le prématuré, une fois né, n’est plus sous l’effet de l’influence inhibitrice des hormones maternelles ; ensuite parce que dès la naissance, il est exposé à une flore microbienne extrêmement riche qui va avoir des propriétés activatrices multiples sur son système immunitaire. L’accélération post-natale de cette maturité n’a aucun lien avec l’âge gestationnel ou le poids. Son seul facteur déterminant, c’est l’âge post-natal. Il est donc primordial de retenir l’âge chronologique, c’est-à-dire le nombre de jours vécus par le prématuré et le nourrisson de faible poids de naissance, qui est un élément déterminant dans cette immunité. Ceci dit, même si cette immunité subit effectivement une accélération importante dès la naissance, cela ne signifie pas pour autant que les prématurés sont protégés contre toutes les infections. Ils restent très vulnérables et très exposés aux infections bactériennes et virales durant toute la première année de la vie, justement parce qu’ils n’ont pas assez d’anticorps maternels. »

Ses recommandations en termes de vaccination des nouveau-nés et nourrissons de faible poids de naissance sont les suivantes : « La vaccination des prématurés doit se faire selon l’âge chronologique et non pas selon l’âge gestationnel. Elle doit également se faire très précocement, dès deux mois d’âge chronologique, quel que soit le poids et l’âge gestationnel. »

Ensuite, Amina Barakat a vivement recommandé la vaccination de l’entourage des nourrissons, particulièrement pour la grippe : « Les parents, la fratrie et les grands-parents doivent être vaccinés contre la grippe, au moins durant les deux hivers qui suivent la naissance. Les frères et sœurs de moins de deux ans doivent aussi être à jour concernant la vaccination contre le pneumocoque. C’est un élément important à vérifier avant la sortie du nourrisson des services de néonatalogie. »

Enfin, elle a vivement invité les femmes enceintes à se faire vacciner contre la grippe, arguant que « les anticorps transmis pendant la grossesse permettent une certaine protection du nouveau-né ».

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