img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
POLITIQUE

Usage légal du cannabis : Les partis défendent une amnistie au profit des cultivateurs

A la première chambre, toutes les formations politiques, excepté le PJD, expriment une position favorable au texte de loi relatif à l'usage légal du cannabis. Les députés posent un préalable à la réussite du projet : La réconciliation avec la région du Rif.

Usage légal du cannabis : Les partis défendent une amnistie au profit des cultivateurs
Par
Le 30 avril 2021 à 11h31 | Modifié 30 avril 2021 à 12h39

A  la chambre des représentants, la commission de l’Intérieur a entamé l’examen du projet de loi relatif à l’usage légal du cannabis.  Le texte recèle une dimension sociale et économique. La  majeure partie des députés la voudrait également et surtout symbolique, manière de tourner une page de l'histoire marocaine. D’où les demandes récurrentes d’amnistie au profit des cultivateurs, placés entre « l’enclume de la loi et le marteau des barons de la drogue », comme l’affirme la députée Ibtissame Azzaoui.

Dans ce tableau de quasi-consensus, détonne la position du PJD qui se veut réfractaire au projet de loi. C’est oublier que le texte a été élaboré et validé  par un gouvernement dirigé par le secrétaire général du parti.

Ci-dessous, les principales positions des groupes parlementaires :

Mustapha Ibrahimi (PJD)

« L’approche participative n’a pas été adoptée dans l’élaboration du projet de loi. »

« Introduire ce projet stratégique, dans un contexte de luttes électorales, ne favorise pas un débat serein et objectif sur une problématique structurelle dans les provinces du Nord. »

« Ce projet ne figure pas dans la déclaration gouvernementale à l’origine de la désignation du gouvernement ».

« Le projet de loi contient de nombreux renvois à des textes réglementaires. 10 au total, ce qui vide le texte de son caractère législatif. C’est un texte réglementaire déguisé en loi. Cela empêchera son contrôle par le législateur ».

« Au PJD, nous avons sollicité l’avis du Conseil national des droits de l’homme car ce projet ne répond pas à la question sécuritaire, dont le nombre de poursuites a atteint (…) 58.000 cas dans la région. Nous avons également demandé l’avis du Conseil économique, social et environnemental, eu égard aux risques catastrophiques du kif sur la région et ses habitants ».

« Nous avons, aussi, demandé la création d’une mission d’information composée de tous les groupes parlementaires.»

Nourdin Moudian (PI)

« C’est un moment historique. Nous allons instaurer une nouvelle ère pour toute une région ».

« L’approche sécuritaire est un échec. Elle a contribué à élargir l’étendue des plantations alors qu’elle était délimitée entre trois tribus : Ketama et Bni Seddat dans la province d’Al Hoceima ainsi que Beni Khaled à Chefchaouen. »

« Nous avons trop tardé. 50 pays nous ont précédé et cultivent le Kif à des fins médicales, industrielles et cosmétiques. Dieu nous a donné le kif il y a plus d’un siècle. Nous l’avons cantonné aux interpellations et à semer la peur et la terreur auprès des habitants. »

« Le kif est l’or vert si on en fait un bon usage ».

« Il faut soutenir les agriculteurs à travers le renforcement des coopératives. Les coopératives ne doivent pas se contenter du rôle d’intermédiaire entre les industriels. Elles doivent être intégrées pour qu’elles puissent également s'industrialiser ».

« Avant la publication des décrets d’application, il faut lancer des consultations avec les cultivateurs ».

« Les outils industriels doivent être domiciliés dans les zones où se situe le kif. Il est inconcevable que le kif soit transporté à Fès ou Casa. Il faut donner du travail aux habitants de la région qui ont tant souffert du chômage ».

« Une partie des bénéfices doit être redirigée par les industriels vers le développement de la région ».

Amam Chokrane (USFP)

« Evitons tout débat superflu : ce projet de loi est venu encadrer les usages légaux du cannabis, pas les usages illégaux. »

« Pour que ce texte prenne sa portée sociale et économique, il ne doit pas éluder le volet des droits. Il faut garder en vue les poursuites et les dénonciations calomnieuses [à l’égard des cultivateurs] qu’il faut liquider définitivement. Car avec ce texte, nous prenons un nouveau départ. On évoque ici, précisément, la culture du Kif et non pas le commerce de stupéfiant, qui est réprimé par la loi. »

« Il faut qu’il y ait une amnistie pour permettre à la région d’avancer ».

Omar Balafrej (FGD) 

« Un pays n’est fort que par sa capacité à créer des ruptures. Et ce projet de loi, même s’il me laisse sur ma fin, ouvre des horizons qui mènent vers des ruptures pour ce pays. »

« On ne peut se développer comme nation qu’à travers des lois qui s’adaptent à la réalité. En l’occurrence, les lois actuelles concernant le kif ne sont pas adaptées à la réalité. Nous n’avons pas pu stopper la consommation du cannabis. »

« Je suis marocain et je me considère comme un rifi, même si je ne suis pas né au Rif. Le Rif fait partie de mon histoire et j’en suis fier. Dans ce projet de loi, la question de la réconciliation fait défaut. Il faut l’aborder. Une amnistie générale pour les petits cultivateurs, mais aussi pour les mouvements de protestation tel que nous l’avons soumis dans une proposition de loi. Il faut fermer une grande page et aller de l’avant ».

Aicha Lablak (PPS)

« C’est une initiative audacieuse qui survient après des années d’hésitation ».

« Pour garantir une forte adhésion à ce projet, ainsi que sa réussite, il faut nécessairement créer les bonnes conditions. Cela passe par la réconciliation culturelle et humaine avec la région. »

« Pourquoi pas une amnistie ? Trouvons une formule qui puisse instaurer une amnistie générale au profit des cultivateurs ».

Mohammed Hejira (PAM)

« C’est un changement historique dans l’approche »

« Au PAM, nous croyons qu’il est nécessaire d’ôter le caractère pénal concernant les cas de cultivateurs condamnés, poursuivis ou en fuite. Il faut sérieusement penser à leur accorder une amnistie ».

« Il faut prévoir une disposition actant l’équité et la réconciliation en ce qui concerne cette culture  [du kif] ».

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 30 avril 2021 à 11h31

à lire aussi

Le militant de base d'un parti, une richesse que l'argent n'achète pas
Elections 2026

Article : Le militant de base d'un parti, une richesse que l'argent n'achète pas

CHRONIQUE ÉLECTIONS. Dans les semaines qui viennent, les meetings afficheront complet et les caravanes sillonneront le pays. Mais la vraie profondeur d'un parti ne se mesure pas au spectacle de campagne : elle se lit dans un capital lent à bâtir et impossible à décréter, le militant de base. Celui qui colle les affiches un dimanche matin sans contrepartie et défend son parti même dans la tourmente. Voici une grille en six indices pour repérer cette culture militante, et comprendre pourquoi les partis les plus enracinés ne sont pas toujours ceux qui gagnent. Et vice versa.

Inondations : comment le Maroc veut éviter les prochaines catastrophes
NATION

Article : Inondations : comment le Maroc veut éviter les prochaines catastrophes

Cartographie de précision, alertes multicanales et résilience des infrastructures critiques : face à la multiplication des épisodes extrêmes, le dispositif national bascule de la seule réponse d’urgence vers l’anticipation et l’action précoce. Détails.

Route “Donald Trump” : l’axe à 9 MMDH qui transforme le Sud
Infrastructure

Article : Route “Donald Trump” : l’axe à 9 MMDH qui transforme le Sud

Avec plus de 1.000 kilomètres aménagés entre Tiznit et Dakhla, la nouvelle voie express transforme les conditions de transport vers les provinces du Sud. Gain de temps, amélioration de la sécurité, fluidification du fret et bénéfices socioéconomiques figurent parmi les principales retombées de cette infrastructure stratégique.

Attaque au couteau à Paris : trois femmes blessées, le suspect interpellé
Quoi de neuf

Article : Attaque au couteau à Paris : trois femmes blessées, le suspect interpellé

Une attaque au couteau survenue ce lundi vers 11h30 dans le XVIIᵉ arrondissement de Paris a fait trois blessées, dont deux en urgence absolue. Le suspect a été rapidement interpellé grâce à l'intervention d'un policier hors service.

Barrages : l’ANEF renforce son offensive contre l’érosion et l’envasement
Eau

Article : Barrages : l’ANEF renforce son offensive contre l’érosion et l’envasement

L’Agence nationale des eaux et forêts déploie une stratégie ambitieuse pour protéger les ressources en eau du Royaume. Présentée lors d’une visite de terrain, elle combine reboisement, restauration des bassins versants, lutte contre l’érosion et reconstitution des écosystèmes forestiers.

Le BMDAV lance un portail électronique pour les droits de la presse papier
Quoi de neuf

Article : Le BMDAV lance un portail électronique pour les droits de la presse papier

Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre opérationnelle du système de gestion des droits de reprographie.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité