Au Maroc, 45% des 85.000 détenus sont en détention préventive (DGAPR)
Le rapport annuel de la DGAPR a été publié ce lundi 10 mai. Il contient les récents chiffres sur la population carcérale au Maroc, ses activités éducatives et professionnelles au cours de l'année 2020. Détails.
La délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion a publié son rapport annuel dans lequel elle fournit des statistiques récentes, relatives à la population carcérale et à ses activités éducatives et professionnelles en 2020.
Selon les chiffres arrêtés au 31 décembre 2020, 84.990 personnes étaient ou ont été détenues, dont près de 2.000 femmes. Les hommes représentent donc plus de 97% du total. A noter la présence de 943 mineurs au sein de la population carcérale.
38.837 du total (soit 45,70%) sont en détention préventive, tandis que 54,30% ont fait l’objet d’une condamnation définitive.

De 2016 à 2020, la population carcérale a augmenté de 7,97% avec une moyenne annuelle de 1,55%.

95% des nouveaux détenus en 2020 ont été placés en détention préventive
A noter qu’une baisse du nombre des détenus a été remarquée entre 2019 et 2020. Elle est due, selon le rapport de la délégation, à la grâce royale accordée à un nombre élevé de détenus en 2020, ainsi qu’à la suspension des tribunaux durant la période de confinement avec, en parallèle, une baisse significative de la criminalité.
Ces mêmes raisons expliquent la chute du nombre de nouveaux détenus, puisque les établissements pénitentiaires marocains en ont accueilli 112.540 en 2019, contre 104.917 en 2020.

95,44% des nouveaux détenus en 2020 (soit plus de 100.000) ont été placés en détention préventive, tandis que 4,56% ont été jugés.
Autre majorité écrasante: le nombre d’hommes parmi les nouveaux détenus qui représente 96,11% (soit 100.835). Les femmes constituent 3,89% de la totalité et les mineurs 4,10%.

Année scolaire 2019-2020: Plus de 4.000 détenus inscrits
Au titre de l’année scolaire 2019-2020 plus de 4.000 détenus ont été inscrits dans les programmes éducatifs et 122 dans les programmes d’éducation non formelle.
Cela dit, conformément aux orientations gouvernementales quant à la lutte contre le coronavirus, les cours au sein des établissements pénitentiaires ont été suspendus et certains programmes ont été reportés à l’année scolaire suivante.
Il s’agit notamment de l’apprentissage de la langue arabe et darija au profit des détenus étrangers, ainsi que le programme visant l’apprentissage des langues vivantes (français, anglais et espagnol), qui profite notamment aux détenus étudiant dans le cadre de la convention de partenariat signée avec l’institut de coopération internationale de la confédération allemande pour l’éducation des adultes (DVV).
Par ailleurs, la DGAPR affirme qu'elle a veillé à mettre en place les conditions sanitaires convenables pour les détenus bacheliers, en collaboration avec le ministère de l’Education nationale.
Dans ce sens, le nombre de centres d’examen au sein des établissements pénitentiaires a été porté à 48 pour cette année scolaire au lieu de 15 mis en place l’année précédente (2018-2019).
La DGAPR note que 2020 a été marquée par “de nouvelles mesures pour renforcer l’accès des prisonniers analphabètes aux programmes de lutte contre l’analphabétisation”, puisque la prison de Tantan et celle de Kalaâ Sraghna font désormais partie des prisons qui comptent ce programme.
Ainsi, le nombre d’inscrits à ces programmes a atteint 7.767 pour l’année scolaire 2019-2020. La majorité d’entre eux (4.258) suivent le programme encadré par le ministère des Habous, tandis que près de 1.500 suivent un programme encadré par les prisonniers et que 1.043 font partie du programme mis en place en partenariat avec le DVV.
Les 985 autres détenus inscrits suivent, quant à eux, le programme encadré par l’Agence nationale de lutte contre l’analphabétisation.

Formations professionnelles et artisanales : Inscriptions en baisse
En matière de formations professionnelle et agricole, le nombre d’inscrits dans le cadre de l’année scolaire 2019-2020 a atteint 8.576, soit 13% de moins que l’année scolaire précédente.
Cette baisse s’explique, selon la DGAPR, par la situation sanitaire qui a causé le retard du démarrage du programme de formation pour le deuxième groupe. Celui-ci a habituellement lieu au mois de mars de chaque année.
Quant au nombre d’inscrits à la formation artistique et artisanale, la DGAPR compte plus de 700 bénéficiaires (contre 880 l’année scolaire précédente) dans le cadre de 13 professions artisanales au sein de 16 centres pédagogiques.
Plus de 613 détenus ont intégré les unités de fabrication de masques anti-Covid
La majorité d’entre eux (156 hommes) s’est dirigée vers la ferronnerie d’art, tandis que les femmes ont opté pour la couture (20) ou encore la fabrication de tapis (24).
Sur le plan professionnel, les unités de production et de formation artisanale et artistique, établies au sein des établissements pénitentiaires, ont intégré 817 détenus en 2020, contre 691 en 2019. Une hausse due à l'affluence vers les unités de fabrication des masques de protection (anti-Covid).

Ces unités sont celles de la menuiserie (qui ont accueilli 50 détenus), de la ferronnerie (qui ont intégré 30 détenus), l'imprimerie (20 détenus), de porcelaine et de poterie (8), mais aussi de couture moderne et traditionnelle (36), ainsi que fabrication des masques de protection qui ont accueilli plus de 600 détenus.

Selon la DGAPR, 23 détenus ont participé, en 2020, à des réunions avec des représentants de banques dans le cadre de la phase expérimentale du programme “la maison de l’entrepreneur” (Dar Al Mouqawil), qui permet à ses bénéficiaires d’acquérir les connaissances et capacités pour créer des projets et ainsi réaliser une intégration sociale et économique.
>> Lire aussi: Virus: Zoom sur la gestion de la pandémie dans les prisons marocaines
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