Hamid Bentahar : « Après la réouverture des liaisons aériennes, la rapidité de la reprise dépendra du nombre de vols proposés »

Pour le président du CRT de Marrakech, l’amélioration du contexte sanitaire national et la forte envie de voyager des marchés émetteurs étrangers du Maroc contribueront à une accélération de la reprise. Prudent, Hamid Bentahar précise cependant qu’il n’y aura pas de véritable relance durant la saison estivale, sans une reconstruction rapide du réseau aérien et un assouplissement des procédures d'accueil.

Hamid Bentahar : « Après la réouverture des liaisons aériennes, la rapidité de la reprise dépendra du nombre de vols proposés »

Le 10 juin 2021 à 19h23

Modifié 11 juin 2021 à 14h40

Pour le président du CRT de Marrakech, l’amélioration du contexte sanitaire national et la forte envie de voyager des marchés émetteurs étrangers du Maroc contribueront à une accélération de la reprise. Prudent, Hamid Bentahar précise cependant qu’il n’y aura pas de véritable relance durant la saison estivale, sans une reconstruction rapide du réseau aérien et un assouplissement des procédures d'accueil.

Confrontée à une crise découlant, en grande partie, de la fermeture du robinet des arrivées étrangères dont dépend étroitement le secteur touristique marocain, la profession qui attendait impatiemment la réouverture de certaines liaisons aériennes qui aura lieu le 15 juin pense avoir désormais plus de visibilité sur une prochaine sortie de crise.

« Enfin, de la lumière au bout du tunnel de 15 mois »

C’est notamment le cas de Hamid Bentahar, président du Conseil régional du tourisme de la locomotive nationale Marrakech-Essaouira-Safi pour qui la réouverture des lignes aériennes est un premier pas positif.

« Cette annonce qui va permettre de redémarrer quelques lignes aériennes va redonner un peu d’espoir aux nombreux acteurs touristiques qui souffrent, depuis très longtemps déjà, d’une crise qui n’a que trop duré.

« En effet, les hôteliers, les transporteurs touristiques, les guides, les restaurateurs, les agences d’événementiel, les artistes et tout l’écosystème vont pouvoir profiter de cette bonne nouvelle qui s’inscrit dans l’excellent travail sanitaire des autorités qui ont très bien géré la campagne de vaccination.

« Tout en maintenant le respect des mesures sanitaires, la priorité sera par conséquent d’accélérer le processus de reprise à travers plusieurs actions structurelles puis la levée ou l’assouplissement de certaines restrictions contraignantes.

« Reconstruire le plus vite possible le réseau aérien pour remettre le Maroc sur la carte »

« Dans l’ordre, il faut reconstruire les autoroutes aériennes, redémarrer le trafic (le nombre de fréquences quotidiennes ou hebdomadaires) et enfin piloter le nombre de sièges qui seront disponibles.

« Pour cela, nous devons quantifier le nombre de routes, de liaisons et de fauteuils qui seront mis en place.

« C’est ce qui nous permettra de savoir quand est-ce que nous pourrons retrouver 50 % du trafic aérien de l’année de référence 2019 », explique le président du CRT de Marrakech.

Une réunion importante de l’ONMT avec les compagnies aériennes

Sur le temps nécessaire pour se projeter et annoncer un agenda de reprise aérienne, Bentahar préfère attendre les annonces de ce jeudi 10 juin après une importante réunion entre l’ONMT et les compagnies aériennes.

« L’intérêt de cette rencontre sera de faire un point avec plusieurs compagnies aériennes qui seront présentes, aux côtés d’acteurs publics pour discuter de la reconstruction progressive d’un réseau aérien aussi vite que possible.

« S’aligner sur la durée de validité du test PCR dans les destinations concurrentes »

« Hormis la reconstruction des voies de transport aérien, il faudra aussi faire en sorte d’allonger la durée du test PCR exigé à nos frontières, en le faisant passer de 48 heures à 72 H sans quoi nous aurons beaucoup moins de touristes que nos destinations concurrentes.

« Entre les destinations qui exigent le test PCR et les autres qui ne le demandent pas, pas besoin d’être grand clerc pour savoir où ira le touriste étranger logiquement tenté par une destination souple qui demande un résultat négatif valable 3 jours plutôt que 2.

« Nécessité d’une harmonisation mondiale des procédures d’accueil »

« Pour éviter ce choix, il faudra passer par une harmonisation internationale qui permettra de créer un véritable choc et de ramener la confiance en facilitant la vie aux voyageurs », recommande Bentahar.

« Avec tous les acteurs prêts (clientèle, opérateurs, ONMT, partenaires étrangers…), le secteur devrait redémarrer assez vite mais il est nécessaire d’harmoniser nos règles d’accueil avec celles de nos marchés émetteurs qui ont des procédures d’accueil plus souples », précise le président pour qui les pays qui garderont des contraintes se disqualifieront automatiquement.

« Le volume de la demande dépendra du nombre d’avions qui desserviront le Maroc »

Questionné sur les flux de réservation depuis l’annonce de l’ouverture des frontières, celui qui est également hôtelier révèle que de nombreux étrangers ont d’ores et déjà manifesté leur désir de venir au Maroc.

« La demande est bien présente mais le choix de la clientèle se portera d’abord sur les destinations qui disposeront d’un réseau aérien suffisamment développé en termes de liaisons et de fréquences pour les emmener et les ramener chez eux.

« L’amélioration de la saison estivale par rapport à celle de 2020 sera forcément liée au nombre de sièges proposés et si on se donne les moyens d’avoir 80 % de sièges en plus que l’été dernier, tout ira pour le mieux.

« Sachant que pour l’instant, il n’y a que la RAM et quelques compagnies qui ont affiché leur programme de vols, il faudra clarifier la communication pour les clients de nos marchés émetteurs », déclare le PDG du groupe Accor Gestion Maroc qui dirige les marques Fairmont, Sofitel, Pullman, Moveinpick, Novotel Mgallery, Mercure et enfin Ibis présentes dans le Royaume.

« Diaspora et touristes étrangers de loisir seront les premiers marchés à revenir »

Sur les premiers marchés à revenir au Maroc, Bentahar avance que les MRE et le tourisme de loisir seront très demandeurs mais que le segment d’affaires désormais plus habitué aux conférences zoom ou aux participations virtuelles voyagera moins.

« Le premier marché à arriver sera celui de la diaspora désireuse de revoir sa famille, suivie par le segment des loisirs avec davantage de touristes qui pourront voyager grâce aux économies accumulées pendant la crise sanitaire.

« A contrario, le segment affaires, impacté par les restrictions budgétaires relatives à la crise mondiale privilégiera certainement les déplacements plus importants ou sous forme hybride avec une participation mi-physique mi-virtuelle », prédit notre hôtelier qui reste quand même optimiste.

« La saison estivale 2021 s’annonce un peu mieux que celle de 2020 »

A la question de savoir s’il ne faudra pas attendre décembre pour engranger les premiers résultats positifs, notre interlocuteur pense que le Maroc a déjà commencé à gagner la bataille contre la peur.

« Si nous continuons dans cette voie, nous avons des chances de faire un peu mieux que l’année dernière même si une partie des MRE ne pourront pas venir d’Espagne par la voie maritime et préféreront peut-être d’autres destinations, sachant qu’il y a plus de pays ouverts que l’année dernière.

« Ceci-dit, Je pense que l’on va commencer très rapidement à revoir dès le 15 juin prochain des touristes étrangers dans nos rues à partir du moment où les premiers avions commenceront à atterrir au Maroc », prédit notre interlocuteur qui se félicité des décisions prises par le comité scientifique qui a changé la donne.

« Dernière priorité, convaincre l’Europe de placer le Maroc dans la zone verte »

« En dernier lieu, notre diplomatie devra faire des efforts pour que le Maroc qui connaît une grande amélioration de sa situation sanitaire ne soit plus classé en zone grise ou orange, comme c’est le cas en Angleterre et en France où il y a une obligation de quarantaine pour les touristes anglais de retour chez eux.

« En effet, il est évident qu’un Anglais qui devra passer sept jours confinés à son retour du Maroc préférera se rendre dans une autre destination moins contraignante.

« Il conviendra donc de sensibiliser nos partenaires sur les efforts du Maroc qui maîtrise sa situation épidémiologique et qui a des chiffres de contamination largement inférieurs aux pays européens », conclut Bentahar qui se veut plus optimiste que jamais sur le début de reprise des marchés étrangers.

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