Des pédiatres constatent une recrudescence des pathologies hivernales chez les enfants

Cette hausse des pathologies habituellement observées en hiver s’explique principalement par le relâchement drastique des gestes barrières et le brassage des enfants dans les établissements scolaires, dont beaucoup ont désormais repris un rythme entièrement en présentiel. Le Dr Moulay Afif parle quant à lui de « dette immunologique ».

Des pédiatres constatent une recrudescence des pathologies hivernales chez les enfants

Le 23 juin 2021 à 18h08

Modifié 23 juin 2021 à 18h34

Cette hausse des pathologies habituellement observées en hiver s’explique principalement par le relâchement drastique des gestes barrières et le brassage des enfants dans les établissements scolaires, dont beaucoup ont désormais repris un rythme entièrement en présentiel. Le Dr Moulay Afif parle quant à lui de « dette immunologique ».

Une première dans les consultations pédiatriques : les pathologies hivernales sont actuellement très observées chez les enfants, alors que l’hiver est loin derrière nous et que l’été vient tout juste de démarrer.

C’est ce que constatent « quotidiennement » plusieurs pédiatres contactés par Médias24, à commencer par Rachida Chami : « J’observe beaucoup de maladies hivernales chez les enfants en ce moment, notamment des bronchiolites virales, pneumonies, angines et otites. On a des consultations pleines d’enfants qui toussent beaucoup et sont enrhumés. C’est étonnant : en juin, les cabinets commencent à se vider car la saison estivale ne se prête pas à la circulation des virus, contrairement aux températures basses de la saison hivernale. C’est le froid qui favorise ces virus, et non pas la chaleur. »

« Depuis un mois, un mois et demi, les pédiatres, aussi bien du public que du privé, constatent une petite épidémie de bronchiolite alors que la saison ne s’y prête pas du tout. C’est plutôt entre décembre et février que cette pathologie est observée », confirme le Dr Amina Oumlil. «Le changement de saison, la chaleur qui a marqué l’hiver et les périodes froides et pluvieuses recensées durant le printemps, ont aussi favorisé le développement de certains virus », ajoute-t-elle.

« Le climat actuel n’est pas tout à fait caractéristique de la saison hivernale : des températures fraîches le matin ; parfois de la pluie… Tout cela participe à la prolifération des virus », abonde le Dr Badia Benhammou.

Relâchement des gestes barrières et brassages entre enfants

Les températures saisonnières ne sont pourtant pas le seul facteur de cette « recrudescence des pathologies respiratoires », relève le Dr Said Moulay Afif, président de l’Association casablancaise des pédiatres privés (ACPP).

Le relâchement, pour ne pas dire l’abandon, des gestes barrières, notamment du port du masque, de la distanciation sociale « et du lavage des mains », constate Rachida Chami, ainsi que le brassage des tout-petits dans les crèches et des enfants dans les écoles, dont beaucoup accueillent désormais les élèves toute la journée, expliquent également cette hausse des pathologies hivernales chez les plus jeunes. Et pas que chez eux : « Chez les adultes, le constat est le même – ce qui, au passage, complique le diagnostic du Covid-19 », soulève le Dr Said Afif.

Le président de l’ACPP parle de « dette immunologique » : les pathologies hivernales qui n’ont pas été recensées durant cette saison, grâce à l’application, alors plus rigoureuse, des gestes barrières, et de l’enseignement hybride qui permettait d’éviter un brassage trop important des enfants, le sont désormais actuellement.

« Tout ce qu’on n’a pas vu en hiver, on est en train de le voir. La dette immunologique signifie que les virus qui ne se sont pas développés en hiver font aujourd’hui leur apparition. Ce n’est pas parce que la saison hivernale est passée que ses pathologies ne peuvent plus se manifester. Le fait de contracter ces virus actuellement permet de renforcer le système immunitaire », explique le Dr Said Afif.

« Le port du masque et la distanciation ont effectivement empêché les virus hivernaux de circuler… mais ils circulent désormais. C’est comme si la survenue des pathologies hivernales avait été décalée de six mois », appuie Rachida Chami. « Et à partir du moment où les virus commencent à circuler, si l’enfant ne l’a pas déjà contracté, il l’aura à un moment ou à un autre. »

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