La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima se positionne sur les filières de l’avocat et des fruits rouges

La région ambitionne de développer les secteurs de l'agriculture et l'agroalimentaire. Avocats, fruits rouges, olives, chanvre, valorisation des déchets agricoles,... les opportunités ne manquent pas.

La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima se positionne sur les filières de l’avocat et des fruits rouges

Le 23 juin 2021 à 16h48

Modifié 12 août 2021 à 9h49

La région ambitionne de développer les secteurs de l'agriculture et l'agroalimentaire. Avocats, fruits rouges, olives, chanvre, valorisation des déchets agricoles,... les opportunités ne manquent pas.

La rencontre de Tanger des régionales de l’investissement, évènement organisé par la Banque Populaire, a été l’occasion de revenir sur les réalisations et les opportunités qui se présentent dans les secteurs de l’agriculture et l’agroalimentaire dans la région.

Rachid Laghrieb, directeur de l’ingénierie des projets à l’agence de développement agricole, a présenté les principales caractéristiques agricoles de la région, les réalisations du plan Maroc Vert, ainsi que les projections du nouveau programme Génération Green.

Ainsi, l’agriculture dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima contribue à hauteur de 9,6% du PIB agricole national. Elle repose sur une surface agricole utilisée (SAU) de 710.760 ha, ce qui est équivalent à 8,40% du total national, quant  à la SAU irriguée, elle est de 64.860 ha. Les principales cultures sont les céréales dont les récoltes avoisinent les 4,5 millions de quintaux sur 50% de la SAU et l’arboriculture fruitière sur 40% de la SAU. Il s’agit pour cette dernière principalement de la culture de l’olive (70%) qui représente 26% de la production nationale.

La région dispose d’une capacité de 360 millions de m³ par an d’eaux de surface et d’un potentiel estimé à 460 millions de m³ pour les eaux de la nappe phréatique. Par ailleurs, la région reçoit des précipitations annuelles moyennes entre 400 mm à 900 mm, selon les zones.

Après le lancement du plan Maroc vert en 2008, un important programme de développement des infrastructures agricoles a été mené. Un investissement de 3,6 milliards de dirhams a permis l’extension de l’irrigation sur une superficie de 25.500 ha au niveau de 5 provinces. La reconversion de l’irrigation localisée a été menée sur 23.000 ha, permettant une économie en eau de 30%. Quant au programme de l’agriculture solidaire, il a mobilisé pour sa part 2,4 milliards de dirhams et a abouti à la plantation de 94.000 ha (20% du total national).

Ces différents programmes ont permis l’amélioration du positionnement de la région, principalement sur les filières de l’avocatier et des fruits rouges. Ainsi, les plantations d’avocatiers sont passées de 710 ha à 3.300 ha, quant à celles des fruits rouges, elles sont passées de 1.900 ha à 3.000 ha.

Le nouveau programme Génération Green projette de poursuivre ces réformes, notamment à travers l’extension du périmètre irrigué sur une superficie de 16.000 ha. Il prévoit également de développer la superficie de maraîchage de 38%, en ciblant entre autres les avocatiers et les myrtilliers.

Mais les efforts vont se concentrer cette fois-ci plus sur le développement des filières de production, en donnant la priorité à l’aval. L’objectif est de porter la valorisation de la production qui est maintenant de 59% à 77%. Le programme prévoit également de construire un agropole au niveau du Loukkos, sur une superficie de 150 ha, afin d’attirer les investissements dans les industries agroalimentaires. D’autre part et comme pour les autres régions, un nouveau marché de gros est prévu.

La promotion de l’économie verte est aussi l’une des priorités du programme, avec l’encouragement de la valorisation des déchets agricoles et du pompage solaire. Afin d’étoffer cet écosystème, il y a un objectif de créer 872 sociétés de services autour de l’agriculture et de l’agroalimentaire, drainant un investissement de 380 MDH.

Nabil Mouline, Directeur général de l’AMEE, attire l’attention quant à lui, sur les opportunités qu’offre le chanvre pour la région. Il explique qu’ « il peut être utilisé dans l’isolation, l’efficacité énergétique dans le bâtiment et l’industrie automobile, le textile ». « C’est une énorme opportunité », poursuit-il.

Hicham Boudraa, le directeur général par intérim de l’AMDIE, a par ailleurs insisté sur le fait que le Maroc ambitionne de devenir un Hub de transformation pour l’industrie agroalimentaire. Toutefois il regrette qu’il y ait toujours la tentation de se contenter du produit brut. « Pour le jus d’orange, on importe le concentré d’Egypte, alors que nous cultivons l’orange à grande échelle au Maroc» déplore-t-il. En effet, le prix de l’orange marocaine n’est pas assez compétitif puisqu’il explique qu’ « il faut 4 à 5 kg d’oranges à 1 DH pour pouvoir produire le concentré de jus d’orange au Maroc. Le commerçant préfère vendre le fruit à 5 DH le kilo sans se casser la tête ».

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